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 Les entrailles de mon expression.

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AuteurMessage
Hyneige



Messages : 5
Date d'inscription : 18/01/2015

MessageSujet: Les entrailles de mon expression.   Dim 25 Jan - 20:12

Les entrailles de mon expression.


1. Du hasard et du chaos.

Papillons butinant ici et là,
Nous allons où nos ailes nous emportent.
Parfois devant nous une porte s'ouvre
Et nous y glissons l'ombre de nos pas.


Dans notre cerveau, une petite pièce,
Un réduit pour notre imagination,
Un petit atelier de création,
Si loin de notre habituelle paresse.


Partout y traîne tout un bric-à-brac.
Une infinité de  rangées ondulent
Où nous nous avançons en funambules.
Et sous nos pieds montent tous ces cric-crac.


Ce sont tous ces vieux souvenirs intimes,
Ces pensées oubliées presque séchées,
Que nous venons d'un peu effaroucher
En faisant craquer les os de leurs rimes.




2. Être ou ne pas être.

Nous prenons place à un petit bureau
Qu'éclaire à peine une luciole muse.
Dans ma tête se gonfle la méduse
D'un millier de filaments cérébraux.


Devant moi reluit un miroir fenêtre
Ouvrant mon moi sur une sombre nuit
Où mon image m'écoute sans bruit.
Savons-nous ce qu'est être ou ne pas être?


Mais je regarde partout, tout autour,
Tous ces petits morceaux de mémoire,
Tous ces petits éclats de mon histoire,
Qui montent en colimaçon dans ma tour.


Je m'habille d'un lambeau de la lumière,
M'enroule dans la courtepointe tissée
De tant de carreaux tout effilochés
Dans les fenêtre givrées de poussière.



3. Le fil des âges.

Tenant dans mes mains les aiguilles du temps
Une maille à l'envers, une maille défaite,
Je m'essais à tricoter en poète
Les fragiles traces de mes antan.


Pour exprimer en dits et en images
Les thèmes qui évoquent mes désirs.
Les bien aligner pour les mieux saisir.
En compter toutes les lignes des âges.


Je dois compter et démêler les brins.
Faire vibrer chacune de ces fibres
Y rythmer mes saisons en équilibre
Perçu sur la colonne de mes reins.


Tendre le fil jusqu'à son G sensible,
En ressentir toutes les évocations.
Sonder Ariane de mes pulsations
Au labyrinthe des vécus possibles.



4. Le bien et le mal.

Inclure tous les fils, même les méchants,
Chanvres grossiers des corruptions malsaines,
Barbelés de malveillance et de haine,
Soies souples et perverses des penchants.


Y tracer en ornements les symboles.
Placer la bordure des étonnements.
Enverger les fils du comportement.
Broder la texture d'une auréole.


En pointillés de fils d'or et d'argent,
Y cacher en filigrane notre âme.
Inclure dans le tissu cet amalgame
D'ailes d'anges et de ciel s'enneigeant.


Comme un paradis perdu qui transperce
La toile tendue en blancheur de chair
Comme sur la mer de la lune le clair.
L'émotion sur ce canevas se disperse.



5.  La toile pénétrée.

Puis nous ouvrons d'un geste le ballet
Qui spirale le lin du chevalet
D'une zébrure du fusain qui déchire
L'hymen de la toile dans son délire.


Les soies huilées l'entachent des couleurs
Qui y réveillent toute nos douleurs.
Des chevaux bleus courent dans les blés roses
Trois baigneuses en vulve-mer s'exposent.


Kadinsky navigue l'océan noir
Y chasse les cauchemars de nos rêves,
Déjà distrait par le rouge des lèvres
Des sirènes pulpeuses de Renoir.


La vierge de Marx Ernst lève la main
Donne à l'enfant Jésus une fessée.
Flaming June en transparence d'orangé.
Munch répercute son cri sans fin.



6. Le goût de l'écrit.

Des bulles de souvenirs qui remontent
De ces marais que libère les fontes.
Le souffle pousse les mots du vécu,
Notre vie se feuillette déjà lue.


Nous rangeons les images en volumes
Et en faisons des oreillers de plumes,
Y dormons les rêves pour communier
Et tout plein de cauchemars à oublier.


La peau déroulée d'un nu pour écrire
De la luisance d'un sperme nacré
Toute l'ivresse des jeunes mariés.
Avec le goût des mots pour la décrire


Glissant frémissante le long du dos.
Il y a à secouer des temps et des siècles
Qui nous ont momifiés sous tant de règles
Pour briser, pulvériser tous nos os.



7. Du culte et de la piété.

J'écoute le temps, j'entends son délire,
Quand nous nous berçons de tant d'illusions
Sous la clarté des pieuses dévotions.
Autant de lanternes à nous redire


Tant de balivernes, d'incantations,
Pour tisser la toile du grand mensonge.
La bête blotti au cerveau qui ronge
Jusqu'aux os les feux de nos sensations.


Quand notre corps pourrit et se démembre,
Que pourrions-nous donc exprimer de plus?
Quand vous n'êtes plus qu'une ombre à genoux,
Une fleur sur la neige de décembre?


Un écho à ne plus jamais finir
D'un cri en soi qui ne veut pas sortir
Dans la nuit, des nuages qui s'enrobent
Aux étoiles là-haut qui les absorbent.
.


8. Des clics et des pixels.

Notre expression en images photos
Quand nous parcourons la forêt du beau.
Nous y cueillons les embellies célestes
Y humant des grandes herbes le zeste.


Quand nous recourbons du ciel l'horizon,
Nous étirons des scènes les saisons.
Magnifiant des détails l'architecture,
Nous encadrons ces pixels de nature.


Jardiniers de ces fleurs à refleurir,
Icare de ce grand ciel à bleuir,
Matelots des mers et de leur mouvance,
Témoin du vivant et de son errance.


Cueillant la larme d'un enfant en pleurs,
Les pétales lunes d'un sexe fleur,
Une émotion douce et à fleur de peau
Dont notre clic tombe juste à propos.



9.  De moi à l'autre.

La mort partout pourrit la vie qui chante,
Abandonnant aux vautours les corps nus.
Mais tant qu'il reste un seul fil ténu
Nous dirons ce monde qui nous enchante.


Expression pour l'autre et son savoir faire
En admiration et en commentaires.
Critique positive de ses œuvres,
Des balbutiements au plus grands chefs d'œuvre.


Nous en communiquons le ressenti,
Nous en imprégnons avec empathie,
Nous recomposons ces fils en nos schèmes
Pour recréer nos propres diadèmes.


Donner la main pour un encouragement.
Soutenir l'élan pour ouvrir des ailes.
Ouvrir sous l'orage son ombrelle.
Colorer un peu le désenchantement.


Se vêtir parfois de la peau de l'autre
Pour se sentir écraser sous le poids
De ce vécu qui est aussi sa croix.
Et de cette noirceur où il se vautre.



10. De folie en déraison.

Nous ouvrons l'expression à nos folies,
Nous immergeant dans cet espace immonde
Où évolue l'absurdité du monde
Qui à toutes ses convulsions  nous lie.


Mais nous osons lever la tête de cette boue,
Et nus, les bras attachés par vos lierres,
Les yeux et le cœur percés de vos serres,
Nous témoignons malgré tous les tabous.


Quand nous louvoyons les vicissitudes,
Naviguant sur une mer d'inepties,
Traçant d'un triangle le ralenti
De ce théâtre de l'incertitude,


Nous avons cru que nous nous envolions,
Nos ailes brisées, nous agonisons
Sur le rivage de la déchéance,
Le cœur perdu n'est plus qu'une béance.



11. Les masques du réel.

Notre vérité n'est plus qu'un écho,
Nous avons tant de masques sur nos faces
Que le naturel se dilue, s'efface
Pour les serpents de mort de Le Greco.


Le Sauveur donné qui joint son cadavre
À la Trinité dans la paix du havre.
La douceur des vierges la nuit qui prient
De Paul Delvaux comme une pâtisserie.


Le sucré et le salé s'entremêlent
Le bon s'accouple à la méchanceté
Dans ce monde vil et désenchanté
D'où ne s'envolent plus les hirondelles.


L'humanisme était déjà mort-né
Quand il naquit jadis avant son terme.
Le vil argent en répandant son sperme
L'avait d'ores et déjà empoisonné.



12. Les proies de Dieu.

C'est le grand spectacle des marionnettes
Où les prédateurs dévorent leurs proies,
Petites victimes clouées à leur croix,
Frottement de petites allumettes.


Le néant qui s'exprime en déraison
Se nourrit aux champs de l'insignifiance
Où on arme les enfants sans méfiance
Des armes de toutes les destructions.


Et leurs cadavres étoilés de rouge
S'empilent sur le chemin du non-sens
Où la douleur se lit à contresens
De ces oriflammes que le vent bouge.


De son parti pris, nous sommes peu fières
De ce Dieu qui rendit fou le frère.
Par la grande vague à Kanagawa
Nous purifier de Caïn qui tua.



13.  L'Arbre de Vie.

Pour retrouver le paradis mythique
Où trône cet Arbre de Vie de Klimt
À l'odeur ancienne de peppermint
De la vieille imagerie allégorique.


Les montres molles se collent au temps
Dont elle ne déroulent plus les secondes.
Une mère serre sur elle et caresse
Son enfant en une infinie tendresse.


Dans le miroitement du sous-bois de l'été
La nudité en une intimité
Avec la pénombre qui la pénètre
D'une volupté orgasmique à y naître.


Revêtue d'un grand voile de blancheur,
La mariée de Chagall en verge orange
Où glisse la semence sur sa frange
En un vif sortilège précurseur.



14. Le chant de la Mort.

La vie, la mort enlaçant leur présence.
Champ de blé et corbeaux le survolant
Obscures augures qui vont hurlant
Et nous affligent de leur arrogance.


Entendez-vous des armes, le fracas?
Guernica annonçait  Srebrenica.
Cette démence n'est que la mémoire
Folle des dieux au miroir de l'Histoire.


Des manifestants parcourent les rues
Tracées de leur sang et de leur cervelle.
Un dictateur fou dans sa citadelle
Comme sur le doigt de Dieu une verrue.


Papillons butinant ici et là,
Nous allons où nos ailes nous emportent.
Parfois devant nous une porte s'ouvre
Et nous y glissons l'ombre de nos pas.
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