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 Les Chroniques de Firemagma

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Firemagma
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MessageSujet: Les Chroniques de Firemagma   Lun 19 Jan - 15:53

Les
Chroniques
De
Firemagma

                   
"Ma mort me donna la vie..."
                                                                                                                 Firemagma






Prologue:





         En 2124, la surface de la Terre a radicalement changée. Suite à une troisième guerre mondiale en 2066, qui dura plusieurs décennies, et par l'usage intensif des armes nucléaires, plusieurs continents se retrouvèrent engloutis par les océans. Par l'un des plus grands mystères, les continents "survivants" se regroupèrent pour ainsi former un nouveau et unique super continent...
Cette nouvelle Pangée était divisée en quatre parties, Kazan, Mizu, Shina et Tatsu. Chaque division possède sa propre juridiction, son gouvernement, dirigeants. Malgré l'arrêt de tous les conflits, une présence militaire était conservée dans chacune de ces régions... Une armée qui pourrait rapidement reprendre l'arme à la main, à l'aube de l'une des plus grandes et sanglantes bataille de l'histoire dont la planète bleue allait être témoin, mais aussi... De la naissance de l'un des pires fléaux qu'elle n'ait jamais portée...

Quelques temps, après le début de la fin...
Tout était noir, sombre, obscur... Comme si l'enfer s'était déversé à la surface de la Terre. Des coups de tonnerre résonnaient avec une violence incroyable, certains étaient si proches qu'ils éclairaient la zone l'espace d'une ou deux secondes. Deux ombres apparaissaient face à face, immobiles, au milieu de plusieurs dizaines d'arbres aux troncs énormes et à la taille gigantesque, laissant entrevoir non loin d'eux une cabane en bois...
Alors que tout était redevenu noir, ne laissant aucune chance à une quelconque lumière de survivre, l'une des deux personnes prit la parole, laissant entendre une voix d'homme, ni grave ni aiguë, mais remplie de colère et de haine...

« Vous m'avez trahis ! Jamais je ne pourrais vous le pardonner ! Encore moins à toi ! » Hurla-t-il.

Une seconde voix se fît entendre à son tour, une masculine également, à la fois douce et dure, totalement dépourvue d'émotions, laissant imaginer une personne indifférente à tout ce qui pouvait l'entourer.

« Nous ne pouvions plus avoir confiance en toi, tu devenais beaucoup trop puissant, tu commençais même à vouloir te la jouer solo. Tu n'obéissais plus aux ordres... » Répondit cet homme, paisiblement.

La première voix devint soudainement calme, comme si il venait de réaliser quelque chose de capital.

« Trop... Puissant... »

Après avoir répété la phrase plusieurs fois, l'homme éclata de rire, alors que l'orage grondait plus fort. Les éclairs pourfendaient le ciel de part en part par dizaine, laissant à nouveau apparaître la scène l'espace de quelques secondes, où l'on pouvait voir l'homme de droite, celui qui riait, courbé en arrière par la force de son rire, avant de retomber dans le plus grand des silences et l'obscurité.

« Voilà donc le fin mot de l'histoire... Vous me craignez ! Riait la première des voix.
- Il n'y a aucune crainte dans ce retournement, tu devenais trop puissant, mais tu ne l'es pas encore assez... Car je vais en finir avec toi, ici et maintenant ! » Menaça la seconde.

Alors que la voix de la seconde personne résonnait encore au milieu des centaines d'arbres qui l'entouraient, un bruit de grincement se fît entendre, caractéristique d'une épée glissant hors de son fourreau, grincement qui dura quelques secondes avant de s'arrêter. Un sifflement. La lame venant d'être défouraillée, et fendit l'air d'un coup sec. La première voix, sans changer de ton, venait également de prendre de l'assurance, résonnant avec un sentiment de joie, un sentiment jouissif.

« Me vaincre ? Moi ? Tu te surestimes... Partenaire ! »

A nouveau, un grincement de lame au contact de son fourreau. Plus long. Laissant imaginer une lame plus grande que la première... Avant que cette dernière ne fouette l'air autour d'elle à son tour.

« Vous n'auriez jamais dû me trahir... Jamais je ne me serais retourné contre vous, et mes pouvoirs vous auraient appartenus... Maintenant, je vais te vaincre, puis ce sera au tour des autres, et enfin... Ce sera, LUI » Annonça-t-il sûr de lui.

Il y eut un long silence, avant que la seconde voix ne se fasse entendre à son tour, riant presque dans ses paroles.

« Lui ? Tu prétends que je me surestime, alors que toi, tu te prétends capable de le vaincre ? Tu n'es pas de taille contre nous ! Pour qui tu te prends, partenaire ?! Proclama le second homme, perdant visiblement patience.
- Pour qui... Je me prends ? »

L'orage gronda de nouveau de toute sa violence, illuminant le ciel comme si il faisait jour avant de retomber dans la plus profonde des pénombres... Puis un éclair tomba du ciel, zigzaguant avec la plus impressionnante des vitesses du ciel jusqu'au sol, s'écrasant pile entre les deux futurs adversaires, laissant entrevoir le visage de l'homme de droite... Un homme blond, avec des yeux aux iris rouge sang, ce dernier liquide coulait le long de son visage arrivant du haut de son crâne, tombant juste à côté de sa bouche, bouche qui laissait apparaître un large sourire... Avant que l'obscurité ne reprenne le dessus.

« Je me prends pour celui qui vous fait trembler ! Je me prends pour celui qui vous vaincra alors que même eux n'y parviennent pas ! Je ne suis pas avec eux, et plus avec vous... Je suis l'instrument de votre défaite, de ma vengeance ! Je me prends à présent pour votre pire cauchemar ! Je suis... ! »

Des bruits de pas rapides se firent soudainement entendre, des deux côtés Au milieu de cette épaisse pénombre, les deux guerriers se chargeaient à présent pour s'affronter dans le plus redoutable de tous les affrontements... Et juste avant qu'un bruit assourdissant ne se fasse entendre, avant que la plus effroyable des explosions ne retentisse et n'embrase les ténèbres entre ces deux combattants, une voix résonna une dernière fois :

« Je suis Firemagma, le démon rebelle! »


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Firemagma
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Dim 25 Jan - 16:12

1) Une vie hantée par le passé et le présent :
a. Un garçon solitaire :

         L'histoire que vous vous apprêtez à découvrir n'est pas une histoire comme les autres... Si vous pensez y découvrir un super-héros qui voue sa vie au bien vous faites erreur... Je n'ai rien de ça, je suis même à l'opposé de cette appellation. Nous allons commencer le conte de ma triste vie peu de temps avant ma naissance, avant que ma vie... Ne change radicalement... Avant que le monde ne s'embrase à nouveau, tombant dans une nouvelle ère de terreur...

    Les rues étaient relativement calmes à cette heure-ci, il n'était que tôt le matin, pourtant un bruit perturbait légèrement ce silence. Sur un trottoir vide de passant, un jeune homme progressait vers sa destination au moyen de son skateboard qui flottait de quelques centimètres au-dessus du sol, le bruit provenait du grésillement de ses petits propulseurs. Le blondinet  était habillé léger, en effet par une journée de printemps comme celle-ci, un simple T-shirt à manche courte et un jean lui suffisait amplement. Suivant de ses deux yeux vert émeraude la route, il tourna brusquement à gauche avant de retourner à droite quelques mètres plus loin, et finit par s'arrêter en mettant son skateboard en travers de sa route et pied à terre. Il était arrivé à sa destination.
Devant lui se tenait un grand bâtiment blanc orné de plusieurs dizaines de fenêtres, où à sa porte étaient réunis des centaines de jeunes, garçons ou filles, qui y entraient progressivement... Il était à son lycée. Il frappa le bord de sa planche avec une de ses chaussures noires, la propulsant jusqu'à sa hauteur, où après l'avoir repliée une fois sur elle-même, il la prit sous son bras. Tenant son sac de cours de l'autre main, il se dirigea vers l'entrée du bâtiment, sans le moindre enthousiasme. Se mêlant timidement à la foule, il parcourut rapidement le hall d'entrée et un couloir dans toute sa longueur pour finalement s'appuyer contre un mur, non loin d'une salle de classe, attendant le début du cours. A l'autre bout de ce fameux couloir, trois garçons bien distincts s'approchaient également de cette même salle tout en restant groupés. A l'avant, se trouvait un grand grassouillet au teint mat, sans cheveux. Tout le long du couloir, il déambula comme s'il s'agissait de son propre territoire, et n'hésitait pas à pousser quiconque se trouvait sur son chemin. A quelques mètres de son but, il s'arrêta, stoppant ses deux acolytes d'un geste de la main à la simple vue du garçon aux yeux émeraude. Tournant ses propres yeux marron et malveillants vers ses deux subordonnés, il leur fit rapidement et silencieusement part de ses attentions.
Ne se doutant encore de rien, la victime attendait patiemment, mains dans les poches tout en regardant dans le vide, lorsqu'une voix l'apostropha.

« Alors minable, ça faisait quelques jours qu'on ne t’avait plus vu! »

Le jeune homme ne tourna que son regard vers eux. Il reflétait sa colère ainsi qu'un certain agacement. Celui qui venait de lui parler était l'un des deux sbires du gros chauve, il avait une tête de premier de la classe avec ses longs cheveux, ses lunettes et son visage constellé de boutons d'acné.

« Ouais, c'est ta tronche de pizza qui m'a rendu malade. » Lui répondit-il.

Le chef de bande arriva à son tour, tout fier, bras croisés, sachant pertinemment qu'il avait le dessus, chose qui se matérialisait par son sourire narquois.

« Alors Julien? Ces quelques jours d'absences t'ont donné confiance apparemment. Il va falloir te remettre à ta place de nouveau.
- Toi par contre, pendant ce temps tu n’as pas changé, tes toujours accompagné de t'es deux chimpanzés. »

Le chef de bande attrapa aussitôt Julien par le col blanc de son T-shirt noir ornés de flammes aux manches et à la base. Il avait été tiré jusqu'à son agresseur, ne baissant à aucun moment les yeux, poings serrés, yeux froncés; même à trois contre un il était prêt à se battre, peu importait les répercutions. Tandis que la tension était à son comble, le second sbire du chauve lui tapota dans le dos pour le prévenir que leur professeur arrivait.

« On se retrouvera, et on t'apprendra le respect petit con. Menaça le grassouillet.
- C'est ça, compte là-dessus gros lard. » Répliqua sèchement Julien.

Ce dernier se libéra de l'emprise de son agresseur d'un mouvement de bras, et se dirigea vers l'entrée de la classe sous les regards menaçants du trio. Julien entra dans la salle quelques minutes après, et s'installa au dernier rang, à la table la plus proche de la fenêtre. Cette position pouvait paraître anodine pour beaucoup, mais pour Julien elle avait une signification importante, en effet, il se situait ainsi le plus loin possible du professeur. Il pouvait ainsi rêvasser en regardant le ciel au travers de cette vitre qui était si fragile. Mais le retenait tout de même prisonnier dans une salle jour après jour... Personne ne venait jamais à côté de lui, ce qui l'arrangeait grandement, il était bien plus tranquille ainsi. Le reste de la journée fût loin d'être excitant pour le jeune homme, il enchaîna cours après cours, sans que personne ne vienne lui parler. De temps en temps les professeurs lui demandaient de répondre à une question mais il demeurait muet. Par moment il jetait un œil au tableau numérique du professeur, regardant un peu le cours défiler en s'y intéressant quelques minutes, mais son intérêt ne résistait jamais bien longtemps.
La fin de la journée était à présent arrivée, il ne lui restait plus qu'à rentrer chez lui, du moins la maison qui l'accueillait... Une fois de nouveau libre, il déplia son skateboard et entreprit son voyage de retour. Il ne lui fallut qu'une bonne quinzaine de minutes pour revenir à son point de départ du matin. Il rentra sans la moindre joie dans cette modeste maison, où il fut accueilli par une femme, qui lui sourit légèrement.

« Tu as passé une bonne journée? Demanda-t-elle d'une douce voix.
- Qu'est-ce que ça peut te faire, t'es pas ma mère. » Répondit-il d'une voix dure et empli de haine.

En effet, elle n'était qu'une mère adoptive, et elle décida donc de ne pas insister auprès de celui qu'elle avait autrefois recueilli, étant donné que le même scénario se reproduisait quasiment tous les soirs. Les parents de Julien étaient morts dans un accident dont il fut le seul survivant miraculé alors qu'il était assez jeune. Après son adoption le jeune garçon était gai et de bonne compagnie, mais plus les années passaient, plus il devenait renfermé sur lui-même, agressif et coléreux, n'acceptant à aucun moment qu'une personne ne remplace ceux qu'il avait perdus. La femme, bien trop gentille, avait fini par baisser les bras au fur et à mesure.
Julien se dirigea directement dans sa chambre et n'en bougea pas de la soirée. Refusant de manger, il resta plongé dans un noir quasi total, assis à la chaise de son bureau avec pour seule lumière celle d'une petite lampe. Il déplia lentement un bandage blanc qui entourait tout son avant-bras gauche, similaire à celui de droite, découvrant petit à petit de multiples plaies sur le dessus, sûrement provoquées par lui-même. Attrapant son compas de cours, il posa la pointe à côté d'une mutilation déjà faite, et traça un nouveau segment qui saigna légèrement.

« Une nouvelle journée passée sans vous... »

D'une faible voix et triste, ce furent les derniers mots prononcés par Julien pour cette journée. Doucement le jeune homme mit sa main droite dans le col de son haut, et en sortit une fine chaîne dorée, la faisant passer par sa tête. Son regard se plongea dans ce petit médaillon qui ornait le collier sur lequel était gravés trois visages. Alors qu'il sentit les larmes monter progressivement à ses yeux, il remit rapidement le bijou à sa place initiale. Après s'être rebandé le bras, il alla se mettre dans son lit, où doucement il sombra dans le monde des rêves, unique endroit de totale liberté où tout lui était possible.


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Firemagma
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Dim 1 Fév - 13:03

1) Une vie hantée par le passé et le présent :
a. Un garçon solitaire :
b. Une vie brisée :


Le ciel était particulièrement sombre, rempli de nuages d'un noir profond, déversant une pluie torrentielle qui s'abattait sur les routes. Un terrible vent soufflait en même temps, si fort qu'il courbait les arbres, les déracinant presque... Ce soir-là, les éléments s'étaient déchaînés sans raison apparente, et avec une rare violence. Au milieu de cette tempête, quelques rares voitures tentaient avec tant bien que mal à se frayer un chemin. Toutes avaient les roues sorties, par ce temps, il était tout simplement interdit d'utiliser les réacteurs permettant de flotter au-dessus du sol, afin d'éviter d'être emporté comme une mouche. A l'intérieur de l'une d'elle, se trouvait un couple et un enfant à l'arrière. Le mari devait se concentrer et utiliser toutes ses forces pour réussir à maintenir le volant droit, alors que sa femme extrêmement inquiète rassurait son fils. Ce dernier regardait par la fenêtre les éléments s'agiter. Il ne semblait pas spécialement inquiet, du fait de son jeune âge il ne comprenait pas exactement tout ce qui se passait autour de lui à ce moment.

« Il faut trouver une solution, on ne pourra jamais arriver à la maison ! Le vent est trop fort, il faut trouver un abri ! S'écria le père à bout de force.
- Garde ton calme chéri, ça va bien finir par se calmer... » Répondit la mère plus inquiète qu'elle ne laissa paraître.

Le jeune enfant finit par détacher son regard de la vitre, regardant sa mère qui masquait son émotion.

« Maman, qu'est-ce qui se passe? » Demanda doucement l'enfant.

Sa mère se retourna. Elle avait les yeux d'un bleu clair et intense, qui se plongèrent dans ceux de son fils. Elle prit sur elle pour ne pas lui montrer sa peur et lui répondit calmement.

« Ne craint rien mon chéri, c'est juste une petite pluie. On est bientôt rentré. » Répondit-elle avec une voix chaleureuse.

Sa voix réconfortait toujours son fils, et une fois de plus cela avait marché, ce dernier lui sourit. Mais pour une raison qu'il ignorait, ce qui le réconfortait le plus chez sa mère, était ses longs cheveux blonds, couleur qu'elle lui avait légué. Ils étaient si longs qu'ils lui arrivaient presque aux chevilles, et le petit garçon adorait se cacher derrière quand il jouait ou quand il avait peur, leur douceur le rassurait toujours.
Soudain, la voiture se mit à bouger de manière étrange, et la vision du petit garçon devint flou, des centaines d'images différentes défilaient devant ses yeux, les couleurs se mélangeaient jusqu'à ce que le rouge domine complètement sa vision...


Dans son lit, Julien se réveilla soudainement en sursaut, criant en plein milieu de la nuit. Il avait les yeux exorbités, sa transpiration ruisselait sur son visage et son torse nu. Suite à son cauchemar, il n'arrivait pas à reprendre son souffle, et s'assit alors sur le coin de son lit en mettant sa tête entre ses mains. Le jeune homme faisait régulièrement ce cauchemar, mais à chaque fois c'était plus intense, moins flou, plus terrifiant, plus épuisant... Comme si certains détails revenaient progressivement. Après avoir réussi à reprendre son souffle, Julien se rallongea, retrouvant difficilement le sommeil.
Le matin arriva rapidement. Il passa d’une fin de nuit paisible, mais perturbée par un réveil qui sonna bien trop tôt au goût de son possesseur. Le jeune homme se leva doucement, loin d'être motivé comme à chacun de ses réveils pour aller en cours.

« C'est parti pour une nouvelle journée inutile... » Dit-il d'une voix encore fatiguée.

Faisant une rapide toilette, il s'habilla tout aussi vite, et partit de chez lui sans adresser un traître mot à sa mère adoptive, il n'en voyait tout simplement pas l'intérêt comme il n'avait rien à dire. Le début de journée se déroula exactement de la même manière que la précédente, à l'exception du trio infernal qui ne vint pas le voir dès le matin, mais préféra visiblement attendre la pause.

En plein milieu de la matinée, alors qu'il s'agissait de la dizaine de minutes de paradis de tous les élèves, Julien attendait dans les couloirs. Autour de lui les autres élèves étaient plus enjoués, non que les cours reprennent, mais surtout que la journée défile. Les trois bourreaux du jeune homme sillonnaient le lycée à sa recherche, espérant bien lui faire payer son arrogance de la veille. Les voyant arriver de loin avec le boucan qu'ils provoquaient, Julien resta immobile, adossé au mur, espérant d'un côté qu'ils passeraient le chemin sans le regarder, sans vraiment y croire. Et alors qu'ils s'arrêtèrent juste devant lui, le jeune homme aux yeux verts ne put s'empêcher de lâcher un long soupir.

« Je t'avais dit qu'on se retrouverait. Annonça le leader de la bande en jubilant.
- Vous êtes drôlement forts, vous m'avez retrouvé dans le lycée après une matinée entière. »

Le chauve grassouillet plaqua sa main sur le mur juste à côté du visage de Julien, qui ne bougea pas d'un centimètre, toisant du regard celui qui perdait visiblement patience.

« A dix-sept ans on ne répond pas à ses maîtres. Je vais te dresser comme il faut ! Menaça-t-il en montrant le poing.
- Ce n’est pas de ma faute si, à trente ans, tu continues de redoubler, gras du bide. » Répondit ironiquement Julien en souriant légèrement.

Non loin de là, un regard gris se tourna vers la scène, l'air inquiet. Le leader de la bande attrapa Julien par le bras gauche prêt à le frapper, le tenant pile à l'endroit où il s'était mutilé la veille au soir. La force de son agresseur lui procura une intense douleur et le jeune homme ne put s'empêcher de lancer son poing droit dans son visage, le faisant aussitôt lâcher prise sous la surprise. Alors que le chauve recula de quelques pas en mettant sa main sur sa joue, le regard de Julien avait incroyablement changé. Rempli de haine et de colère, il serrait les poings alors que ses yeux verts avaient légèrement foncé.

« Je vais te démolir, sale petit con ! » S'écria-t-il en fonçant vers Julien.

Ses deux sbires se trouvaient juste derrière lui, prêts à l'attaquer à trois, et au moment où la bagarre allait éclater, une longue chevelure rousse arriva devant Julien, s'interposant entre eux. La jeune fille regardait de travers celui qui venait de se prendre un coup par Julien.

« Laisse-le tranquille maintenant, tu l'as cherché ! S'exclama-t-elle.
- Dégage de là, Océanne, je vais le mettre en pièce! Rugit le chauve devenu aussi rouge qu'une tomate.
- Si tu le touches, je te jure que je vais dévoiler certaines choses à ton sujet ! » S'écria-t-elle une nouvelle fois en le montrant du doigt.

La menace fit visiblement effet. Le petit grassouillet serra des dents, visiblement hésitant. Puis il lui tourna le dos, les poings encore fermés. Le trio rebroussa chemin en ruminant.
Océanne se retourna doucement vers Julien alors que ce dernier regardait ses cheveux roux qui tombaient jusqu'au bas de son dos. Le visage de la jeune fille était passé de la colère à un sourire chaleureux, rougissant très légèrement mais qui se remarquait particulièrement par le teint de son visage; en revanche celui de Julien n'avait pas du tout changé, il était resté sur la colère, les yeux toujours aussi froncés, dévisageant la jeune fille qui était presque aussi grande que lui.

« Je suis désolée... C'est vraiment un pauvre type...
- Qui t'as demandé d'intervenir ?! J'ai pas besoin d'aide, j'ai besoin de personne! La prochaine fois, reste dans ton coin ! » S'écria soudainement Julien.

Océanne eut un mouvement de recul sous les cris de celui qu'elle venait de protéger, perdant sa rougeur, mais sentit une terrible douleur à son cœur, par réflexe ses doigts se crispèrent sur son corsage rouge. Julien quand à lui attrapa son sac avec rage, et partit dans la direction opposée de la bande de voyous. Rapidement, il dévala les escaliers, et sortit de l'établissement, plus en colère que jamais, sans la moindre raison valable... Il vouait juste une haine sans limite au monde entier, et voulait être perpétuellement seul. Le jeune homme s'éloigna progressivement du lycée, peu lui importait les autres cours, ce n'était pas la première fois qu'il en séchait, et ce ne serait sûrement pas la dernière fois non plus, mais dans l'immédiat il voulait aller se passer les nerfs quelque part.
Le reste de la matinée se déroula ainsi, il se contenta de déambuler dans les rues d’Odri, sa ville natale, sans le moindre but excepté celui de marcher. C'est alors que le soleil était à son zénith que son ventre se mit à gargouiller... Il n'avait rien mangé la veille, ni ce matin. L'énervement de la matinée et sa marche lui avaient énormément creusé l'estomac. Il se dirigea alors plus calmement vers son lycée, décidé à manger à la cantine et hypothétiquement aller en cours l'après-midi. Alors qu'il n'était plus qu'à deux rues de sa destination, il tomba malencontreusement nez à nez avec le trio qui lui menait la vie dure. Ni lui, ni eux ne s'y attendaient, alors qu'ils rentraient chez eux pour manger. Ils se mirent soudain à sourire tout en s'avançant vers lui.

« Cette fois ta petite garde du corps n'est pas là pour te protéger. Jubila le meneur.
- J'ai pas besoin de cette débile pour te casser la gueule gros tas ! »

La seconde suivante l'énorme poing du chauve atterrit dans le visage de Julien, qui le plaqua en arrière et au sol, face contre terre. Serrant des dents alors qu'un filait de sang s'en échappait, il se releva d'un bond tout en jetant son sac, et lança son pied dans le ventre de son agresseur pour le plier en deux. Il continua avec un uppercut qui le balança en arrière à son tour, sans le faire tomber cependant. Alors qu'il allait se jeter sur lui pour continuer son assaut, les poings des deux sbires atterrirent dans son ventre; le boutonneux lui attrapa les cheveux, relevant de force sa tête, alors que le troisième lui lança une droite et une gauche en plein visage, ce qui l'obligea à reculer sous les chocs. Ce fut au tour de Julien d'attaquer cette fois, se jetant sur celui à lunettes, lui mettant un coup de poing au niveau de ces dernières, ce qui eut pour effet de les briser sous le choc, laissant leur propriétaire hurler de douleur à cause des bouts de verre qui s'étaient incrustés dans sa peau. Derrière lui, le troisième de la bande avait attrapé un petit bâton, et frappa violemment la tête de Julien qui dut poser un genou à terre tant le choc fut terrible et résonna dans son crâne. Sa vision se troubla légèrement, et le monde semblait tourner tout autour de lui. Le choc avait été assez rude. Restant tel quel, et alors que son ennemi allait réitérer son action, Julien frappa son tibia d'un coup de pied, lui faisant perdre l'équilibre, et se jeta sur lui pour le faire tomber à la renverse tout en restant dessus. Le tenant par le col, il enchaîna les coups de poings au visage. Juste à côté se trouvait le chef de bande, qui était resté inactif depuis le début. Il enfila une grosse bague à son majeur droit, et tout en prenant du recul, il vint frapper violemment la tempe de Julien.
Le jeune homme aux yeux verts s'écroula au sol instantanément, tout autour de lui était devenu définitivement flou, tourbillonnant; appuyé contre un mur, il se releva doucement en se tenant la tête à l'endroit du choc, ne voyant devant lui que trois ombres, presque imperceptibles à cause de la douleur. Celle du milieu faisait des mouvements que Julien ne parvenait plus à comprendre, puis s'avança d'un coup vers lui en le frappant au ventre. Ce n'était pas le choc d'un coup de poing, une terrible douleur se propagea dans tout son être. Quelque chose de dur, froid et tranchant venait de s'introduire dans son corps. Une voix résonna une dernière fois à son oreille.

« Va donc rejoindre tes parents, sale orphelin. »

La lame ressortit de son ventre, le laissant tomber à genoux, dévoilant légèrement aux yeux de ses agresseurs sa petite chaîne. Le chauve l'attrapa, et tira dessus d'un coup sec pour lui prendre avant de laisser son propriétaire tomber à plat ventre, sans le moindre mot, baignant petit à petit dans son sang.
Les trois voyous se mirent aussitôt à courir, fuyant les lieux du crime. Au coin d'une rue plus loin, ils bousculèrent Océanne qui rentrait également chez elle, et partirent aussitôt sans même prendre le temps de s'excuser. La jeune fille ne put s'empêcher de voir leurs diverses blessures, et tourna la tête dans la direction dans laquelle ils étaient arrivés. Son estomac se noua à nouveau alors qu'elle se décida à s'y rendre, craignant ce qu'elle allait trouver sur place. Pressant le pas par la peur, elle arriva rapidement à côté de Julien qui n'avait pas bougé d'un pouce, mais qui baignait maintenant dans une véritable mare de sang. La petite rouquine ne put s'empêcher de pousser un cri en le voyant, laissant son sac tomber au sol. Rapidement elle attrapa son téléphone, et composa le numéro des urgences.

« Venez vite s'il vous plaît ! Mon ami est blessé, il perd énormément de sang! » S'écria-t-elle tout en sanglotant.

Juste après avoir fourni les informations nécessaires aux services de secours, elle jeta son téléphone au sol, se mettant à genoux, et posa la tête de Julien dessus. N'hésitant pas à tâcher son jean du liquide vital. Elle hurlait son prénom, tout en essayant de lui faire ouvrir les yeux, mais le jeune homme ne réagissait pas. Les larmes ruisselaient sur son visage en passant par dessus les quelques taches de rousseur sous ses yeux. Essayant de prendre son pouls, elle ne sentit aucun battement... Ses larmes redoublaient d'intensité à chaque seconde, tandis qu'elle hurlait le prénom du jeune homme.

« JULIEN ! »


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Lun 9 Fév - 17:52

2) L'autre monde :
a. Le jugement :

La douleur s'estompait petit à petit. Julien ressentait non loin de lui une présence chaleureuse, mais il était incapable de donner un nom ou un visage à cette dernière. Mais inconsciemment, il se sentait bien contre elle.
La sensation d'être étalé sur un trottoir disparaissait également, tout son corps s'allégeait, comme s'il ne pesait pas plus lourd qu'une plume sur le point de s'envoler, simplement emporté par une légère brise. Les derniers rayons de lumière qui entraient en contact avec ses yeux s'assombrirent à leur tour, jusqu'à le plonger dans le noir total. Il ne souffrait plus, il ne ressentait plus rien, l'espace d'une fraction de seconde il réussit même à se dire qu'il se sentait bien.
Alors que l'obscurité venait de l'envahir, et que la mort avait emporté son corps dans le néant, une intense lumière inonda ses paupières fermées, l'obligeant à les ouvrir. D'être passé des plus sombres ténèbres à une clarté intense, demanda quelques secondes aux yeux de Julien avant de finalement pouvoir voir correctement. Le bras devant le visage, il se rendit soudainement compte qu'il était allongé, sur le dos. Il se redressa rapidement, et eut un léger tournis, mais finit par pouvoir regarder autour de lui. Il se trouvait dans une immense salle, entièrement blanche. Elle baignait dans la lumière par l'intermédiaire d'un orifice au plafond, placé juste au-dessus de lui, permettant à cette dernière de se déverser dans la pièce. Se décidant à se relever il constata que ses vêtements étaient complètement différents.

« Que… ? Qu'est-ce que c'est que ça ?! » S'exclama-t-il devant la toge blanche qui recouvrait tout son corps à l'exception de sa tête.

En effet, il n'était pas dans les habitudes du jeune homme de porter ce genre de chose. Une surprise sans limite pouvait se lire sur le visage du jeune homme. Il n'arrivait pas du tout à comprendre ce qui s'était passé, et encore moins où il se trouvait. Regardant autour de lui, il remarqua des dizaines de chaises alignées contre les murs, mais surtout, que la salle, devant ou derrière lui, ne semblait pas connaître de fin. Julien commençait à s'agiter, tout ceci commençait à beaucoup l'inquiéter.

« Bon... Du calme... Qu'est-ce que je me rappelle en dernier ? La journée en cours, Océanne qui m'a défendue, et... Me battre avec les trois autres abrutis... Qu'est-ce qui c'est passé après ? »

Julien mit sa main au niveau de son torse, par simple réflexe pour attraper sa chaîne et le médaillon de ses parents, mais rien n'arriva entre ses doigts. Il n'avait même plus les mêmes vêtements, pourquoi aurait-il gardé sa chaîne ? C'est à ce moment que plusieurs souvenirs lui revinrent, de ses derniers instants. Les derniers mots de son assassin, ainsi que son vol du pendentif.
Les yeux de Julien s'exorbitèrent, et se remplirent de rage et de colère. On lui avait volé le dernier souvenir de ses parents, et il ne pouvait rien y faire désormais.

« Espèce d'ordure... Un jour ou l'autre on se retrouvera, et même ici, tu le payeras ! »

La colère déformait son visage. Les poings serrés, il regarda devant lui. Il ne fallait pas avoir une intelligence supérieur à la norme pour comprendre où il se trouvait, du moins en avoir une vague idée, il le comprenait maintenant. Il était mort, et ce chemin le mènerait certainement à son dernier lieu de résidence. Doucement, il se décida à avancer devant lui, il fallait bien qu'il le fasse un jour ou l'autre. Chacun de ses pas, vers cette infinie lumière lui nouait le cœur, mais lorsqu'il posa sa main au niveau de son torse, il se rendit compte qu'il ne le sentait plus. Malgré son angoisse, et cette sensation qu'il battait toujours, tout semblait mort dans son corps.
Les minutes s'écoulaient lentement. Ce couloir donnait réellement l'impression qu'il n'avait aucune fin, et tout se ressemblait parfaitement. Il avait presque l’impression de faire du sur place. Les gravures sur les murs et le plafond qui se répétaient sans cesse, les mêmes chaises, toujours alignées les unes à côté des autres. Tout ceci ressemblait plus à un cauchemar qu'autre chose aux yeux de Julien.
Cependant, après une bonne dizaine de minute interminables, à marcher, un but se fit enfin voir. Une porte au loin, gardée par un homme tout de blanc vêtu, armé d'une lance l'y attendait. Plus on se rapprochait, plus il était possible de voir la taille massive de la porte, qui devait mesurer plusieurs dizaines de mètres de haut.
Malgré la colère qu'il ressentait encore pour le vol de sa chaîne et les circonstances de sa mort, le jeune homme arriva timidement devant cet imposant passage, qui lui donnait l'impression de n'être qu'une petite fourmi. Quel était l'intérêt de faire une porte si gigantesque ? Le garde n'avait pas bougé d'un pouce depuis qu'il était arrivé, et Julien eut un léger sursaut lorsque ce dernier ouvrit la bouche.

« Nous vous attendions. Votre jugement est en attente depuis plusieurs minutes ! Déclara-t-il d'une voix autoritaire.
- Mon... Mon jugement ? » Répéta naïvement Julien.

Le garde se plongea à nouveau dans le silence, tandis que la porte commença à s'ouvrir. Elle coulissa très lentement, émettant un long et strident grincement, mais laissait également passer une tornade de lumière qui éblouit Julien, obligé de se protéger les yeux.
Les portes finirent par s'ouvrir entièrement, et malgré son bras devant les yeux, la lumière ne diminuait pas. Il se décida alors à entrer malgré le fait qu'il ne voyait pas où il mettait les pieds. Aussitôt la porte franchie, cette dernière se referma dans son dos.
Une fois close, la lumière diminua, permettant à Julien regarder autour de lui, le laissant voir qu'il se retrouvait à nouveau dans une immense pièce, mais dont tous les murs étaient cette fois visibles. Devant lui s'élevait un imposant bureau, avec un vieil homme à son sommet, dont le visage était orné d'une moustache et d'une barbe blanche très longue. Tombant sur quelques mètres. Les yeux sévères et perçants de ce dernier intimidèrent Julien.
Avec un petit marteau en bois, il frappa sur son bureau à deux reprises.

« Ouverture du jugement six cent soixante-sept de la journée. Nom Taïka, prénom Julien. »

Julien resta immobile et muet, ne sachant pas quoi dire, ou même s'il y avait le droit. Un second vieil homme apparut dans le dos du premier, lui apportant un petit dossier, avant de disparaître dans la lumière, aussi vite qu'il était arrivé. Tout en feuilletant ce qui venait de lui être apporté, le vieil homme fit plusieurs petits grognements avant de lâcher un long soufflement.

« Ce que je vois me déplaît fortement. Dit-il avec une certaine lassitude dans la voix.
- Qu... Quoi donc ?
- Je lis ici que tu étais quelqu'un de particulièrement agressif et violent... Que tu te battais souvent, et même que tu te mutilais... Bref que tu n'étais pas quelqu'un d'amicale. »

Le ventre de Julien se noua instantanément, qu'allait-il devenir ? Le jeune homme avait caressé l'espoir de revoir ses parents l'espace de quelques secondes, allait-on lui enlever cette chance ?

« Je fais mon choix sans hésitation. Navré pour cette sentence expeditive, mais l'enfer sera ta dernière demeure. »

Les poings de Julien se resserrèrent, si fort que ses os pouvaient se briser sous la pression qu'il exerçait sur ses doigts.

« Escortez-le. Ordonna-t-il à deux gardes qui venaient d'apparaître.
- Comment... ? Comment quelques lignes de votre foutu dossier pourraient retracer ma vie entière ?! Vous ne savez rien de moi, ni de ce qui a pu m'arriver de mon vivant ! Comment pouvez-vous me juger de la sorte ? En m'enlevant tout espoir de retrouver mes parents ?!
- N'aggrave pas ton cas, petit. Nos jugements sont absolus. Sans retour. Et indiscutables ! Gardes, emmenez-le. »

Alors que les deux gardes attrapèrent Julien, chacun par un bras, il se mit à se débattre, ne les laissant pas le traîner.

« Indiscutable ou non je refuse ! C'est l'injustice pure et simple ! Hurla-t-il.
- Il suffit ! Tu iras en enfer que tu le veuilles ou non ! Rugit le vieil homme tout en se levant. Gardes, écartez-vous ! »

Le juge de l'autre monde tapa du poing son bureau, et au même instant le sol se déroba sous les pieds du jeune homme. Un immense gouffre aux parois rouge sang, et aux flammes ardentes s'ouvrit sous lui. Il se rattrapa de justesse au bord. Sentant le brasier lui lécher le corps par leur chaleur, le jeune homme tourna son regard empli de colère vers son bourreau.

« Je te le jure que tu me le payeras toi aussi ! Je ne sais pas comment, ni quand, mais un jour je te ferais regretter cette décision ! Tu peux me croire ! Je te tuerais de mes propres mains !
- J'entends ce genre de menace une centaine de fois par jour. La tienne ne m'impressionne guère. »

Ce fut les derniers mots que Julien entendit avant qu'il ne finisse par lâcher prise, tout en se laissant dévorer par les flammes, hurlant sa douleur. Ses cris furent scellés lorsque le gouffre se referma au-dessus de lui, le plongeant définitivement aux enfers.

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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Dim 1 Mar - 23:52

2) L'autre monde :
a. Le jugement :
b. Les tourments de l'enfer :


Plus il tombait, plus la douleur était intense. Les flammes qui l'entouraient paraissaient le consumer de l'intérieur, et la douleur qui en ressortait était indescriptible. Julien tenta à plusieurs reprises de se rattraper à la paroi autour de lui, mais la roche était brûlante, et sa chute beaucoup trop rapide, ses doigts semblaient se briser au moindre contact.
Plusieurs minutes s'écoulèrent ainsi, de souffrance, de cris et de chute, quand soudain, le corps fumant et brûlant du jeune homme finit par être expulsé des flammes, sortant d'un trou de ce qui semblait être un plafond. Il tombait à présent dans le vide. Il découvrit tout un monde en laissant tourner son regard, un lieu fait de roche, de lave, un monde peuplé d'hurlements, de souffrance et de désespoir. Julien arrêta rapidement de regarder autour de lui. Il tombait toujours. Rien autour de lui pour se rattraper. Une chute de plusieurs centaines de mètre, distance qui diminuait de seconde en seconde, et à une vitesse incroyable. Rien ne se présentait autour de lui pour le sauver, cette chute ne se terminerait qu'une fois son corps se briserait sur ce sol aride et brûlant.
Julien ferma les yeux quelques secondes avant l'impact, serrant les poings et les dents, avant de finalement s'y écraser avec une violence incroyable. Tombant presque aussi violemment qu'un petit météore, il souleva une montagne de poussière à son atterrissage. Quelques secondes s'écoulèrent avant que tout ne redevienne plus ou moins visible, laissant apparaître le dernier venu aux enfers, au sol, les bras en croix. Doucement il ouvrit les yeux, et se releva.

« Je... Je n'ai rien... Je ne suis pas mort ? » S'interrogea le jeune homme largement surpris.

Alors qu'il se relevait entièrement, il constata qu'il n'avait aucune blessure, même pas une brûlure provoquée par les flammes qui l'avaient tant fait souffrir quelques minutes plus tôt. Plusieurs ombres s'approchèrent en silence derrière lui, sans qu’il ne s’en rende compte.

« Tu es déjà mort, pauvre humain ! » S'exclama une voix aiguë dans le dos de Julien, comme pour lui répondre tout en se moquant de lui.

Le jeune homme se retourna rapidement pour faire face à la personne qui venait de lui parler. Ou plutôt à la chose. Devant lui se dressait un petit être, d'à peine un mètre de haut, cornu aux yeux blanc, dont la peau était entièrement noire. Le jeune défunt eut un mouvement de recul, il y avait presque une dizaine de ces horreurs qui se trouvaient devant lui, tous pourvus d'une sorte de fourche, d'une longue queue pointue, et surtout, d'un regard des plus malveillants. L'un d'eux, probablement celui qui avait parlé précédemment, s'approcha de quelques pas vers Julien.

« Tu vas nous suivre à présent, petite vermine. Siffla-t-il tout en regardant le jeune humain droit dans les yeux. Ton tourment ne fait que commencer ! »

Julien resta immobile. Il en était encore aux premières paroles du petit diable. Alors comme ça, il était bel et bien mort. Même s’il en avait déjà pris conscience avant, tout ceci vint le percuter une seconde fois, plus aucun doute ne lui était permis. Malgré son état, il sentit son cœur battre si fort que cela résonna dans tout son corps. Ses yeux descendirent à présent vers le petit monstre des enfers, qui tenait maintenant sa fourche à deux mains, comme pour essayer de l'attaquer.

« Tu vas m'écouter bon sang ! Espèce de grand ver de terre !
- L'écouter ? Songea Julien. Et pourquoi ? Je n'ai plus rien à perdre à présent. »

La fourche du petit diable n'était plus qu'à quelques centimètres de lui, quand soudain ce dernier l'empoigna fermement tout en fixant son propriétaire. Ses yeux étaient glacials, vides de tout sentiment. Sans prévenir, il attrapa à son tour la fourche à deux mains, et la tira violemment vers lui, l'arrachant de celles, composées seulement de trois doigts, du petit cornu, et retourna le manche contre le menton de ce dernier, le faisant ainsi basculer en arrière. Aussitôt toutes les autres petites créatures se mirent en cercle autour de Julien qui tenait toujours sa nouvelle arme à la main.

« Attaquez-le ! » Hurla le diable qui était à terre, et qui semblait être leur chef.

Tous les petits êtres sombres sautèrent immédiatement sur le jeune homme. Ce dernier para une première attaque de fourche en encastrant les dents de cette dernière dans le manche de la sienne et attira le petit monstre jusqu'à lui pour lui offrir un terrible coup de genoux au ventre. A peine cet assaut terminé, un second l'attaqua sur sa droite, qu’il esquiva de justesse, et le frappa à la tête de toutes ses forces avec l'extrémité de son arme.
Quelques mètres plus loin, le chef assista à la scène avec stupéfaction. Julien parvenait à repousser tant bien que mal les différents assauts. Le petit diable se releva, les poings serrés, et tremblant de colère il agrippa rapidement la fourche de l'un de ses congénères au sol.

« Qu'attendez-vous, matez-le ! » Hurla-t-il à nouveau.

Julien continuait de repousser les différentes attaques, mais avec plus de mal. Il para une attaque de fourche dans ses jambes, mais au même moment, un manche s'abattit dans son dos; il se retourna rapidement pour donner un violent coup avec le revers des dents de la fourche à son agresseur. Soudain, une violente douleur lui envahit la jambe gauche. L’une des armes venait de passer en travers de son mollet. Se tenant uniquement sur son membre droit, il retira rapidement l'arme, et remarqua au passage qu'il n'y avait aucune goutte de sang dessus, sans que la douleur ne s'estompe. Alors qu'une énième fourche allait s'abattre sur sa tête, il la bloqua avec les siennes, mais une autre lui fit un croc-en-jambe sur la droite, le faisant s'écrouler au sol. Deux petits diables vinrent planter leurs armes dans les poignets de Julien, et ainsi, ils l'immobilisèrent tout en le désarmant. Le chef du groupe refit son apparition, juste au-dessus du la tête du jeune homme, et lui donna un violent coup de pied au visage, qui lui fit perdre conscience sur le coup.
Le silence était revenu dans cette zone des enfers. Le groupe de petits diables resta immobile autour de Julien, certains se tenaient les parties du corps qui avaient reçu des coups.

« J'ai rarement vu... Une vermine d'humain se débattre autant. Transférez-le là où vous savez. » Ordonna le chef.

Alors qu'ils retirèrent leurs armes des poignets de Julien, aucune goutte de sang n'apparut une fois de plus, et les plaies se refermèrent quasiment immédiatement. La petite troupe emporta le corps inerte du jeune homme en silence.

Plusieurs heures s'écoulèrent avant que Julien ne reprenne connaissance, ouvrant doucement les yeux. La première chose qu'il ressentit fut que ses poignets et chevilles étaient ankylosés. Après avoir totalement ouvert les yeux, il prit rapidement conscience de sa situation.
Ses bras et jambes étaient complètement tendus, laissant son corps former un « x », attachés par d'épaisses chaînes. Devant lui se trouvait une immense cascade de lave qui semblait aboutir dans le néant. Sans dire le moindre mot, il bougea doucement la tête pour voir ce qu'il y avait autour de lui. Des dizaines de personnes se trouvaient dans la même situation que lui, mais quasiment tous étaient torse nu, ou avec des vêtements en lambeaux, contrairement à lui qui avait encore son T-shirt. Tous les enchaînés étaient disposés en cercle, sur les extrémités d'un immense espace.

« Qu'est-ce que je fais là...? Pourquoi je me retrouve dans cette position encore ? » Questionna le jeune homme, bien qu'il n'attendait aucune réponse.

Une voix résonna alors à côté de lui. C'était l'homme enchaîné à sa droite.

« Tu... Tu le sauras bien assez tôt... Serre juste les dents... » Déclara-t-il d'une voix plus que faible.

Julien le fixait de coté, alors que l'homme regardait dans le vide devant lui. Sa voix, son corps, tout était faible chez lui, la totalité de ses vêtements étaient en lambeaux. Julien commença sérieusement à se demander ce qui allait lui arriver, et s'inquiétait de seconde en seconde. Soudain, après quelques minutes, un terrible bruit apparut derrière lui, comme deux énormes pierres qui frottaient l'une contre l'autre, puis une voix grave se fit entendre.

« Bien, aujourd'hui je m'occupe de vous mes petits. »

Un nouvel énorme monstre apparut. Bien qu'il n'avait pas une taille immense, et devait se situer dans le mètre-trente, il devait également peser dans les cent trente kilos. Toute sa peau verdâtre transpirait, dégoulinant sur tous ses bourrelets de graisse. Uniquement vêtu d'un pantalon marron, il tourna ses yeux sadiques sur l'ensemble de ses proies jusqu'à s'arrêter sur Julien, sans que ce dernier ne le sache. Sa bouche entièrement baveuse, et pourvue de deux énormes lèvres formèrent un rictus, laissant s'échapper une importante quantité de bave jusqu'au sol.

« Ah, nous avons un petit nouveau aujourd'hui. Je vais commencer par toi. »

Alors qu'il entendait les bruits de pas du gros monstre s'approcher de lui, Julien se mit à transpirer de peur, ne sachant en aucun cas ce qui l'attendait. Le seul indice qu'il entendait était le bruit d'une sorte de corde qu'on semblait tendre à répétition, puis de quelques chose métallique qui frotta contre le sol. Quand les bruits s'arrêtèrent, non loin de lui, la terreur se fit encore plus présente, l’air claqua, et la douleur frappa aussi sournoisement qu'un voleur dans l'ombre. Une douleur immense lui envahit soudain le dos, comme si on venait de lui déchirer la peau. Relevant la tête, tout en fermant les yeux et serrant les dents, il ne prononça pas le moindre bruit de douleur, l'encaissant sans broncher. L'énorme monstre était armé d'un très long fouet en cuir noir, orné de dizaines de pics en argent aussi tranchant que des lames de rasoirs.

« Comme tu es nouveau, on va y aller en douceur. Trois cents coups devraient suffire. Celui que je viens de te donner n'était que pour faire les présentations bien sûr ! » Ricana-t-il tout en agrippant encore plus fermement son arme de torture.

Rapidement, les coups se mirent à pleuvoir sur le dos de Julien, qui serrait de plus en plus les dents, s'agrippant aux chaînes qui le maintenait prisonnier pour ne pas pousser le moindre cri de douleur. Derrière lui, le monstre prenait un plaisir sadique à distribuer ses coups, tout en les comptants. Par moments il oubliait, donnant un ou deux coups gratuitement, mais frappait toujours de plus en plus fort. Le dos de Julien qui était en lambeaux après chaque coup, se refermait immédiatement, ainsi on pouvait infliger autant de douleur qu'on le souhaitait, le corps ne se dégradait jamais.
Tandis que le décompte du monstre dépassait à présent les deux cents, alors qu'en réalité les trois cents étaient presque atteints, le bourreau graisseux arrêta petit à petit de ricaner. D'habitude il se délectait des hurlements, et de la souffrance de ses victimes, mais là... Il ne ressentait aucun plaisir. En effet, Julien ne faisait pas le moindre son. Il ne voulait pas satisfaire ce monstre, il encaisserait tout sans broncher, c'était l'objectif qu'il s'était fixé. Arrivé au décompte de deux cent cinquante, les coups de fouet cessèrent subitement. Julien soufflait de fatigue, la douleur qu'il ressentait était insoutenable, et pourtant, malgré la perte de couleur de ses iris, il s'agrippait de plus en plus fort à ses chaînes pour supporter.

« Tu vas finir par hurler, petit tas de merde ! Je veux que tu pousses des hurlements de douleur, c'est bien compris ?! Hurla le monstre, scandalisé de ne pas avoir ce qu'il attendait.
- Tu peux... Toujours… Crever... » Répondit faiblement Julien.

Le monstre, prit soudain de fureur, frappa deux fois plus fort que précédemment, enchaînant les coups de fouet sans temps mort, y mettant toutes ses forces, ne comptant même plus ses assauts. Julien avait de plus en plus de mal à résister à la douleur, il serrait ses dents au point qu'elles auraient pu se briser dans la seconde, et quelques larmes finirent par se frayer un chemin entre ses paupières fermés, coulant ainsi le long de ses joues. Le supplice dura plusieurs minutes, qui semblaient être devenues des heures très longues, quand tout s'arrêta de nouveau subitement. On pouvait entendre le gros monstre derrière Julien souffler de tout son être, essayant de reprendre sa respiration. Tout son corps tremblait, il n'avait même plus la force de lever son bras pour donner un dernier et ultime coup, il s'était épuisé dans chacun de ses assauts.

« Vous autres... Vous pouvez le remercier, vous êtes dispensés des coups de fouet... Lança-t-il en regardant les autres prisonniers. Mais toi... Rajouta-t-il en fixant Julien, qui ne pouvait le voir. Je te ferais couiner comme un gros porc qu'on égorge… J'en ai pas terminé avec toi... » Menaça-t-il avec une voix exténuée.

On put entendre les pas du monstre s'éloigner, et à nouveau un bruit de pierre qui s'entrechoque se produisit, avant que le silence total ne revienne.
Julien avait la tête en avant, laissant tomber tout son corps vers le bas, à bout de force. Son T-shirt était en lambeaux, il ne tenait plus qu'à un fil pour qu'il ne s’arrache complètement. Ses cheveux blonds tombaient devant ses yeux, masquant la totalité du haut de son visage. Plusieurs minutes s'écoulèrent, quand soudain le T-shirt noir de Julien finit par se détacher, tombant devant lui pour finir par totalement s'évaporer au contact de la lave qui se trouvait sous lui.
Une aura noire, presque invisible, enveloppa soudainement son corps, qui afficha un très léger sourire alors qu'une petite lueur rouge apparut derrière ses cheveux. Doucement, il laissa s'échapper quelques petits et pratiquement inaudibles ricanements.

« J'y arriverai... Oui même si je dois vendre mon âme et détruire mon corps... J'y arriverai... »

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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Lun 9 Mar - 11:37

3) L'éveil :
a. L'évasion :

         Cela faisait déjà un peu plus d'une semaine que Julien avait été plongé en enfer. Les jours se suivaient et se ressemblaient. Attaché et suspendu, le jeune garçon recevait d'innombrables coups de fouet, procurant à chaque fois une douleur plus intense, et de plus en plus difficile à supporter. Le gros monstre graisseux était, quant à lui, davantage frustré à chaque fois qu'il donnait toutes ses forces dans l'espoir de le faire crier. Et que cela se soldait par un échec.
Petit à petit, l'aura noire qui entourait Julien s'épaississait, mais systématiquement une fois le supplice passé ; les moments où il pouvait librement ruminer ses idées de vengeance, et sa haine envers ceux qui l'avaient jeté ici.
De nouveau, le bourreau arriva au centre de ses prisonniers, laissant racler son fouet au sol afin que tous puissent l'entendre, et surtout, le craindre. Il fit tout le tour, regardant ses victimes les unes après les autres, se demandant quelles seraient celles du jour.

« Avec qui vais-je bien pouvoir m'amuser aujourd'hui ? »

Son attention finit par être attirée par un grand gaillard, plutôt bien bâti, aux longs cheveux marron. Passant sa langue sur ses grosses lèvres, il s'arrêta juste derrière lui, attrapant fermement son arme.

« Tiens… Toi ! Cela faisait longtemps… »

Sans perdre un instant, il lança le premier coup. L'homme se crispa immédiatement, attrapant ses chaînes pour tenter de résister à la douleur. Le second coup suivit de peu, puis le troisième, et le quatrième. Les coups  pleuvaient sur le dos de cet inconnu cette fois-ci. A chaque choc, la peau de l'homme se faisait lacérer, laissant de longues plaies qui éjectaient de grandes gerbes de sang qui partaient s'écraser au sol, avant qu'elles ne se referment, pour être mieux ré-ouverte par la suite. De temps en temps, des morceaux de peau qui pendaient se faisaient sectionner au moment de la cicatrisation, tombant par terre pour finir par pourrir sous la chaleur.
Tant il serrait les chaînes, ses mains finirent par se déchirer sur les maillons, laissant un liquide rouge couler ; ce dernier suivait inlassablement le métal, tournant tout autour, avant de se laisser goutter jusqu'au sol, finissant par créer une petite flaque cramoisie. Cette dernière vibrait après chaque choc, ou lorsqu'elle accueillait une nouvelle goutte.
Au fur et à mesure, l'homme poussait des gémissements de plus en plus prononcés. Les gémissements finirent par laisser place aux soupirs. Les soupirs furent remplacés par des cris qui se mélangèrent petit à petit à des sanglots par intermittence. Les coups de fouet cessèrent alors qu'il pleurait à grandes larmes tout en hurlant sa douleur.

« C'est tellement bon... Finit par lancer le gros monstre, heureux de la souffrance qu'il venait de procurer. Je ne m'en lasserais jamais. »

Reprenant sa ronde, le sourire jusqu'aux oreilles, il se mit à chercher de nouvelles victimes. Deux autres hommes eurent droit au même traitement, cependant, la matérialisation de leur souffrance apparut bien plus rapidement que la première victime, du fait de leur petit gabarit. Continuant de chercher ses proies, le tas de graisse trapu arriva derrière Julien, prenant immédiatement un regard sévère.

« Toi... Tant que tu ne m'auras pas procuré le plaisir de t'entendre couiner, et de me supplier d'arrêter... Je te réduirais sans relâche en lambeaux ! »

Attrapant de nouveau son fouet à pleine main, il fit claquer la corde à plusieurs reprises, avant d’armer son bras en arrière. Le premier coup claqua comme un véritable coup de tonnerre dans le dos du jeune homme, lui offrant une balafre sur toute sa largeur. A son tour, il attrapa de toute sa poigne les chaînes qui le retenaient, et releva doucement la tête sous la souffrance, mais ne prononça aucun son. Les coups se succédèrent à nouveau avec une incroyable rapidité, ne laissant parfois même pas le temps aux plaies de se refermer. Le monstre faisait tourner le fouet au-dessus de lui comme un lasso, donnant de la vitesse, et de la puissance à chacun de ses assauts. Plusieurs dizaines de coups avaient déjà été délivrés, avant que Julien ne finisse par ouvrir la bouche, ne laissant échapper qu'un murmure. Le bourreau se stoppa aussitôt, pensant enfin avoir réussi.

« Répète ! Je n'ai rien entendu, sale déchet de l'humanité ! »

Julien se mura de nouveau dans le silence. Un nouveau coup de fouet vint lui déchirer le dos sur toute la longueur, avant qu'il ne laisse un nouveau son s'échapper.

« Assez....
- Tu me supplies enfin sale vermine ! Hurla-t-il tout en donnant un nouveau coup.
- Assez.
- Tu n'en auras jamais assez vaurien ! Cria-t-il, le sourire aux lèvres, continuant son assaut.
- Assez ! »

Le ton de Julien avait totalement changé, brutal, et fort. Le monstre s'arrêta l'espace de quelques secondes, choqué. Après tout, ce n’était pas ce qu’il espérait, loin de là. Alors qu'il allait reprendre ses coups, furieux d'avoir été stoppé, le corps du jeune homme s'entoura subitement de l'aura noire, opaque et sombre. Tandis que Julien serrait les dents sous la rage, et que ses cheveux masquaient ses yeux, son bourreau avait la bouche et les yeux grands ouverts, ne comprenant rien à ce qu'il se passait. Reprenant rapidement ses esprits, il lança à nouveau son bras en arrière, avant de projeter le fouet vers sa victime.

« Je vais te calmer, sale petite pourriture ! »

Le fouet claqua pour la seconde fois comme un coup de tonnerre sur le dos de Julien. La plaie était bien plus grosse et profonde qu'à l'habitude, au point qu'elle mit deux fois plus de temps à se refermer. Pendant la cicatrisation, Julien se mit à trembler, tout en exerçant une grande force sur ses jambes, qui suivaient ses mouvements.

« ASSEZ ! » Hurla-t-il.

Au moment de son hurlement, les chaînes se craquelèrent sous la pression de ses membres. Le sol lui-même semblait trembler sous ce qui était en train de se passer. Le jeune homme tirait de plus en plus fort. Puis d’un coup, dans un grand craquement, Julien réussi à se recroqueviller sur lui-même, brisant les quatre liens qui le retenaient.
Stupéfait, le gros monstre graisseux resta pétrifié, alors que le jeune homme se retourna, laissant les quelques maillons qu'il avait aux pieds grincer sur le sol. Le nuage noir qui l'entourait était de plus en plus épais, et une vive lumière rouge se mit à briller derrière ses cheveux, au niveau de ses yeux.
Un lourd silence pesait à présent autour de tous les prisonniers. Certains parvenait à voir la scène en tournant la tête, abasourdi par ce qui venait de se produire ; les autres, quant à eux, tendait l'oreille, écoutant le moindre bruit pour se faire une idée de ce qui était en train de se passer.

« Comment t’as fait pour briser tes liens ?! » Lança immédiatement le monstre, qui ne comprenait toujours rien à ce qui se passait.

Julien ne répondit pas, restant face à lui, les bras ballants, la tête légèrement baissée. Il était comme dans une sorte de transe. L'aura noire qui l'entourait partait vers le haut en zigzaguant avant de s'évaporer, alors que les deux petits points lumineux gardaient une intensité constante.
Le silence se brisa quand le jeune homme finit par avancer vers son bourreau, en laissant les chaînes qu'il avait aux pieds grincer au sol.  Le gros monstre réagit immédiatement. Attrapant fermement son fouet, il le fit claquer à l'arrière avant de le projeter en avant, droit vers Julien. Ce dernier leva rapidement le bras, laissant l'arme s'enrouler autour de son membre avant qu'il ne saisisse l'extrémité. Les différentes pointes d'acier du fouet s'étaient plantées dans son bras, laissant une grande quantité de sang se frayer un chemin jusqu'à son coude avant de goutter au sol. Le bourreau tenta plusieurs fois de récupérer son arme en tirant dessus, mais Julien restait statique, et solidement encré au sol.

« Rends-moi immédiatement ça ! Hurlait-il tout en expulsant une bave verdâtre de sa bouche. Rends-le moi, sinon... »

Sans qu'il ait eu le temps de finir sa phrase, Julien avait attrapé le fouet tendu avec son autre main, et tirer un grand coup sec vers lui. Dévoilant une force inconnue, le gros monstre graisseux fut immédiatement happé vers lui. Tournant sur lui-même en continuant d'agripper l'arme, le jeune homme envoya son adversaire sur l'un des nombreux piliers qui les entourait, où il s'écrasa dans un terrible fracas.
Alors qu'il essayait de se relever, il fut de nouveau attiré, mais cette fois vers Julien, qui l'attendait de pied ferme. Relevant au dernier moment son genou, il alla se planter dans le ventre graisseux du monstre des enfers, avant d'aller percuter à nouveau la colonne de pierre qui se trouvait derrière lui. Tout en glissant vers le sol, il dévoila des yeux dépourvu de pupille, et laissait s'échapper une substance noirâtre de sa bouche, remplis de bulle, comme si cela coagulait.
Au même instant, l'épaisse aura qui entourait Julien disparut, et ses yeux verts refirent surface sur son visage. Plusieurs secondes s'écoulèrent, durant lesquelles il regarda autour de lui, le monstre au sol, et surtout le fait qu'il soit libéré de ses chaînes.

« Qu'est-ce que...? »

Son visage trahissait un profond étonnement, montrant qu'il n'avait aucun souvenir de ce qui venait de se produire. Sans perdre une seule précieuse seconde de plus, il enleva le fouet autour de son poignet, et le jeta au sol avant de se précipiter dans le pilier de pierre qui se trouvait au centre des prisonniers.
A peine était-il entré dans le renfoncement, que celui-ci se referma avant de descendre en tournant. C'était plus une sorte d'ascenseur fait de pierre qu'autre chose. Julien reconnut immédiatement aux gros grincements que le bourreau empruntait cette chose pour aller et venir. La "porte" s'ouvrit devant lui en même temps que le bruit infernal se stoppa, laissant le jeune homme s'extraire de la cavité pour s'enfuir.
Cependant.
Devant lui s'offrait une dizaine de chemins différents, tous faits de pierres, entourés de lave et d'épais nuages gris ou noirs. Aucun ne semblait plus accueillant que le suivant. Le jeune homme serra des poings. Bien qu’il se soit échappé de cette torture, il comprit plus que jamais, qu’il n’y avait aucune issue à présent.

Pendant ce temps, entouré de tous les prisonniers, une nouvelle personne arriva, doucement. Chacun de ses pas était silencieux et gracieux, et une inhabituelle fraîcheur avait envahi la cercle de pierre depuis sa présence. De ses deux yeux violets, il repéra le gros monstre étalé au sol, qui tentait de reprendre ses esprits. Ce dernier s’attrapa doucement la tête avec les mains, il finit par ouvrir les yeux sur le nouvel occupant de son territoire. Son regard s’affola aussitôt, alors qu'il se mit à transpirer à grosses gouttes.

« M... Monsieur s'il vous plaît... Je peux tout vous expliquer ! C'est ce garçon, il n'est pas normal ! »

Toujours sans prononcer aucun mot, cette personne s'avança jusque devant la grosse créature, le fixant. Tout en restant droit, il ferma et ouvrit plusieurs fois sa main, chose qu'il remarqua immédiatement.

« Je vous en supplie ! Ce n'est pas ma faute ! Hurlait-il, alors que dans le reflet de son œil on pouvait voir le bras de sa peur se lever vers lui. Laissez-moi une chance de le rattraper ! »

Au même moment, un geste rapide fut exécuté devant lui, et une longue traînée d'un liquide visqueux noir s'écrasa sur le sol. Tout en tournant les talons, il laissa la grosse créature tomber sur le coté, sans vie.

Julien était à présent au bord d'une falaise, devant un petit renfoncement qu'il avait descendu. Tout son visage et son corps étaient recouverts de suie. Ses cheveux flottaient à cause des bourrasques qui soufflaient contre lui. Enfin, une longue rivière de lave circulait à une dizaine de mètre sous la corniche où il se trouvait. Ses yeux étaient fixés dessus.

« Comment... Comment j'ai pu me retrouver ici ? Songea le jeune homme. Comment faire pour en repartir ?! »

Tout en réfléchissant, et pris de rage, il envoya un violent coup de poing sur la roche qui l'entourait. Au moment du choc, il sentit sa main se briser sur les rochers, et une violente douleur s'empara de lui, cependant... Elle disparut aussi vite qu'elle était arrivée. Remettant sa main devant lui, il l'observa, totalement intacte, sans blessure, ni hématome, sans la moindre souffrance alors qu'il la bougeait dans tous les sens sous ses propres yeux.

« Je n'y comprends rien... Est-ce que je vais rester bloqué ici pour toujours...?
- C'est fort possible en effet, étant donné que tu es mort. »

Julien fit un bond en se retournant, pour faire face à la voix qui venait de lui répondre. Une voix à la fois douce et glaciale. Assis sur une grosse pierre, se trouvait un jeune homme, certainement du même âge que Julien. Des cheveux bleus mi-long lui recouvraient la tête, la nuque, et son front. Ses yeux violets fixaient ses doigts, comme s’il cherchait quelque chose dessus. Le plus choquant, était que sa beauté contrastait totalement avec sa voix, presque terrifiante.

« Dans l'hypothèse où tu n'aurais pas encore compris, tu es en enfer ici. Tu n'es plus vivant, tu n'as aucun moyen de repartir.
- Qui es-tu ? Comment t’as pu me retrouver ?!
- Cela dit. Tu fais preuve d'une étrange force pour un mort... » Ajouta-t-il sans même regarder Julien.

Julien resta immobile, l'homme devant lui, vêtu d’un simple T-shirt blanc sans manche, et d’un pantalon bleu, affichait une telle assurance qu'il en était pétrifié. Soudain, ce dernier se leva, et se dirigea vers le jeune homme blond tout en le toisant du regard.

« Et je veux voir cette force que j'ai ressentit, de mes propres yeux ! »

Julien fronça les yeux tout en reculant. Il n'avait aucune idée de ce qu’il voulait dire. Voyant que les paroles étaient inutiles, l'homme agit, et retourna une terrible gifle à Julien, qui se retrouva éjecté contre la paroi. Une colère sans nom l'envahit aussitôt. Se retournant le plus vite qu'il put, il lança son poing droit vers l'homme, mais il le stoppa sans éprouver la moindre difficulté. La seconde qui suivit, le genou de ce dernier vint trouver refuge dans l'estomac du jeune blondinet, le mettant à genoux.

« C'est tout ? » Lança l’homme aux cheveux bleus pour le provoquer.

Tout en se relevant, Julien attrapa la main de son adversaire et le tira vers lui pour tenter à nouveau de le frapper au visage, mais ce dernier bougea la tête au dernier moment avec une grâce incroyable, esquivant le coup. Cette fois ce fut son coude qui atterrit dans son visage, propulsant Julien au sol, au bord de la corniche, le bras droit pendant dans le vide. L'homme arriva de nouveau à côté de lui, les bras croisés, et lui donna plusieurs coups de pied dans le ventre. Les coups étaient violents, et à chaque choc il devait étouffer sa douleur, mais le goût du sang lui envahit la bouche.

« C'est ton véritable visage que je veux voir ! Pas la larve que tu étais sur Terre ! »

Les coups s'enchaînèrent, de plus en plus violemment, Julien cracha finalement le sang qu’il avait dans la bouche. Petit à petit, la brume noire se remit à l'entourer.

« STOP ! »

Au même moment, Julien attrapa le pied de l'homme, et l'arrêta juste avant d'être frappé. Ce dernier fit un petit bond en arrière, pendant que Julien se remettait debout. Alors qu'il relevait ses yeux pleins de rage, ses yeux émeraude changèrent progressivement de couleur. Tout en grésillant, le vert disparut pour laisser place à un rouge sang qui partit du bas de l'iris pour remonter jusqu'en haut. Cette nouvelle couleur brillait d'une intense lueur. L'aura noire qui l'entourait quant à elle, se mit à tourner autour de lui en spirale.

« J'en ai plus qu'assez d'être traité comme un déchet ! »

D'un bond il s'élança sur l'homme aux cheveux bleus, et lui donna une terrible droite qui lui fit perdre l'équilibre. Dans l'élan, Julien envoya sa jambe gauche pour frapper encore plus fort, mais elle fut bloquée et prise au piège entre les bras de son adversaire.

« C'est déjà beaucoup mieux, en effet. » Lança-t-il avec un grand sourire.

Contractant ses bras, il tira d'un coup et balança Julien contre la paroi avec une force incroyable, la craquelant totalement,  et  sonna aussitôt le jeune homme alors qu'il tomba au sol. Malgré tout, il essaya de se relever, mais il reçu un violent coup de poing au visage, qui le fit rebondir sa tête contre la roche, et il perdit connaissance, s'écroulant au sol. Pour éviter de prendre des risques, l'homme aux cheveux bleus poussa légèrement Julien avec son pied, vérifiant qu'il était bel et bien évanouit. Tout en se frottant sa joue légèrement rougie, il afficha un léger sourire.

« Très bien. J'ai vu ce que je voulais voir, et c'est parfait. Nous t'avons finalement trouvé. »


Illustration © CaelaSephyra
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Dim 29 Mar - 18:12

3) L'éveil :
a. L'évasion :
b. La naissance du mal

         Le jeune homme aux cheveux bleus portait Julien sur son épaule gauche. Il traversa de longues étendues de diverses roches et de sable. Le chemin y était particulièrement difficile et escarpé, mais il progressait avec une étonnante facilité malgré le poids qu’il avait sur le dos.
Il arriva bientôt en vue d’une petite maison, tout faite de pierre, et sans la moindre fenêtre. De sa main libre il poussa ce qui servait de porte et entra.
L’intérieur n’était composé que d’une unique pièce sombre, uniquement éclairée par quelques bougies tirant sur leurs fins. La salle semblait bien plus spacieuse que ce que laissait croire l’extérieur, laissant de la place pour plusieurs meubles, tables, et deux lits.
Deux silhouettes se dessinaient dans l’obscurité, une particulièrement massive, assise sur une chaise, les bras croisés, alors que la seconde qui semblait bien plus petite et frêle, était allongée sur un des lits au fond. L’homme aux cheveux bleus laissa tomber Julien au sol sans le moindre ménagement.

« Qu’est-ce tu nous ramènes là ? »

La voix, presque aiguë, venait du fond.

« Une trouvaille. Répondit le nouvel occupant de la maison. Il a montré une force assez impressionnante, bien que dérisoire à la nôtre. Je le soupçonne d’être le quatrième. »

L’ombre du fond se releva avec une incroyable rapidité, s’asseyant sur le lit. Ses yeux  apparurent à ce moment. Des yeux de félin, jaunes, qui se posèrent sur Julien, toujours inconscient.

« Laisse-moi quelques minutes avec lui, et je te dirais si c’est bien lui. Ricana-t-il.
- Je n’aime autant pas. Cela m’ennuierait qu’il devienne comme toi. Il passera le test. Rockhirth, réveille-le. »

La seconde ombre qui n’avait toujours pas bougé ni parlé, réagit à ce nom. Après avoir décroisé les bras, il se leva, faisant trembler le sol rien qu’à ce mouvement, s’élevant jusqu’au plafond. Il avait une taille surhumaine. Il devait mesurer au moins deux mètre cinquante. D’un pas lourd, il s’approcha du corps immobile du jeune homme. Sans crier gare, il lança son pied en avant et percuta Julien au ventre, avec une force telle, qu’il traversa le mur de pierre dans un grand fracas. Le choc était inouï, Julien avait ouvert les yeux, redevenus verts, et cracha du sang à l’instant même où le dénommé Rockhirth l’avait frappé.
Après avoir roulé plusieurs fois sur lui-même, il se plia en deux, les mains sur le ventre. Il fut arraché de sa douleur lorsqu’il entendit des pas lourds qui se rapprochaient. Puis un torse nu, décoré d’une longue, mais fine, cicatrice en croix apparut dans le trou du mur ; ce dernier se craquela, et éclata dans la même seconde, laissant sortir un homme.
Sa taille était parfaitement en accord avec sa musculature. C’était une armoire à glace qui se présentait à Julien. Rien qu’un muscle de l’un de ses bras faisait le corps du jeune homme. Son visage carré était surmonté de longs cheveux noirs partant vers le haut, et plats sur le dessus, créant une sorte cercle. Ses yeux étaient dépourvus de pupilles, les laissant entièrement blancs, sans cils ni sourcils. Il ne portait qu’un pantalon marron, et de très épaisses chaussures jaunes foncés.
A côté de lui arriva rapidement l’homme aux yeux jaunes de félin. Celui-ci était par contre relativement petit, et ne devait pas excéder le mètre soixante. Son visage était très fin. Ses cheveux étaient verts, se dressaient en pics sur sa tête, alors que les côtés de son crâne étaient rasés, laissant juste un léger duvet de cheveux marron, décoré de plusieurs symboles noirs aux contours verts. Sur la droite et la gauche de son visage se dessinaient également des favoris marron clair, allant presque jusqu’à son menton. Au niveau de ses sourcils de la même couleur que ses cheveux, il y avait un piercing de chaque côté. Le reste de son corps allait en équation avec sa taille, il n’était pas très musclé, voire pas du tout, il ne portait qu’un t-shirt blanc sans manches et un peu déchiré aux épaules, qui rentrait dans son jean bleu. Des têtes de clown aux expressions sadiques étaient dessinées dessus. Sur ses bras nus, on pouvait distinguer de nombreuses cicatrices de formes différentes.
Enfin, l’homme aux cheveux bleus, apparut également à côté d’eux.
Julien tenta de se relever pour faire face aux trois individus devant lui, mais la douleur l’en empêcha. Sa colère s’intensifia en voyant le petit aux cheveux verts s’esclaffer devant lui.

« Non mais tu rigoles ! Il n’est même pas foutu de se relever après un shoot du gros ! »

Rockhirth baissa la tête vers lui en fronçant les sourcils qu’il n’avait pas. Ce qui l’amusa un peu plus.

« Oh ça va hein ! J’rigole. N’empêche qu’il est faible. C’est rien ça !
- Essaye de venir me dire ça en face, le nain ! »

Tournant doucement la tête vers Julien, il dévoila une longue rangée de dents blanches et pointues en guise de sourire. Mais à peine avait-il fait un pas que l’homme aux cheveux bleus mit son bras en barrage.

« Calme-toi Airwing. Il a été assez fort pour briser ses chaînes et assommer Bworf.
- Bworf n’est pas une référence en termes de force. Le coupa-t-il aussitôt.
- Il ne « l’était » pas en effet. Rectifia-t-il. Quoi qu’il en soit, je veux qu’il passe le test. Si je me suis trompé et qu’il échoue, je te laisserais t’amuser avec lui.
- J’espère vraiment qu’il échouera alors. » Dit-il d’une voix étrangement calme tout en regardant Julien, lui donnant des frissons dans le dos.

Le jeune homme blond commençait à sérieusement s’impatienter, ne comprenant rien à ce qu’il se passait. Il voyait juste qu’on l’avait frappé, assommé, frappé à nouveau, et que maintenant on se moquait de lui. La douleur ayant partiellement disparue, il réussit à se mettre debout, bien que légèrement courbé.

« J’en ai assez ! Qu’est-ce qui se passe ici ? Je ne suis pas votre jouet !
- Nous allons juste détruire ton humanité. » Répondit celui qui l’avait amené jusqu’ici.

Le sol se mit à trembler sous Julien, un très large cercle se craquela autour de lui, avant que tout ne s’effondre. Il chuta de dix bons mètres avant d’atterrir lourdement sur le dos. Il était à présent au centre d’un grand rond, presque comme dans une arène.
Il se maudit immédiatement d’y avoir pensé, et surtout d’avoir raison quand une dizaine de diablotins surgirent autour de lui, semblables à ceux qui l’avaient attaqués à son arrivée. Chacun étaient accompagnés d’un petit monstre noir aux yeux rouges et blancs. On aurait presque pu les comparer à des ombres, bien qu’ils soient hors du sol, tant ils étaient plats.

« Si tu veux sortir d’ici, ils doivent te détruire avant que tu puisses les vaincre, si tu en es encore capable. » Lui annonça le jeune homme aux cheveux bleus.

Julien resta perplexe plusieurs secondes, se tenant sur ses gardes.

« Ce qu’il dit n’a aucun sens ! Pensa-t-il. Je ne vais me laisser détruire pour son plaisir ! »

Un des diablotins se jeta subitement vers lui, fourche en main, suivi de sa petite créature. Pour en avoir déjà affronté, Julien savait comment faire. Profitant de son allonge, il lança son pied en avant, percutant le visage du petit monstre à nez crochu, et attrapa son arme. Bien que son but initial était de frapper la petite ombre avec cette dernière, il fut pris de court par sa soudaine rapidité. Elle chargea immédiatement, fonçant sur Julien, avant d’entrer dans son torse et de sortir de l’autre côté. Il n’y avait pas le moindre trou, ni blessure, mais les yeux du jeune homme devinrent vitreux, et il tomba à genoux. Lui qui n’avait pas poussé le moindre gémissement lors des tortures au fouet, ne put s’empêcher de se plier en deux, et de pousser un terrible hurlement de douleur.

« C’est vrai que ça fait mal, ça. Lâcha Airwing qui profitait du spectacle avec les autres.
- En effet. Rajouta le second jeune homme. On y a tous eu le droit. Sauf toi je crois, c’était un des autres il me semble.
- Ouaip. Mais j’ai une idée de ce qu’il a ressenti, comme nous partageons tout. »

Au même moment, un grésillement apparut à coté d’eux trois, et un petit losange apparut. On y voyait une grande ombre noire, avec deux points rouges lumineux à la tête. Une énorme pression se dégageait de la créature, une horrible puissance. Les trois hommes mirent immédiatement un genou à terre en baissant la tête.

« Maître. » Lancèrent en même temps les deux d’entre eux.

Le colosse quant à lui n’avait toujours pas prononcé le moindre mot.

« Aquice, tu as lancé un test. De quel droit, et pour quelle raison ? »

Sa voix était très grave, caverneuse, et surtout glaciale. Elle donnait l’impression qu’il pouvait tuer d’un simple mot.

« Oui maître. J’ai de fortes raisons de penser qu’il s’agit de la personne que nous cherchons.
- Je l’espère pour toi. »

Le losange disparut aussi vite qu’il était apparu, les laissant se relever.

« Tu ne l’as même pas prévenu ? T’es complètement fou !
- Tu devrais te regarder dans un miroir.
- Oui, mais moi c’est officiel. Là, s’il ne réussit pas le test, c’est deux personnes qu’il faudra chercher !
- Nous verrons bien. »

En reportant leur attention vers l’arène, ils virent que Julien avait repris du poil de la bête.
Il maintenait à distance les créatures ombreuses à l’aide de la fourche qu’il avait subtilisée, mais les petits diablotins profitaient de chacune des ouvertures pour le frapper. Un des petits monstres surgit soudain derrière lui, et il eut juste le temps de se mettre de profil pour l’esquiver. Cependant, une légère partie de son corps toucha tout de même le ventre de Julien, le traversant, lui donnant une nouvelle douleur incroyable.

« Comment ces sales monstres peuvent faire autant mal juste en me touchant ! Songea-t-il tout en lui donnant un violent coup de manche pour le plaquer au sol. Je dois trouver un moyen de les stopper définitivement ! »

Devant lui, l’un des diablotins envoya sa fourche droit sur le jeune homme, mais avec un monstre ombreux dessus. Réussissant à la bloquer au vol avec sa propre arme, il ne réussit pas, encore une fois, à esquiver le monstre qui lui passa au travers de la jambe droite. En plus de la douleur, il remarqua rapidement qu’il n’était plus capable de la bouger. Dans sa confusion à essayer de marcher, il ne vit pas arriver une autre créature qui passa au travers de son bras droit, qui tenait sa fourche. Cette dernière tomba aussitôt au sol en rebondissant dans un bruit métallique. Son bras était à son tour paralysé.

« C’est maintenant que l’on va savoir. Lança Airwing, visiblement impatient. »

Envoyant valser un diablotin de son point gauche, il reçut une fourche qui se planta au niveau de son biceps, lui bloquant son second membre. Aussitôt, la dizaine de petits monstres ombreux se plaça autour de lui en cercle, prêts à le charger. Le jeune homme ouvrit de grands yeux.

« C’est pas vrai ! » Se dit-il à lui-même.

Tous ensemble ils bondirent, et passèrent au travers de Julien en même temps, à différents endroits de son corps. C’était comme si un éclair venait d’éclater devant lui, l’aveuglant complètement, et que le temps ralentissait. Il ne ressentit même pas la douleur, tant elle avait été intense, il avait juste… froid à présent. Tombant à genoux, son corps bascula en arrière comme un pantin désarticulé, se pliant en deux. Ses deux yeux, vitreux, d’un vert extrêmement pâle, fixaient le plafond fait de roche en fusion. Il ne bougeait plus.

« Allez, montre-moi que j’avais raison ! S’exclama intérieurement Aquice. Laisse-le faire surface ! »

Les secondes s’écoulèrent lentement, se transformant en plusieurs minutes. Rien ne se produisit. Airwing finit par croiser les bras, ne souriant plus.

« C’est fini. Son humanité a été détruite il y a trop longtemps. S’il avait été le quatrième, il se serait éveillé direct. »

Une grande déception se lisait sur le visage d’Aquice, tandis qu’il serrait les poings, bien qu’il le dissimula à ses deux compagnons. Tant pis, il payera le prix de son erreur, cela ne l’effrayait pas du tout. Mais il était davantage contrarié de s’être trompé.
Airwing regarda un petit moment le corps, visiblement sans vie, de Julien. Il n’était pas déçu, pas plus qu’il n’était content. Il regrettait seulement qu’il ne pourrait s’en faire un jouet. Quand à Rockhirth, aucune émotion ne transparaissait sur son visage. Il restait totalement impassible depuis le début, et rien ne semblait pouvoir changer cela.
Les trois hommes tournèrent le dos à l’arène, et partirent doucement vers leur demeure. Ils allaient devoir continuer de patienter.
Aquice avait posé la main sur la porte, quand une grande pression s’exerça autour d’eux. Ce dernier s’immobilisa immédiatement, alors qu’une goutte de transpiration perla sur sa tempe. Sa première pensée fut que sa sanction allait lui tomber dessus. Lorsqu’il se retourna, il vit ses compagnons tourné vers l’arène. Le trio s’y précipita, bien que Rockhirth fût largement plus lent.
Julien n’avait toujours pas bougé, mais une grande force émanait de son corps. Ses yeux reprirent progressivement de la couleur, jusqu’à revenir, mais rouge. Fronçant les yeux tout en serrant les dents, il se redressa, faisant face à ses adversaires. Une chaleur étouffante s’abattit autour de lui. L’un des monstres ombreux se jeta vers lui pour l’attaquer de nouveau, mais à quelques centimètres de son corps il s’évapora d’un seul coup.
Plusieurs petits éclairs rouges surgirent de son corps, s’écrasant au sol. Serrant des poings, il fixa un petit diablotin qui tremblait de peur devant lui. Aquice afficha un léger sourire de satisfaction.

« Nous l’avons finalement trouvé… »

Plusieurs autres diablotins en compagnie de leur petite créature se jetèrent vers leur ennemi, mais ce dernier les envoya tous valser à l’autre bout de l’arène les uns après les autres, sans se faire toucher. Tous ses mouvements avaient clairement gagné en force, et en rapidité. Ses réflexes même semblaient accrus.
Il attrapa la tête de l’une des petites créatures, et la souleva devant lui. Il utilisa sa nouvelle force pour la serrer de plus en plus fort, jusqu’à l’écraser littéralement dans sa main, la transformant en un tas de fumée.
Une sauvagerie incroyable venait de prendre possession de son corps, bien que visiblement il ne la contrôlait pas encore pleinement.
Aquice quant à lui, afficha un large sourire, tout en voyant Julien massacrer les monstres les uns après les autres. Il avait eu raison.
Le jeune homme blond s’attrapa subitement la tête entre les mains, et poussa plusieurs cris, alors que de nombreux éclairs rouges continuaient de surgir de son corps, de plus en plus rapidement, le faisant se tordre dans tous les sens. Puis subitement, une sphère l’entoura complètement. En quelques secondes, elle devint entièrement blanche avant d’exploser dans une effroyable déflagration, remplissant toute l’arène avant de s’envoler vers le plafond et de disparaître. Lorsque suffisamment de fumée s’était dissipée, on pouvait voir qu’il ne restait rien dans l’arène, hormis quelques flaques de roche en fusion. Tous les monstres avaient disparus, Julien y comprit.
Aquice croisa les bras sur son torse, fixant ce « toit » qui recouvrait les enfers. Son sourire s’élargit davantage.

« Nous avons trouvé le quatrième démon. »


Illustration © Myeko
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Lun 13 Avr - 17:48

4) Retour sur Terre :

         Les jambes d’Océanne cédèrent alors que l’ambulance s’éloignait. Ou plutôt qu’elle s’éloignait du véhicule de secours. La police était arrivée très rapidement sur place, et un agent l’avait prise pour la mettre à l’écart et l’interroger. Il était brun, les cheveux très courts, et les yeux marron. Voyant la jeune femme à genoux à côté du corps de son ami, il l’avait éloignée rapidement. Pendant ce temps, ses deux collègues délimitèrent immédiatement un périmètre de sécurité, afin que personne n’approche la scène, et ne vienne bouger de potentiels indices. Particulièrement l’arme qui avait servi pour l’agression, si elle était toujours présente. Alors qu’Océanne se laissa tomber sur un banc, les yeux dans le vide, il commença par lui demander son identité. Cependant, elle ne l’entendit même pas. La même scène se répétait en boucle dans son esprit.
Les secours étaient arrivés quelques minutes après son appel d’urgence. Ce laps de temps avait suffi à ce que Julien arrête de respirer. Après un massage cardiaque, les ambulanciers virent que c’était terminé. Ils retentèrent une dernière fois voyant la jeune femme pleurer davantage, mais sans le moindre succès. La police arriva à ce moment. Ils ne prirent pas le temps de regarder le corps de Julien, ils préférèrent écarter le témoin, dérouler la rubalise pour que personne n’approche, et demander aux ambulanciers de ne pas bouger le corps pour le moment.
Les yeux dans le vide, elle réalisa. Elle venait de perdre Julien, à jamais.
Elle ne pleurait pas. Elle avait déjà pleuré toutes les larmes de son corps. Tout ceci était la faute du grassouillet chauve, elle le savait, elle l’avait vu fuir avec ses deux complices. Elle devait faire quelque chose. Justement, elle avait un policier devant elle. Elle ne lui répondait pas, mais elle l’entendait. Le pauvre essayait de la faire répondre tout en étant le plus calme possible. Malgré les yeux ravagés par le chagrin, et rouges d’avoir pleuré, elle prit sa décision. Elle allait les dénoncer. Sans hésitation. Sans remords.
Incapable de trouver des forces dans ses jambes et de se relever, elle risqua un coup d’œil vers l’ambulance, et surtout le corps de son ami. Les deux autres policiers se dirigeaient déjà dans cette direction, ayant fini d’écarter les curieux, lorsque soudain une chose se produisit. A la suite d’un léger sifflement, l’ambulance explosa. Une violente déflagration qui fit décoller le véhicule à plusieurs mètres du sol.
Les deux policiers qui s’approchèrent furent soufflés sur une longue distance à cause de l’onde de choc, tandis que celui qui était avec Océanne se plaça devant elle pour la protéger.
Océanne qui sentait tout de même la chaleur de l’ambulance en feu sur son visage malgré la distance, ouvrit grand les yeux devant les bouts de taule enflammés qui volaient. Sa bouche était grande ouverte pour crier, mais n’émit aucun son. Elle s’évanouit simplement sous le choc.

***
**
*


         Julien était dans le noir complet. Son corps flottait, il le sentait, il était léger. D’un coup, au milieu de ce silence total, un bruit apparut, semblable à une pompe. Une fois. Deux fois. Le son ne s’arrêtait plus. Il allait même de plus en plus rapidement. Il était maintenant accompagné d’un bruit de liquide, qui s’écoulait, tout autour de lui. Son corps s’alourdissait également au fur et à mesure que la pompe accélérait. Il tombait maintenant. Une sensation surgit à son tour. Une douleur, dans l’abdomen. Cela fut bref, car tout s’éclaira soudain autour de lui en une lumière aveuglante.
Battant plusieurs fois des paupières, il finit par ouvrir les yeux, et vit tout autour de lui de grandes flammes. Roulant sur le coté, il atterrit lourdement sur le bitume. S’attendant à retrouver l’obscurité des enfers, il fut surpris qu’un soleil brillant l’aveugle. Réagissant qu’il était passé au travers d’un feu brûlant, il regarda rapidement son corps pour constater que seul son T-shirt et jean avaient un peu été touchés.

« Je… Je n’ai rien… Et je suis revenu ici ?! »

Regardant autour de lui, il vit toute l’agitation qui régnait. Plusieurs sirènes retentissaient autour de lui, les pompiers étaient déjà en route.

« Je ferais mieux de partir d’ici… » Songea-t-il.

Bien qu’il n’arrivait pas encore à remettre toutes ses idées en place, il décampa rapidement en passant par une petite ruelle sombre derrière lui, déchirant la bande de rubalise que la police avait mise ici. Il aurait tout le temps de réfléchir plus tard.
Courant le plus rapidement possible, il emprunta plusieurs petits chemins obscurs entre les maisons, et quelques rues, dont certaines qu’il ne se rappelait même plus d’avoir passé. Les arbres autour de lui semblaient onduler, se déformer, prenant presque des formes monstrueuses, lui faisant tourner la tête tout en lui donnant des haut-le-cœur. Il fut obliger de s’arrêter à plusieurs reprises, manquant de tomber, n’arrivant même plus à faire un pas devant l’autre, le contraignant à attendre de récupérer une vision normale, et de la force dans ses jambes avant de reprendre sa petite course.
En temps normal, il arrivait chez lui en une dizaine de minutes, cette fois il mit plus du double.
Toutes les lumières étaient éteintes. Sa mère adoptive n’était pas rentrée. D’un rapide coup d’œil à l’horloge, il vit qu’il n’était qu’à peine midi. Le jour n’avait pas non plus changé depuis qu’il s’était battu avec le trio. Il avait dû recevoir un mauvais coup et s’évanouir. C’était sa conclusion la plus logique.

« Elle doit encore se trouver à son travail… » Finit-il par conclure.

Après quelques pas en direction de sa chambre, plusieurs flashs lui envahirent la tête, l’obligeant à se mettre à genoux et fermer les yeux. Il se voyait dans une arène, où il affrontait plusieurs petits monstres noirs. Il y souffrait, il se tordait de douleur. Puis les flashs cessèrent aussi vite qu’ils étaient arrivés, le laissant assis sur le carrelage, appuyé contre un meuble en bois. Il transpirait légèrement.

« Ce n’était qu’un rêve… Oui un rêve… »

Tout en se relevant, il essuya son front, et sentit une odeur de brûlé sur son corps. Ses vêtements étaient imprégnés de la fumée des flammes qu’il avait traversée. Cela n’expliquait pas pourquoi il n’avait pas brûlé vivant à ce moment.

« Je suis peut-être passé trop vite, et elles n’ont pas eu le temps de « s’accrocher » à moi. Lança-t-il à lui-même pour se convaincre. Quoi qu’il en soit, je vais prendre une douche, je sens le steak trop cuit… »

Sur sa droite après le meuble, il entra dans la pièce qui était la salle de bain. Elle était entièrement blanche, aussi bien le papier des murs que le carrelage au sol. Elle n’était pas bien grande, à gauche se trouvait la douche, ronde, avec des portes vitrées coulissantes, et à droite un lavabo au-dessus d’une corbeille à linge. Retirant toutes ses affaires, qu’il jeta à terre dans l’intention de les mettre à la poubelle, il entra dans la douche.
Tout le plafond de la cabine laissait s’écouler des multitudes de filets d’eau, donnant l’impression qu’il pleuvait dans l’habitacle. A l’aide d’une petite poignée rotatif, il régla sans s’en rendre compte la température de l’eau sur  « très chaud ». De la buée envahit les vitres, alors que la vapeur remplissait l’intérieur de la douche, masquant complètement Julien. Il resta ainsi un bon quart d’heure sous l’eau, avant que le débit soit stoppé. Les portes s’ouvrirent brusquement, libérant la vapeur dans la salle de bain, et une main en sortit, agrippant une serviette. Le jeune homme en sortit, complètement trempé. Se l’attachant autour de la taille, il s’avança devant le lavabo, et passa sa main sur la glace qui était maintenant embuée, et ouvrit à ce moment de grands yeux en voyant son reflet, et surtout son regard.

« Mes… Yeux… ? »

Ses iris n’avait plus le vert habituel, qu’il voyait à chaque fois qu’il croisait un miroir. Ils étaient maintenant rouge sang.
Il eut un petit mouvement de recul, puis passa rapidement un autre coup de main pour libérer le reflet de son torse, et constater l’absence de sa chaîne. Ayant pour habitude de ne pas l’enlever en prenant sa douche, il n’avait pas remarqué qu’elle n’était plus la. Le reste percuta son esprit immédiatement.

« Ce n’était pas un rêve… »

Plusieurs flashs lui revinrent en tête de nouveau, notamment les séances de torture au fouet.

« … Mais il s’est écoulé plusieurs semaines… A moins que le temps ne s’écoule différemment là-bas… »

Tout en s’attrapant la tête, il bascula sur le côté tout en faisant tomber une pile de linge. Il se revit affronter les petits diablotins, et créatures ombreuses qui lui traversaient le corps.

«… Ce n’est pas possible… Mais… »

Posant sa main sur son abdomen, il sentit les traces d’une petite cicatrice, celle laissée par le petit grassouillet. Il se revoyait à présent briser ses chaînes, assommer le gros monstre graisseux au fouet, et… Pulvériser les créatures dans l’arène. Il se redressa, afficha un sourire en se regardant dans la glace.

« … Mais ça veut dire que cette force n’était pas rêvée non plus ! »

Reposant les deux mains sur le lavabo, il le serra doucement, le faisant se craqueler. Tout en continuant de regarder son reflet, ses yeux se mirent à briller légèrement. Il ne perdait pas son sourire.

« Demain… Sonnera enfin l’heure de la vengeance ! »

***
**
*

         Océanne était recroquevillée sur une chaise, un manteau de police la recouvrant. Elle était dans une petite salle, bien éclairée, une table devant elle avec un chocolat encore fumant dans sa tasse, ainsi qu’un donuts posé dessus. Sur sa droite, le mur était complètement vitré, mais sans teint. Suite à l’explosion de l’ambulance, le policier qui était avec elle l’a prise immédiatement en charge, et la conduisit au commissariat. Là, il l’avait recouverte avec sa veste, le temps qu’elle se réveille. Chose qui avait mis plusieurs heures. Elle n’avait pas prononcé un seul mot depuis. Les yeux rougis, elle se passait en boucle l’explosion de l’ambulance dans son esprit.
Derrière la vitre, l’agent de l’ordre qui l’avait amenée ici, qui était maintenant en chemise, la regardait. Un de ses collègues se présenta à coté de lui, le crâne rasé, bien plus âgé, et des moustaches dont les extrémités partaient en spirale décoraient son visage dur. De ses petits yeux noisettes, il regarda brièvement la petite rousse, et croisa les bras sur son torse musclé.

« Bonjour commandant. Lança le plus jeune.
- Bonjour. Du nouveau ? A-t-elle parlé ?
- Non, toujours rien. Elle est en grand état de choc, et refuse de manger, boire, ou de voir un médecin.
- Savons-nous si elle a été témoin de l’agression ?
- Non. Mais c’est elle qui a appelé pour signaler le jeune homme poignardé. C’était visiblement un ami à elle, ce qui peut expliquer son état. Nous ignorons encore si elle a vu les agresseurs.
- Pour ce qui est du corps, avez-vous eu le temps de l’examiner avant que l’ambulance n’explose ?
- Non…
- C’est très problématique. Nos équipes sont sur place pour déterminer la cause de l’explosion. Mais il ne doit hélas pas rester grand-chose du corps. Nous ne tirerons donc rien d’elle aujourd’hui. Raccompagnez-la chez elle, et donnez-lui une convocation pour demain. Ou même pour tous les jours si nécessaire, pour qu’elle parle et nous apprenne ce qui s’est passé.
- Bien commandant. »

Ce dernier n’entendit même pas la dernière phrase, étant immédiatement parti après avoir donné ses ordres.
S’exécutant, il alla trouver Océanne pour lui expliquer ce qui venait de se passer, mais garda pour lui la dureté de son commandant. La jeune femme l’écouta sans broncher, et monta dans la voiture. La tête contre la vitre, elle observait les maisons et rues qui s’assombrissaient au fur et à mesure que le soleil déclinait. Elle aimait tellement regarder le ciel, et particulièrement lorsqu’il était d’un bleu azur, sans la moindre trace de nuage. Elle s’y perdait pensivement, ressentant une sensation de liberté. Elle réalisa que plus jamais Julien ne pourrait le contempler, lui… Elle ne parlait pas dans la voiture, mais réfléchissait à plein régime, décidant de se qu’elle allait faire le lendemain, et prit une ferme décision.

« Demain… Je dois venger Julien demain… Pensa-t-elle. Avant de tout dénoncer… »

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Dernière édition par Firemagma le Lun 11 Mai - 12:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Lun 20 Avr - 11:54

5) La vengeance :

Sous une légère pluie, le petit grassouillet dénommé Patt, était retourné au lycée comme si de rien n’était. Il s’était comporté comme n’importe quel matin, de n’importe quel jour. Pour lui, il n’y avait ni témoin, ni preuve, il avait la conscience tranquille. Ou presque.
C’était ce qu’il laissait paraître aux yeux de tous. Le professeur de science expliquait les conséquences de la dernière guerre sur l’environnement. Il avait décroché trente secondes après le début. La tête dans la main, et le coude appuyé sur la table, il regardait par la vitre, jouant avec la chaîne de sa victime de son autre main. A moitié endormi, il ne vit pas la silhouette qui l’observait dans la rue, à côté d’un arbre qui se protégeait ainsi de la pluie. Du moins, pas immédiatement.
Alors que le cours touchait à sa fin, ses yeux descendirent, et il le vit. Julien était là, dans un T-shirt noir orné d’une grosse tête de mort blanche sur le devant. Immobile. Tressautant, le jeune homme lâcha la chaîne avec le pendentif qui tombèrent au sol dans un petit bruit métallique. Il avait blanchi à en devenir livide. Rapidement il se pencha pour reprendre son larcin, et se redressa pour regarder dehors à nouveau. Il n’y avait plus personne.

« Qu’est-ce que… »

Il resta là pendant cinq minutes, le regard braqué sur le même point, attendant une nouvelle apparition. Mais rien. La sonnerie retentit, signalant le milieu de la matinée par une pause. Il sortit de la salle d’un pas hésitant, et arpenta les couloirs toujours aussi blême.

« Il est mort… L’ambulance a même explosé… Pensa-t-il dans sa confusion. Ça ne pouvait qu’être une illu… »

Il se stoppa net dans ses pensées et dans sa marche, regardant droit devant lui, ouvrant grand les yeux de plus belle. Des dizaines d’adolescents arpentaient la zone, se bousculant volontairement ou involontairement ; mais au bout se tenait un jeune homme blond, immobile, fixant le petit grassouillet droit dans les yeux, un léger sourire au visage. Paralysé devant cette nouvelle apparition, il ne pouvait le quitter du regard. Plusieurs lycéens passèrent devant lui, dont un de grande taille, et il disparut du couloir.
Le gros adolescent transpirait à grosses gouttes, ne comprenant plus rien à ce qui se passait.

« Il ne peut pas être là, c’est impossible. Continua-t-il intérieurement. Je deviens fou ou qu… »

Une voix vint le couper dans ses pensées pour la deuxième fois de la journée, pleine de rage.

« Espèce d’ordure ! »

Océanne surgit de nulle part, le visage ravagé par la fureur, et lui colla une gifle monumentale qui résonna jusqu’à l’autre bout du couloir. La marque s’imprima parfaitement sur sa joue, qui rougit à vue d’œil. Plusieurs coups de poings volèrent sur son torse et sur son gros ventre, mais cela ne lui faisait pas le moindre mal.

« Comment as-tu osé lui faire ça ?! Ordure ! »

Cette phrase capta immédiatement son attention, le faisant penser à autre chose. Au même moment des amies d’Océanne l’attrapèrent pour éloigner leur copine. Cependant il lui attrapa un bras fermement pour la retenir.

« Qu’est-ce que tu veux dire ?!
- Je t’ai vu t’enfuir, j’ai tout vu ! Note bien que je sais ! Je n’aurais pas de pitié ! Je dirais tout ! »

Océanne refondit en larmes, encerclée par ses amies, alors que le petit gros la lâcha, redevenant encore plus pâle. Elle savait, il y avait un témoin. Ses yeux s’affolèrent, perdant son calme apparent. Sans rien rajouter et laissant la jeune femme rousse pleurer tout en se débattant, il se dirigea à l’autre bout du couloir avant de passer la porte des toilettes à pleine vitesse.
La refermant juste derrière lui, il s’appuya contre elle. Quelques gouttes de transpiration perlaient sur son front, et il semblait à bout de souffle malgré le peu de distance qu’il avait à moitié couru. Il avait peur.
Après quelques minutes, et retrouvé un semblant de calme, il entrouvrit la porte pour sortir. Au même moment une tête blonde passa devant, bien qu’il fut incapable d’en voir le visage. Son cœur manqua un battement. Refermant la porte, il se précipita dans une cabine individuelle et s’assit sur la cuvette fermée, les yeux exorbités. Quelques secondes plus tard, il entendit la porte s’ouvrir, suivi de plusieurs pas, qui semblèrent s’arrêter devant sa cabine. Retenant sa respiration, il attendit alors qu’il lui semblait entendre un souffle juste derrière cette même porte. Bien qu’aucune autre trace de mouvement n’apparaisse, la porte s’ouvrit et se ferma de nouveau. Le petit grassouillet émit un long soufflement, presque de soulagement, et passa sa main dans ses cheveux.

« Non mais qu’est-ce qui m’arrive… Je deviens dingue. »

Se levant, il ouvrit sa cabine, et sortit. Une silhouette se plaça d’un coup devant lui, le faisant sursauter. C’était l’un de ses acolytes qui avait participé à l’agression de Julien, la veille. Il avait une cigarette à moitié fumée à la main. Tout en inspirant dessus, il regarda son ami sortir des toilettes en souriant, fixant la marque sur sa joue. Il s’appuya contre un mur.

« Tu m’as fait peur abruti. Je croyais qu’il n’y avait personne. »

Le jeune homme souffla la fumée. Son sourire s’agrandit. Il semblait bien moins affecté que son complice par les récents événements.

« Qu’est-ce qui se passe, t’as vu un fantôme ? Ou alors tu digères mal, et t’as pété trop fort ? »

Le petit gros lui lança un regard noir. Mieux valait ne rien dire à propos de ce qu’il pensait avoir vu, ou ressentait. Un coup à perdre sa place de chef. Cependant, mieux valait peut-être parler de ce qu’il avait appris il y a quelques minutes.

« Quelqu’un nous a vu hier.
- Comment ça ?
- Océanne. Elle nous a vus. Elle vient de me le dire, et elle ne compte pas garder sa langue dans sa poche. »

Le complice de Patt tira à nouveau sur sa cigarette, réfléchissant quelques secondes. Puis laissa s’échapper un nouveau trait de fumée.

« Y a pas trente-six solutions. Il va falloir la faire taire, c’est tout.
- Ah quoi tu penses ?
- Un bon coup de pression. Quelques claques, et elle gardera ce qu’elle a vu pour elle-même, par peur.
- Très bien. Inutile de lui faire trop mal toute façon. »

Patt se garda bien de le dire, mais il avait toujours eu un faible pour la petite rousse. Raison pour laquelle cela l’embêtait de devoir en arriver là, cependant… Il fallait qu’il se protège également.
Au même moment une sonnerie retentit, signe que la pause était terminée et qu’il fallait retourner en cours. L’acolyte du petit gros laissa échapper un soupir en même temps qu’un dernier jet de fumée. Tout en se redressant il jeta son mégot dans l’évier à sa droite.

« Je vais y aller. Le vieux Kenzy m’a dans le collimateur. J’ai pas envie d’être collé encore une fois. »

D’un pas nonchalant il sortit des toilettes en claquant la porte derrière lui, laissant son acolyte seul. Ce dernier se regarda dans la glace qui se trouvait devant lui, et vit à quel point il avait pâli ces dernières minutes, ce qui faisait encore plus ressortir la marque de la gifle d’Océanne. S’avançant devant l’évier, il passa son doigt sur la petite barre noire pour faire couler l’eau. Se penchant en avant, il mit les mains en dessous avant de s’asperger le visage à plusieurs reprises. Le fait d’avoir parlé de ce problème venait de le soulager d’un poids. Il n’était plus le seul au courant. Sentant son corps se décontracter, et soufflant un coup, il se releva pour regarder à nouveau son reflet dans le miroir.
Son cœur manqua à nouveau un battement, et tout son corps se crispa bien plus que précédemment en se voyant, mais surtout en voyant Julien derrière lui. Il le fixait avec un grand sourire, mais surtout avec un étrange regard, ses pupilles étaient rouges. N’osant se retourner, il ferma les yeux, espérant que cette illusion disparaisse à nouveau. Cependant, en ouvrant les yeux à nouveau, il était toujours là, il n’avait pas bougé d’un centimètre.

« Bonjour Patt. » Lança-t-il, toujours souriant.

Ce dernier se retourna d’un bond, le visage affolé. Le jeune homme blond l’attrapa par le col de son T-shirt et le souleva avec une incroyable facilité avant de le lancer contre les murs des cabines individuelles qui s’écroulèrent sous son imposant poids.

« C’est pas possible ! Tu es mort ! Tu ne peux pas être là ! »

Se débattant pour se relever, Julien l’attrapa de nouveau de la même manière, avant de le projeter contre le mur où se trouvaient les éviers. Les miroirs se brisèrent instantanément, suivis des lavabos grâce la chute de Patt, dans un boucan incroyable. Ce dernier cracha du sang par la bouche tant le choc avait été terrible. Le jeune homme s’accroupit à côté de lui et lui attrapa les cheveux pour relever sa tête.

« Et pourtant... Je suis bien devant toi. Dans une forme olympique, prêt à prendre ma vengeance. »

Au même moment, la porte commença à s’ouvrir. Le vacarme avait dû attirer l’attention des surveillants de couloirs, ou même des professeurs. Avec une rapidité incroyable, Julien attrapa une fois de plus son meurtrier, et le lança de toutes ses forces contre la porte qui se craquela sous la force du choc. Derrière, un adulte en costume et sans cheveux sursauta, et tapa du poing contre elle, voyant qu’il était à présent impossible de l’ouvrir.

« Qu’est-ce qui se passe là-dedans ! Ouvrez tout de suite ! »

Ignorant les injonctions du professeur, Julien se rapprocha doucement de Patt, qui était maintenant incapable de se relever. Il mettait juste sa main en avant, comme pour mettre une barrière entre lui et son agresseur.

« S’il te plaît… Arrête… »

S’arrêtant net, il lui lança un grand sourire sadique avant de lui attraper la main fermement.

« C’est bientôt fini ne t’en fais pas. »

Aussitôt il le souleva du sol pour l’envoyer contre les cuvettes de toilettes qui se brisèrent net avant de laisser s’échapper plusieurs longs geysers d’eau, inondant toute la salle. Rapidement, le jeune homme se retrouva au-dessus de sa victime, l’attrapant de nouveau par le col. Son regard avait changé. Il reflétait une grande colère.

« Et toi ?! Tu t’es arrêté hier lorsque tu m’as poignardé ?! Lui hurla-t-il tout en lui donnant un violent coup de poing. Réponds ! Est-ce que tu y as seulement pensé ?! »

Plusieurs coups de poings frappèrent le visage du petit grassouillet, le lui mettant en sang, ne lui laissant aucune opportunité de répondre. S’arrêtant, Julien se releva. Le jeune homme au sol était incapable de bouger. Semi-conscient, il regarda autour de lui avec ses yeux à moitié fermés.
Plusieurs coups se firent entendre contre la porte. Ils s’y étaient mis à plusieurs pour essayer de l’ouvrir. Regardant devant lui, Julien vit par la fenêtre de la salle qu’il y avait un grand attroupement devant le lycée. Plusieurs jeunes qui sortaient, ayant fini leur matinée de cours, et d’autres qui attendaient le dernier moment pour rentrer. Un long sourire venait de s’afficher à nouveau sur son visage. Il venait d’avoir une idée.
Tout en se penchant sur Patt, il l’attrapa cette fois par la gorge, et le souleva à bout de bras devant lui. Le petit grassouillet manqua immédiatement d’air, et il commença à se débattre, à tenter de se défaire de l’étreinte. Cependant cette dernière se resserrait petit à petit.
Entre ses doigts, Julien pouvait sentir les organes de sa victime tenter d’aspirer de l’oxygène. Son pouls s’accélérait de seconde en seconde. Cette sensation lui procura une soudaine satisfaction. Il aimait cela, sentir sa victime s’asphyxier entre ses doigts. Ce qui lui fit serrer encore plus fort. Les gestes du gros adolescent commencèrent à être plus lents, il se débattait de moins en moins. La bouche grande ouverte, il inspirait par tout petit à-coup, ce qui n’était pas suffisant. Bientôt, un léger filet de bave s’en échappa, et ses yeux se révulsèrent. Son rythme cardiaque ralentissait progressivement. Pliant le bras, Julien ramena le visage de Patt à côté du sien.

« Je te souhaite un bon voyage. J’aurais vraiment aimé être là pendant les semaines de torture qui t’attendent ! »

Lui fouillant la poche droite de son jean, il récupéra sa chaîne. Sa prise se resserra un peu plus. Le corps de sa victime fut pris de petites convulsions avant qu’un lourd craquement se fasse entendre. Julien afficha un large sourire tout en le regardant, les membres pendants et les yeux complètement blancs. Tout en redressant le bras, il propulsa le corps de sa victime de toutes ses forces devant lui, le défenestrant.
Les membres complètement disloqués au milieu des bouts de verre, son corps chuta d'un étage avant de tomber lourdement au sol au milieu de plusieurs élèves. Pendant une bonne dizaine de seconde, ce fut le silence totale. Puis une fille hurla de terreur. Et une autre encore. Avant que la panique soit générale. Le jeune homme blond s’avança au bord de la fenêtre brisée afin de mieux voir le spectacle. Il jubila.
Au même moment, dans l’allée qui précédait le lycée, il put voir un groupe de quatre policiers arriver en courant. Bien qu’il l’ignorait totalement, ils venaient uniquement afin d’interroger quelques élèves à propos de l’adolescent tué la veille, et en voyant un corps passé au travers d’une fenêtre de loin, ils avaient pressé le pas. Le commandant à la moustache en spirale était en tête du cortège.
Sans attendre, Julien força sur ses jambes, et sauta par la fenêtre, parcourant une bonne distance, avant d’arriver au sol en mettant un genou à terre, puis se redressa sans la moindre difficulté. Quelques élèves seulement le virent faire ce qu’ils prirent pour un miracle. Conservant son sourire satisfait, il releva la tête, et commença à courir en direction des quatre policiers qui l’avaient également vu sauter. Accélérant le pas, il passa rapidement à côté des fonctionnaires qui n’eurent pas le temps de réagir, juste de s’arrêter. Le commandant prit immédiatement les choses en mains.

« Vous trois, vous allez voir là-bas ce qu’il se passe ! Nous conservons le contact radio. Moi je vais rattraper ce jeune homme ! »

Sans attendre, il s’élança avec une étrange rapidité à la poursuite de Julien, alors que ses collègues prenaient le chemin opposé. Le jeune homme qui avait pris la fuite bifurqua dans une rue déserte, et zigzagua au moyen de plusieurs ruelles.
Forçant sur ses jambes, utilisant ses bras pour gagner un maximum de vitesse, et en ayant un souffle bien précis, le commandant gagnait rapidement du terrain, jusqu’à n’être plus qu’à quelques mètre de sa cible.

« Arrêtez-vous ! Immédiatement ! »

Julien jeta un œil en arrière, et constata qu’il le rattrapait de plus en plus, ce qui l’étonna assez. Avec sa nouvelle force, il avait également gagné en vitesse, un simple humain était cependant en train de gagner la partie sur lui.

« Je vais te faire passer l’envie de me poursuivre, mon vieux ! » Pensa-t-il.

Au bout d’une ruelle, il tourna à droite, et s’arrêta aussitôt, caché de la vue de son poursuivant. Dès qu’il l’entendit arriver, il ferma son poing en contractant ses muscles, et lança son avant-bras en direction du petit chemin. Il frappa de plein fouet le torse du commandant en plein élan. Là où une personne normale aurait fait un double salto arrière pour s’écrouler au sol, le vieux policier ne recula que de quelques pas en se tenant la poitrine. Sous les yeux consternés de Julien.
Le choc passé, il jeta un regard noir au jeune homme tout en s’approchant doucement. Par réflexe, ce dernier recula au même rythme.

« Je te déconseille de t’enfuir à nouveau. Tu as pu voir que je courrais bien plus vite que toi. Que s’est-il passé là-bas ? Pourquoi t’être enfui de la sorte ? »

Julien serra des dents tout en le fixant d’un regard mauvais. Il n’arrivait pas à comprendre comment ce vieux policier avait pu résister à son coup. Un silence pesa, alors qu’ils avaient arrêté de marcher et reculer. Le commandant de police allait reprendre la parole lorsque sa radio se mit à parler.

« Commandant ! Ici le gardien Carver. Un adolescent a été défenestré ! Mais son cou est complètement brisé, et à première vue ce n’est pas dû à la chute ! »

Aussitôt des yeux sévères se tournèrent vers Julien, et il se dirigea vers lui. Il devait l’arrêter, ce jeune homme était sûrement au courant de quelque chose. Ce dernier répliqua immédiatement, lançant son poing sur le torse du vieux policier. Ce dernier ne broncha pas une fois de plus. Julien resta un moment bouche bée, ne comprenant toujours pas.
Profitant de ce moment, son adversaire lui attrapa le bras qu’il plia dans son dos en clé de bras, avant de la plaquer contre le mur.

« Tu es en état d’arresta… »

Avant qu’il n’ait le temps de finir sa phrase, Julien avait mis les pieds sur le mur, et avait grimpé pour se retourner et se retrouver dans le dos du policier. Se baissant, il lança son pied dans les genoux adverses, les faisant immédiatement plier. Son poing partit tout aussi vite sur son visage, mais le policier broncha à peine. Immédiatement, il se lança dans l’abdomen de Julien, le plaquant au sol. Tentant de l’immobiliser, le jeune homme parvint à se libérer et à se relever, en même temps que son adversaire. Le prenant cette fois de vitesse, ce fut le commandant qui attaqua le premier, lançant son poing dans son ventre, le pliant légèrement en deux, avant de continuer avec un puissant uppercut. Julien resta sonné quelques secondes, voyant juste le policier devant lui, en garde comme un boxer.

« Tu es étrangement fort et résistant pour un jeune de ton âge. D’autres seraient déjà au sol. Mais je vais vite te calmer ! »

Sans attendre, il lança son poing droit vers le visage de Julien. Reprenant vite ses esprits, il eut juste le temps d’esquiver. Il attrapa le bras de son adversaire pour prendre appui et lança sa jambe en l’air vers la tête du commandant. Ce dernier leva son avant-bras gauche pour protéger son crâne, et amortit le coup qui ne lui fit finalement rien. Tout en lui faisant une clé de jambe, il pivota sur lui-même, projetant Julien contre le flanc d’une voiture stationnée dans la rue, qui se mit aussitôt à sonner alors que ses vitres du même côté se craquelèrent. Se relevant rapidement, le jeune homme ne vit pas arriver le nouveau coup de poing qui le frappa violemment au flanc droit, lui coupant net la respiration. Un second arriva, le frappant sur la gauche cette fois, tout en le mettant à genoux. L’air arrivait à peine à parvenir dans ses poumons, et sa vision se troublait un peu.
Voyant que le jeune homme était incapable de continuer, le commandant baissa aussitôt sa garde tout en attrapant ses menottes rapidement. S’avançant pour entraver sa victime, il reçut un terrible coup dans la nuque qui résonna dans la rue. Des grosses veines apparurent dans son cou, alors qu’il tomba à genoux tout en se tenant l’arrière du crâne. Incapable de reprendre son souffle, Julien leva malgré tout la tête pour voir Aquice derrière le vieux policier. Le jeune homme aux cheveux bleus s’approcha de lui, et l’attrapa par le bras pour le relever sans ménagement.

« Allez, relève-toi espèce d’abruti, il faut qu’on parte d’ici. »

Tout en se relevant, Julien s’appuya contre la voiture. Le commandant devant lui tendait la main vers lui, mais visiblement incapable d’en faire davantage.

« Non… Reste… Ici… Vermine ! »

Les deux jeunes hommes lui tournèrent cependant le dos, et commencèrent à s’éloigner rapidement, le laissant seul au milieu de la rue.


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Firemagma
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Lun 11 Mai - 13:29

6) Révélations :
a. "Tu es un démon !" :

Océanne était de retour au commissariat. Elle était venue d’elle-même après la journée de cours afin de dénoncer Patt pour le meurtre de Julien. À peine arrivée, elle avait été immédiatement prise en charge, et installée dans une salle identique à la veille, après l’accident. Cette fois, elle but le café qu’on lui avait proposé de bon cœur, attendant que quelqu’un vienne la voir. Ce fut le commandant à la moustache en spirale qui entra. D’une main, il se tenait l’arrière du cou, de l’autre, un dossier. Il avait l’air particulièrement contrarié, comme s'il avait eu une mauvaise journée. D’un geste brusque, il lâcha le dossier sur la table, ce qui fit sursauter la jeune femme. Le vieux policier ne fit rien paraître, mais il était content de son effet. Il aimait donner une impression de pression sur les gens qu’il allait interroger. Même si c’était les témoins. Sans s’asseoir, il se plaça à l’extrémité opposée de la table.

« Bien Mademoiselle Filia, c’est une bonne surprise que vous soyez venue de vous-même. Nous allions vous convoquer. Je suis le commandant McGregor, et en charge de cette audition.
- Bonjour… Je suis venue pour vous parler de ce qui s’est passé hier… Même si j’arrive trop tard… »

McGregor leva l’un de ses sourcils, ne comprenant pas du tout.

« Comme cela trop tard ?
- Celui qui a attaqué mon ami… est mort ce matin. Je n’ai pas du tout compris ce qui s’est passé… »

Le commandant ouvrit le dossier posé sur la table, gardant sa position debout, et tourna quelques pages avant de reprendre la parole.

« Patt Evans, c’est bien cela ? C’est vraiment fâcheux. D’autant que nous n’avons presque plus aucune piste à présent… Et la victime ?
- Il s’appelait Julien Taika… »

Océanne sentit les larmes lui monter aux yeux, embrumant légèrement sa vision. Respirant un grand coup, elle réussit tout de même à les contenir, ne voulant pas refondre en larme. Encore une fois. Surtout ici. Le vieux policier ressentit la peine de la jeune fille, et hésita une seconde à continuer, surtout avec ce qu’il allait annoncer à la jeune femme à propos de l’accident. Mais il devait obtenir le maximum d’information, surtout maintenant que le premier suspect était mort aussi. Ce qui était pour le moins étrange.

« Pourriez-vous me faire une description de votre ami ? Ou une photo ? Et une adresse afin que nous puissions contacter sa famille, qui doit s’inquiéter à l’heure qu’il est. Même si personne ne s’est encore présenté pour signaler une disparition… »

Océanne attrapa son sac au sol, et fouilla dedans. Elle avait prévu cette question, et était partie chercher une photo de classe chez elle. Seule photo qu’elle avait de Julien. En la sortant de son sac, elle la posa sur la table, et indiqua le jeune homme tout en faisant glisser la photo. McGregor fronça les yeux en voyant la photo, et regarda sévèrement la jeune femme.

« Il doit y avoir une erreur. Ce jeune homme ne peut pas être la victime. »

Océanne regarda la photo pour être sûre de ne pas avoir indiqué la mauvaise personne avant de poursuivre.

« Si… C’est lui. Le blond en haut à droite.
- Ce n’est pas possible, je vous le répète. J’ai poursuivi ce jeune homme dans les rues ce matin même. Il s’est enfui du lycée juste après que monsieur Evans Patt soit défenestré. Il m’a d’ailleurs échappé… La seule différence notable est qu’il avait les yeux rouges ce matin. »

Océanne ouvrit la bouche, mais n’émit aucun son, tout en regardant autour d’elle. La scène où Julien mourait dans ses bras, et l’explosion de l’ambulance repassa dans son esprit, lui arrachant une larme qui coula sur sa joue.

« Ce n’est pas possible… Il est mort sur mes genoux… Il ne pouvait pas… être là ce matin !
- Je peux pourtant vous l’assurer mademoiselle. Et il est même notre suspect numéro un dans le meurtre d’Evans Patt. »

Océanne s’attrapa la tête dans les mains, complètement perdue. Elle savait ce qu’elle avait vu. Son corps entier se mit à trembler.

« C’est lui qui a été poignardé je vous dis… Et qui a été emporté par l’ambulance… Je… Je ne suis pas folle ! »

McGregor sortit une nouvelle page de son dossier, qu’il montra à la jeune femme. La contrariété se lisait sur son visage, et visiblement l’audition commençait à l’énerver. Lui aussi savait ce qu’il avait vu le matin même.

« Ce n’est pas possible, regardez les résultats de notre enquête sur l’explosion de l’ambulance. Elle démontre que ce n’est pas le véhicule qui s’est embrasé, mais quelque chose à côté !
- Arrêtez…
- Là où se trouvait le corps d’après le témoignage des policiers sur place. Il n'en reste rien. Il a été réduit en charpie sans rien laisser !
- Arrêtez !
- Et j’ai vu votre ami ce matin même, je me suis même battu avec lui ! Il ne pouvait être dans l’explosion ! 
- ARRÊTEZ JE VOUS DIS !! »

Au même moment, McGregor tapa sur la table avec son poing gauche, courbant la table en acier à l’endroit de l’impact. Océanne le regarda avec les yeux grands ouverts, et ses larmes se mirent à couler. Il lui était devenu impossible de les retenir.
Son esprit se détacha de la réalité pendant un moment. Depuis la veille, elle avait cette scène d’horreur qui lui repassait en tête, la vie s’échappant de son ami alors qu’il était sur ses genoux, l’ambulance qui explose… Et maintenant elle apprenait même que la source de l’explosion était au niveau de son corps, l’ayant certainement complètement désintégré… Un haut-le-cœur l’envahit, et elle plaqua rapidement ses mains sur sa bouche pour éviter de vomir.

« …. Mademoiselle Filia ? »

Relevant d’un coup la tête, elle réalisa qu’elle s’était recroquevillée sur sa chaise, les genoux en dessous du menton. Le commandant lui avait visiblement parlé, mais elle n’avait pas du tout entendu. Ce dernier poussa un léger soupir en la voyant et se détendit. Sa colère semblait lui être passée.

« J… Je…
- Vous avez fait preuve de courage en venant aujourd’hui, pour nous parler de tout cela, cependant… le choc semble encore trop frais et important. Vous n’êtes pas en état de poursuivre cette audition.
- Non je…
- Rentrez chez vous. Reposez-vous, vous en avez grandement besoin. Nous vous contacterons si nous avons du nouveau sur cette affaire. »

Le ton était calme, mais sans appel. La jeune femme se releva doucement, sans un bruit et voulut récupérer la photo. Mais le vieux commandant l’attrapa avant elle.

« Venez, je vous raccompagne jusqu’à la sortie, je vais faire une photocopie en passant. »

Quelques minutes plus tard, Océanne sortit du commissariat un peu tremblante. Elle ne comprenait rien à ce qui se passait. Elle avait pourtant vu tout ça de ses propres yeux… Et ce policier affirmait pourtant l’avoir aperçu ce matin même. Ses pensées étaient confuses, et ses jambes flageolantes. Cette audition l’avait beaucoup remuée, plus qu’elle ne l'imaginait.
Après avoir descendu les quelques marches du poste de police, sa tête lui tourna légèrement. Blanche comme un linge, elle eut quelques petits vertiges. Elle ne se sentait pas bien du tout, ce qui l’obligea à s’asseoir sur un rebord. Toute cette histoire l’avait totalement retourné.

« C’est pas possible… » Songea la petite rouquine.

Elle se releva doucement tout en se tenant la tête et s’éloigna, empruntant une rue adjacente, sous les yeux attentifs de l’acolyte de Patt. Ce dernier qui était resté là à l’attendre, caché derrière un arbre, fumait une cigarette. Après l’avoir écrasé au sol, il se mit à la suivre.

***
**
*

McGregor retourna dans son bureau, ferma la porte et baissa le store sur la vitre, afin d’être totalement isolé. Comme à chaque début d’enquête, il prenait un tableau, et y mettait toutes les informations qu’il avait. C’était des restes de son ancienne vie professionnelle. On y trouvait déjà une photo de Patt au sol, après avoir été défenestré, une autre du lieu de l’explosion de l’accident, et maintenant, il y accrocha la photo de classe. Julien y était entouré au feutre rouge, ainsi que Patt et Océanne.
Il se recula et il examina les trois images avec la plus grande attention, tout en tortillant sa moustache.

« Cette affaire est étrange… J’ai poussé psychologiquement cette fille jusqu’à la limite, et elle ne démord pas de sa version. »

Tout en se rapprochant à nouveau, il passa son doigt sur celle représentant le lieu de l’accident, puis enfin sur le jeune homme blond qui lui donnait causait de soucis. Avec un stylo il marqua son nom et prénom à côté.

« Tu es censé être mort, mais pourtant tu es là, hein ? »

Ses yeux allèrent maintenant sur Patt.

« Et tu es étonnement fort pour un jeune de ton âge, ou même pour un homme tout court… »

En dessous du nom et prénom du blondinet il écrivit « Mort ? Vivant ? », puis recula à nouveau. Il sentit une excitation lui envahir tout le corps. Il était même heureux qu’une affaire de ce type lui tombe sur les bras.

« Je vais te traquer et te retrouver mon garçon. Tu vas m’aider à élucider tout ça ! Et j’espère vraiment que mon idée première est fausse… »

***
**
*

Julien suivait Aquice, rue après rue. La curiosité le dévorait, en effet il semblait chercher quelque chose de précis, et il voulait savoir quoi. Le jeune homme blond se tenait le flanc droit, zone particulièrement douloureuse. Le choc avait été plus rude de ce côté.
Depuis que le policier avait été stoppé le matin même, le silence s’était installé. Il n’aimait pas ça, le prenant pour un reproche de la part d’Aquice. Il n’avait pourtant fait que rendre la monnaie de sa pièce à Patt, et récupéré ce qui lui appartenait. Il est vrai que le policier était étonnement fort et l’avait bien surpris. Mais il n’y avait pas de raison d’en faire un drame.
Ils marchaient à présent dans un parc. Julien ne put s’empêcher d’être surpris de le voir se diriger aussi facilement dans une ville qu’il ne connaissait même pas. Dans sa propre ville à lui. Il décida de rompre le silence.

« Où va-t-on comme ça au juste ? Je te suis depuis ce matin, je veux des explications, maintenant !
- On va rejoindre Airwing et Rockhirth. »

La réponse fut brève et simple, mais surtout insuffisante aux yeux de Julien. Il attrapa Aquice par l’épaule pour le stopper.

« Tu ne peux pas te contenter de me dire que ça ! Je ne suis pas un petit chien ! »

Le jeune homme aux cheveux bleus se dégagea d’un coup et se retourna pour lui faire face. Son regard trahissait une profonde colère.

« Tu auras d’autres informations le moment venu ! Surtout après ton petit cinéma de tout à l’heure ! Tu nous fais déjà remarquer, tu as donc intérêt à te calmer !
- C’était donc bien ça… Répondit Julien en fronçant des sourcils. Mais tu n’as aucun ordre à me donner !
- Pour qui tu te prends, merdeux ?! »

Les deux jeunes hommes se firent face quelques secondes, les poings serrés. Cette zone était vide à part eux deux.
Julien céda le premier, et tenta de le frapper d’un crochet du droit. Aquice para et repoussa l’attaque sans la moindre difficulté, et son genou se logea dans le ventre du blondinet, le pliant en deux.

« C’est mon dernier avertissement. Calme-toi. »

Julien serra des dents. Il ne pouvait pas s’avouer vaincu, encore. Il se releva rapidement avec la ferme intention de répliquer, mais la paume de son adversaire se plaqua sur son torse pour le repousser, une nouvelle fois.
Aquice resta quelques secondes ainsi, la main vers l’avant, les sourcils froncés, lorsqu’il se produisit quelque chose. De l’eau entoura chacun de ses cinq doigts, avant de partir en jet vers Julien. Ses yeux s’écarquillèrent. Deux s’enroulèrent autour de chacun de ses poignets, deux autres sur chacune de ses chevilles, et le dernier encercla son cou. Avec une force incroyable, cela le propulsa en arrière avant de l’immobiliser contre un arbre les bras en l’air.
Julien ne parvenait même plus à parler, complètement déconcerté. Aquice s’approcha de lui, un petit sourire en coin.

« Tu es passé par l’enfer, revenu d’entre les morts, et tu es surpris par ce petit tour ? »

Le jeune homme resta muet, attendant la suite. Son interlocuteur laissa tomber son sourire pour reprendre un air sérieux. Son regard était glacial.

« Maintenant écoute-moi bien. Rappelle-toi bien que tu es ici grâce à moi ! Donc si je te dis de te calmer, tu te calmes ! Tu es un démon à présent, plus dans ton misérable lycée ! Nous avons une mission à accomplir, il n’y a donc pas de place pour les petites vengeances personnelles puériles ! Tu n’as même plus à éprouver ce genre de sentiment ! » Rugit-il. 

Julien resta silencieux, sous la contrainte, mais réagit fortement à cette phrase. Ses yeux en témoignèrent.

« Un démon… » Pensa-t-il.

Levant la main vers Julien, Aquice la ferma doucement. Les cinq liens se resserrèrent, mais le jeune homme garda sa lueur de défi dans le regard. L’eau autour de son cou se mit à s’élargir, sans pour autant relâcher l’étreinte, et finit par recouvrir sa bouche et son nez, l’empêchant de respirer normalement.

« Une dernière chose… Reprit-il de sa voix glaciale. Sache que pour nous, tu n’es qu’un nourrisson, pour les adultes que nous sommes. Tu n’as même pas de contrôle sur un élément, si jamais tu en as un, un jour… Tu es faible. »

Cet ultime mot résonna dans son oreille comme la pire des insultes, contractant tout son corps. L’eau relâcha sa pression, tombant au sol avec lui. Le jeune démon se mit à tousser, tout en reprenant son souffle.

« Nous pouvons t’écraser, ne l’oublie jamais.
- Pourquoi m’avoir sauvé dans ce cas ?
- Car je pense que tu as un petit potentiel qui pourrait nous aider. Le temps me dira si je me suis trompé. »

Tout en lui tournant le dos, il s’éloigna de Julien, qui se relevait à peine, puis tourna la tête vers lui.

« Je vais chercher les autres, attends-moi ici, Nourrisson. »

Serrant des dents, le jeune homme ne répondit pas, regardant son compagnon s’éloigner.
Une fois hors de vue, il frappa le sol de toutes ses forces, enfonçant son poing dans la terre, libérant sa frustration.

« Pourquoi est-ce que je devrais être inférieur à eux ?! Bordel ! »

Se relevant à nouveau, il regarda le sol quelques instants les poings serrés. Ses yeux rouges brillèrent d’une petite étincelle.

« Il ne me reste qu’à devenir plus fort qu’eux. »

Le silence régna pendant plusieurs minutes dans le parc, le laissant seul dans sa réflexion, lorsqu’un cri attira son attention.
À une vingtaine de mètres, cachés derrière des arbres se trouvaient Océanne et l’acolyte de Patt. Ce dernier venait de lui mettre une claque qui l’avait envoyée au sol. De loin, il semblait lui crier dessus. Fixant cette scène, avec une indifférence première de ses deux yeux rouges rubis, il éprouva par la suite une étrange sensation. Son cœur se mit à battre plus rapidement, et des fourmillements lui envahirent les jambes. Levant les mains devant les yeux, il se regarda ressentir cette étrange émotion pour la première fois. Il resta hésitant quelques secondes, alors qu'un nouveau cri d’Océanne lui résonna dans les oreilles, Il ferma les poings et fixa son regard de colère sur la scène en soufflant entre ses dents.

La jeune femme était au sol, les joues rougies. Un léger filet de sang coulait du coin droit de sa bouche. Bien qu’elle tentât visiblement de le cacher, tout son corps tremblait. Son agresseur qui était debout devant elle, une cigarette à la bouche, la regardait en souriant.

« Alors tu vas me répondre ? Qu’est-ce que tu leur as dit, aux flics ? »

La rouquine aux longs cheveux resta muette, le toisant de ses yeux argentés. Elle n’avait aucune intention de répondre. Elle cherchait plutôt un moyen de partir rapidement. C’est à ce moment qu’elle réalisa l’erreur qu’elle avait faite au commissariat. Le discours du commandant l’avait tellement secouée, qu’elle en avait oublié de parler des deux autres agresseurs de Julien, dont celui devant elle faisait partie.

« Il serait dommage que j’abîme davantage ton joli minois. D’ailleurs… »

Il attrapa sa ceinture, et entreprit de la desserrer. Doucement.

« On avait prévu de prendre un peu de bon temps avec toi prochainement. Je vais prendre de l’avance je pense. Avant de t’abîmer plus. »

Le simple fait d’entendre qu’ils avaient programmés son viol lui glaça le sang. Mais le voir continuer d’enlever sa ceinture lui rappela l’urgence du moment. Regardant autour d’elle, elle vit qu’il n’y avait personne pour lui porter secours. Elle se leva d’un bond et le poussa, rouge de colère.

« Je préfère encore mourir plutôt que d’avoir vos sales pattes sur moi ! »

L’attrapant par le poignet, il la rejeta au sol pour qu’elle ne se remette pas à courir. Il prenait de plus en plus de plaisir sur cette situation.

« Tu vas te taire oui ? J’aime faire ça en silence. »

Levant la main pour la frapper à nouveau, il fut stoppé dans son élan. Tout en se retournant, il tomba nez à nez avec Julien qui lui avait attrapé le bras. L’agresseur comme Océanne pâlirent sur le moment, n’osant même plus ciller. Sa cigarette en tomba de sa bouche.

« Impossible, tu… Commença-t-il,
- Comme si tu avais déjà fait quoi que ce soit. »

Aussitôt le genou du jeune démon partit dans ses côtes, le faisant tomber au sol le souffle coupé. Mais il ne le lâcha pas. Julien le regarda de haut, alors que sa victime essayait de reprendre une respiration normale. Il ressentit à nouveau cette sensation, comme avant de tuer Patt… Un sentiment de pouvoir. Un sourire se dessina sur son visage.
Océanne regardait la scène, n’en croyant pas ses yeux. McGregor ne lui avait donc pas menti. Elle sentit ses yeux s’humidifier par les larmes.
Le délinquant voulu se relever pour frapper, mais Julien lui attrapa le second bras pour le soulever, avant de le jeter à l’horizontale et de toutes ses forces contre le tronc d’un arbre. Au moment du choc, le dos du jeune homme craqua violemment avant qu’il ne retombe au sol inerte. De ses yeux rouges il fixa le corps quelques instants, et fit quelques pas dans sa direction. Il n’était pas mort, mais il avait quelque chose de brisé au dos, c’était sûr.

« Autant le laisser comme ça, il souffrira bien ainsi. » Pensa-t-il en le regardant de haut.

Océanne s’était levée, et s’approcha doucement dans son dos, hésitante et tremblante. Tout ceci était irréel pour elle. Elle l’avait vu mourir sur ses genoux, mais il était pourtant là. Devant elle.

« Julien… C’est… C’est bien toi ?
- Je ne t’ai pas sauvé. Si j’ai fait ça, c’est uniquement parce que j’avais des comptes à régler avec lui.
- Je… »

Il retourna d’un coup, et la fixa de ses yeux rubis brillants, l’effrayant par la même occasion. Un frisson glacial lui parcourut l’échine, alors que ses larmes réussirent à s’échapper sur ses joues. Une fois de plus aujourd’hui.

« Ne m’approche plus jamais. Je ne suis plus celui que tu connaissais. Je suis un démon à présent ! »

Sans lui laisser le temps de répondre, il s’éloigna, attachant sa chaîne à son cou avant de la mettre sous son T-shirt. Il finit par disparaître du champ de vision d’Océanne, la laissant seule et perdue.


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Dernière édition par Firemagma le Mar 2 Juin - 16:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Mer 27 Mai - 10:31

6) Révélations :
a. "Tu es un démon !" :
b. Prequel d'une guerre:

Julien s’était un peu plus enfoncé dans le parc, à l’abri des regards. Il fallait qu’il s’éloigne d’Océanne, il avait même vérifié qu’elle ne le suivait pas. Effondrée, elle était restée sur place.
Le jeune homme se réfugia dans une zone dense en arbre, et frappa de toutes ses forces l’un d’eux. L’écorce se craquela et le tronc se fissura. Retirant sa main, il remarqua qu’un petit filet de sang s’échappait de ses phalanges. En temps normal, sa main aurait été complètement brisée. Cela ne faisait que lui confirmer sa nouvelle nature. Mais cela n’atténua pas sa colère, bien au contraire.

« Pourquoi l’ai-je aidée, malgré ma nouvelle identité ? Si je suis réellement devenu un démon, j’aurai peut-être dû la laisser à son sort ? »

Serrant son poing, il frappa de nouveau, mais à un endroit différent. Le résultat fut identique. Le filet de sang s’amplifia légèrement.

« Est-ce que je l’ai sauvée ? Ou me suis-je simplement vengé… ? Je ne comprends plus rien… »

Plusieurs nouveaux coups atterrirent sur l’arbre. Il se lâcha totalement. Malgré la douleur, le sang qui s’échappait de son poing, il cogna plus fort à chaque fois.

« Qu’est-ce que je suis devenu ? Qu’est-ce que je dois vraiment faire maintenant ? »

Cette fois il frappa de toutes ses forces. L’arbre entier trembla, et quelques feuilles tombèrent autour de lui, alors qu’un gros morceau d’écorce tomba au sol. Il l’avait totalement arraché.

« Et l’autre qui me plante là sans rien me dire ! Je l’ai suivi par curiosité, mais je ferais mieux d’aller chercher des réponses seul ! »

S’apprêtant à frapper le malheureux arbre une ultime fois avant de partir, il s’arrêta dans son élan lorsque ce dernier commença à tomber, s’écroulant sur un autre.
Le jeune démon se retourna tout en baissant les bras, et tomba nez à nez avec Aquice. Sous la surprise il eut un mouvement de recul. Le manipulateur d’eau regarda l’arbre en secouant la tête.

« T’es vraiment insortable toi.
- Tu m’écoutais ? Caché comme ça derrière moi ?
- T’écouter ? Tu parles seul maintenant ? Tu vas t’entendre avec Airwing.
- Ils sont où d’ailleurs ? Tu n’étais pas censé aller les chercher ?
- Ils sont plus loin. J’ai dû venir te chercher comme t’as pas su rester en place. Viens. »

Alors qu’il tournait les talons, Julien l’attrapa par le bras pour le stopper. Une fois encore.

« J’en ai assez de te suivre ! Je veux des explications, maintenant ! »

Aquice le regarda droit dans les yeux. De longues secondes défilèrent alors qu’une tension s’installa entre eux. Il le défia une nouvelle fois, bien qu’il connaissait son impuissance, mais le jeune démon était bien décidé à ne pas se laisser faire. Son compagnon se dégagea d’un coup sec, ce qui le mit sur la défensive.

« Suis-moi, je te le répète une dernière fois. Tu auras tes réponses à tes questions existentielles à ce moment. »

Julien se contracta. Il venait donc d’avouer qu’il l’avait écouté tout ce temps. Il était peut-être même possible qu’il sache pour Océanne.
Continuant dans sa lancée, Aquice partit, sans se soucier s’il le suivait.

« Ces réponses ont intérêt à être intéressantes… » Pensa-t-il.

Alors qu’il était déjà à bonne distance, le jeune démon entreprit de le suivre. Forçant le pas pour le rattraper. Il finit par arriver dans une zone du parc complètement dégagée, sans arbre, juste de l’herbe verte. Rockhirth et Airwing se trouvaient en plein milieu, Aquice les avait déjà rejoints. Partant à leur rencontre, il vit que les trois regards étaient posés sur lui. Le jeune homme aux cheveux bleus prit la parole.

« Bien. Maintenant que le Nourrisson est présent, on va pouvoir commencer.
- Arrête de m’appeler comme ça ! Et explique-toi maintenant ! »

Julien regarda aussitôt le petit et frêle démon aux cheveux verts, pensant qu’il allait en rajouter une couche. Cependant, ce dernier baissa les yeux, et recula de quelques pas.

« Qu’est-ce qui lui arrive à lui ? Je lui fous la trouille depuis mon test ?
- Ne te surestime pas. » Lui répondit Aquice.

Airwing continua de reculer, et se cacha même derrière une jambe du géant. Il semblait totalement terrifié.

« Tu rencontres en ce moment une nouvelle personnalité d’Airwing.
- C’est un dingue quoi.
- Tr… trouble de la... personnalité… est le terme le plus exact… Répondit-il, toujours caché.
- Il était déjà comme ça avant d’être un démon. Continua Aquice. Il en possède trois. Le calme et timide, ici présent, le psychopathe que tu as déjà vu, et… le dernier qu’il vaut mieux ne pas voir. Même nous. Le seul avantage, c’est que tout ce qu’il va entendre maintenant, les autres le sauront aussi. »

Alors que Rockhirth, lui, ne trahissait toujours aucune émotion. Il demeurait impassible, et ce même quand le démon aux cheveux verts se cacha derrière lui.
Julien, en revanche, poussa un soupir à la limite du désespoir, mais sentit son cœur accélérer. Il allait enfin avoir des réponses. Et suivant ces dernières, il agirait d’une manière ou d’une autre. Aquice commença son explication.

« Nous avons été envoyés ici pour une raison simple, mais on ne peut plus importante. Nous allons bientôt entrer en guerre contre le monde du haut. »

Julien afficha aussitôt un regard perplexe, dû à son incompréhension. Son compagnon le remarqua, et poursuivit son explication.

« Si l’enfer et les démons existent, il y a fatalement un paradis, et des anges. »

Le jeune démon pensa immédiatement au vieil homme qui l’avait condamné à l’enfer, et afficha un petit sourire.

« Et nous allons bientôt être en conflit avec. Notre venue a été la plus discrète possible, c’est pour cette raison que nous ne devons pas faire de vagues. Nous devons trouver des choses. Des armes. Nos armes, en tout premier lieu. Car eux sont armés, et nous attaquerons dès lors qu’ils nous auront repérés.
- Comment sais-tu tout cela ? Demanda le jeune démon blond.
- Car je suis le premier de nous quatre à avoir été « recruté », et que je suis le plus puissant aussi. Raison pour laquelle je t’accompagnerai au début, vu que tu es le plus faible. »

Julien se contracta, mais ne perdit pas son sang-froid. Il voulait connaître la suite. Tout ceci commençait à beaucoup l’intéresser.
Airwing se dégagea un peu de derrière Rockhirth, mais continua de fixer le sol.

« Comment allons-nous… Récupérer ces choses… ?
- Comme je le disais, nous allons faire deux équipes. Je serais avec le Nourrisson, et vous deux ensemble… »

Julien lui jeta un regard noir une fois de plus.

« … Cela équilibrera les forces. Nos armes sont quant à elles censées être dans l’élément inverse de nos essences. Je connais les coordonnées des nôtres, mais pour le Petit, ça reste inconnu.
- Il le fait exprès pour me pousser à bout… ! Pensa aussitôt le concerné.
- Nous devons faire cela vite, et discrètement. Termina le démon aux cheveux bleus,
- Pourquoi faut-il être aussi… discret ? Ils peuvent vr-vraiment nous voir… ? Hasarda le petit démon aux troubles mentaux,
- Oui. Ce sont les vainqueurs des derniers conflits. Tous les conflits mêmes… Donc ils peuvent tout voir, et agir. »

Julien ouvrit de grands yeux, alors que son cœur manqua un battement. Il pensait déjà au juge, mais à présent, également à sa mort, sa vie, et ses parents…

« Ils existent vraiment… Et peuvent intervenir… Mais personne n’est jamais venu. Jamais. Songea le jeune démon. J’ai toujours dirigé ma colère contre les Hommes… J’étais visiblement dans l’erreur ! »

Son regard était dans le vide, et ses poings se serrèrent alors qu’il dirigeait sa haine et sa colère sur une nouvelle cible. En même temps, ses yeux se mirent à briller, et sa température corporelle augmenta. Cependant, il ne se rendit compte d’aucun de ces phénomènes.

« Hey Nourrisson !! »

Aussitôt tout se stoppa, alors qu’il tourna la tête vers Aquice. Quelques brindilles d’herbes avaient roussi autour de ses pieds.

« Combien de fois devrais-je te demander d’arrêter avec ça ?!
- Autant de fois que tu veux. Tu finiras par t’y habituer. En attendant, cela fait un moment que je te parle, et que tu regardes dans le vide. »

Julien regarda autour de lui, et constata l’absence de Rockhirth et Airwing. Ils étaient déjà au loin. La réunion s’était terminé sans qu’il ne s’en rende compte.

« Je leur ai dit où trouver leurs armes. Nous partons à notre tour. En espérant trouver rapidement des indices pour toi. À penser qu’il y en ait. »

Le jeune démon afficha un large sourire à cette pensée.

« Oui, j’en brûle d’impatience. »


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Mar 2 Juin - 17:28

7) Enquête :

         Océanne était restée là, à côté du corps de l’ami de Patt. Ce dernier n’avait toujours pas repris conscience, ou était incapable de se manifester.
Combien de temps avait-elle demeuré là, le regard vitreux, perdu dans le vide ? Elle n’en savait rien. L’air s’était radouci, cela devait être le début de soirée, du moins c’était ce qu’elle se disait lorsqu’elle revint plus ou moins à elle. Le soleil était effectivement très bas.
Doucement, elle se releva, et se dirigea vers la sortie du parc d’un pas nonchalant. Se tenant le bras gauche avec sa seconde main, elle ne quitta pas le sol des yeux. Ses cheveux se balançaient dans son dos, au même rythme que sa marche, qui se faisait presque mécanique, comme si elle avançait sans but précis.
Le silence régnait en maître tout autour d’elle, même une fois la rue gagnée. La jeune rouquine ne cassa pas ce calme, presque pesant, se fondant en lui.
Tous les événements de la journée venaient de la toucher profondément. Elle ne pouvait s’empêcher de revoir les scènes de l’ambulance qui explosait devant elle, de Julien qui réapparaissait comme par magie, ou de la tentative de viol qu’elle avait subi. Même si ce dernier moment s’était bien fini, pour elle, elle en sortit choquée.
Sa marche, presque de morte-vivante, la conduisit jusqu’au centre-ville, où quelques bruits refirent apparition. Plusieurs véhicules flottants passaient en émettant un très léger grésillement, et elle croisa tout autant de personnes en pleine conversation. Tout ceci brisa le silence dans lequel elle s’était enfermée depuis déjà de nombreuses minutes, mais ne la sortait pas de sa torpeur pour autant.
Arrivant à l’intersection d’une rue, elle se stoppa, attendant visiblement quelque chose. Son regard continuait de fixer le vide, les yeux presque affolés. Une seule et unique larme réussit à se frayer un chemin, afin de sortir de son œil, pour se laisser glisser le long de sa joue, encore rougie par les claques qu’elle avait reçues.
De multiples voitures et citadins passèrent devant et à côté d’elle, certains se demandaient pourquoi elle restait ainsi, inerte, d’autres l’ignoraient, ou ne la voyaient même pas.
Plusieurs minutes s’écoulèrent avant que la chose attendue par Océanne ne se manifeste. Une grosse camionnette s’engagea dans la rue où elle se trouvait. C’est ce moment qu’elle choisit pour traverser la rue, cependant… Elle s’arrêta en plein milieu. Le conducteur appuya aussitôt sur le frein, surpris. Mais la distance était trop courte, même ralenti, le choc serait brutal, et fatal… Le chauffeur klaxonna plusieurs fois, espérant que la jeune fille quitte la rue, alors que de nombreux passants regardaient la scène, incapable d’agir, ou même de crier.
Sans quitter le sol du regard, la jeune femme laissa une seconde larme couler le long de son visage, alors que la mort s’apprêtait à la frapper.
Elle ferma les yeux.
À peine une ou deux secondes avant que l’irréparable ne soit commis, elle sentit des bras puissants soulever son corps, l’attrapant par le dessous des jambes et épaules, et l’emmena sur le trottoir d’en face. En sécurité.
Son cœur s’accéléra, n’imaginant qu’une personne pour la sauver, encore. Elle leva rapidement la tête.

« Julien ! »

Malheureusement, lorsque son regard croisa les yeux noisette du commandant McGregor, sa déception fut immense. Ce dernier la regardait d'un air sévère, presque accusateurs. Quant à la petite rousse, son expression était redevenu affolé, même terrifié. Elle commença à réaliser ce qu’elle avait été sur le point de faire. Derrière eux, le chauffeur s’était arrêté, apeuré, et commença à bégayer des excuses.

« Reprenez la route ! Lui ordonna aussitôt le vieux policier, sans quitter Océanne du regard. J’ai vu la scène, ne vous en faites pas. Rien ne vous sera reproché ! »

Inutile de le lui dire deux fois. Il remonta dans sa camionnette, et fila rapidement. Ce fut à ce moment que le policier reposa Océanne sur ses pieds. Cette dernière retomba aussitôt dans son mutisme, reculant de quelques pas.

« Cela fait quelques minutes que je vous observe mademoiselle Filia. Cherchiez-vous à vous suicider après avoir revu votre ami mort ? » Ironisa le vieil homme.

Cette remarque la piqua au vif, et elle ne put s’empêcher de répondre, presque instantanément.

« Je l’ai vu mourir, je ne suis pas folle ! Ce n’est pas ma faute s'il… Comment savez-vous que je l’ai vu dans ce parc ?
- Je n’en savais rien, simple déduction de vos actes. »

Océanne baissa la tête, voyant qu’elle s’était laissée aller. Elle rougit légèrement, faisant ressortir ses quelques taches de rousseur sous les yeux.

« Que s’est-il passé dans ce parc ? Vous a-t-il fait du mal ?
- Non ! Explosa-t-elle. Au contraire… Après notre entrevue au commissariat, l’un de ses agresseurs, et ami de Patt m’a attaqué… Et il a essayé de… de… »

Inconsciemment, elle serra ses jambes, et se referma légèrement sur elle-même. Cela suffit au commandant pour comprendre.

« Et ensuite ?
- Ensuite… il est apparu, et… m’a sauvée… Je ne sais pas si l’autre est mort, mais il n’a plus bougé par la suite… Après… il est parti… »

McGregor la jugea quelques secondes, et n’eut pas besoin de longtemps pour comprendre qu’elle disait la stricte vérité.

« Est-ce là une simple vengeance, ou quelque chose plus de grand… ? » Songea-t-il.

Le vieil homme décida de ne pas accabler davantage la jeune femme, jugeant qu’elle avait largement subi pour cette journée. Tout en restant avec elle, et l’obligeant à s’asseoir sur un banc, il appela une patrouille pour qu’elle soit escortée à sa maison. Le temps que la chose soit faite, il recueillit quelques informations supplémentaires, sur l’endroit où se trouvait son agresseur. Ainsi que la direction qu’avait pris Julien, après avoir sauvé Océanne.
Après son départ, il se dirigea vers le parc le plus proche, qui semblait la destination la plus logique. La nuit commençait à tomber, mais il devait tirer cela au clair. D’autres patrouilles se rendaient sur place, à sa demande, afin de passer cette zone au peigne fin.
Arrivé à destination, il remarqua que les renforts n’étaient toujours pas présents. Le soleil était presque couché, il devait profiter de la faible lumière qui en émanait encore pour débuter son enquête. Il attrapa d’un geste brusque sa radio, et appuya sur le bouton de transmission.

« Appel général à toutes les patrouilles en direction du parc Europe. Ici le commandant McGregor. Je me rends seul sur place pour commencer les recherches. Suivez la balise de localisation afin de me rejoindre. Je répète… »

Une fois le message terminé, il appuya sur un petit bouton rouge juste au-dessus de l’écran. Aussitôt ce dernier se mit à clignoter, et à produire de petits « bip ».
Une fois ce dernier détail réglé, le vieux policier passa la barrière d’entrée et s’enfonça dans le parc. Ce dernier avait quelque chose d'inquiétant une fois que l’obscurité s’en emparait. Plusieurs recoins, devenus sombres, donnaient l’impression de camoufler quelque chose.
Suivant les informations d’Océanne, il arriva assez rapidement à l’endroit où elle avait failli se faire violer. Et où se trouvait le corps. La première chose qu’il fit, fut de prendre le pouls du jeune homme. Tout en restant accroupi, il attrapa de nouveau son moyen de communication avec ses collègues.

« Ici McGregor. Envoyez de toute urgence une ambulance au parc Europe. Un jeune homme y est inconscient. Son rythme cardiaque est très faible, et il semble avoir un gros problème au niveau du dos. Prenez toutefois de sérieuses précautions, l’individu est un important suspect dans plusieurs agressions, dont une tentative de viol. »

En effet, il avait remarqué une déformation au niveau de son dos, sans même avoir besoin de le toucher. Tout en se relevant, il remarqua une petite zone où l’herbe était aplatie. La conclusion s’imposa d’elle-même, il s’agissait de l’endroit où se trouvait Océanne quelque temps plus tôt, et où elle était restée des heures durant. Il s’y plaça debout, et regarda autour de lui.

« Elle a dit qu’il était parti à gauche… » Pensa-t-il.

Au même moment, une demi-douzaine de policiers arrivèrent autour de lui. Il désactiva aussitôt sa balise de localisation.

« Bien. Vous connaissez le topo. Je veux que deux d’entre vous restiez ici pour attendre l’ambulance, et vous partirez avec pour une surveillance rapprochée de ce jeune homme. Vous me tiendrez au courant de la moindre évolution de son état. Les autres, vous ratissez tout dans un rayon de cinq cents mètres. Signalez-moi toutes choses anormales. Compris ?
- Oui mon commandant ! » Répondirent-ils tous ensemble.

Immédiatement, chacun partit à sa mission. McGregor alla, quant à lui, dans la direction indiquée par Océanne. Il préférait vérifier certaines choses par lui-même, laissant ainsi ses collègues chercher d’autres indices susceptibles de l’intéresser.

« Elle ne m’a pas menti pour le reste, aucune raison que cela soit le cas maintenant. » Songea-t-il.

Il attrapa dans sa poche sa petite lampe torche, et pointa la lumière devant lui. La nuit était finalement tombée, plus rapidement qu’il ne l’aurait voulu, et les recherches allaient devenir compliquées.
Tout autour de lui, les autres sources de lumière des policiers s’allumaient les unes après les autres. Il était ainsi sûr qu’aucun de ses effectifs ne se contentait d’une simple balade de santé.

« Si cela ne donne rien… Planifia McGregor, demain on élargira le périmètre tout en refaisant cette zone. »

Sans savoir ce qu’il cherchait, ni même s'il y avait quelque chose à trouver, il avançait lentement. Scrutant les moindres centimètres carrés, espérant trouver quelque chose. Au loin, il voyait toujours les différentes lumières, émises par ses collègues. Personne n’appelait, donc aucune trouvaille n’avait été faite. Il laissa échapper un profond soupir.
Une demi-heure passa, durant laquelle les recherches n’arrêtèrent pas.
Les deux effectifs qui étaient restés avec le jeune homme, avaient émis un message radio pour signaler qu’ils partaient avec l’ambulance. Depuis, silence total.
Il se trouvait à présent dans une zone dense en arbre, lorsqu’il baissa finalement les bras.

« Y-a-t-il vraiment quelque chose à chercher ? Se questionna-t-il. Ou alors, est-ce moi qui veux absolument trouver un « indice » ?

Soupirant une nouvelle fois, il prit sa radio pour demander l’arrêt des recherches, et même annuler celles du lendemain, lorsque son attention fut attirée. À quelques mètres sur sa gauche, un arbre semblait s’être écroulé. Or, aucun vent violent n’avait été annoncé ces derniers jours, et tous ses congénères autour de lui n’avaient visiblement souffert du moindre dégât.
Pointant sa lumière dessus, il s’en approcha pour remarquer qu’il n’avait pas été déraciné. Ce qui excluait quasiment toutes les hypothèses naturelles. Le vieux commandant s’accroupit et il l’examina de plus près. Un important morceau d’écorce avait été arraché. Juste à côté, de nombreuses traces de coups étaient dessinées sur le tronc. Il passa sa main dessus tout en réfléchissant.

« Quelqu’un s’est défoulé sur cet arbre… Constata-t-il. Et fut assez fort pour le briser… »

Aussitôt, il pensa à Julien, sautant par une fenêtre pour atterrir plus loin, indemne. Sa vitesse de pointe durant la course poursuite, et le coup qu’il lui avait mis. Certes, cela ne l’avait pas plus ébranlé que ça, mais la force y était… Avec tout ce qu’il s’était passé, il n’avait pas pris le temps d’y penser. La journée avait été chargée.

« Serait-il possible que… » Pensa-t-il tout en se grattant le menton.

Il fronça les yeux, alors que les hypothèses se bousculaient dans sa tête, dont certaines, qu’il aurait mieux aimé ne pas envisager. Mais les faits étaient là.
Au même moment sa radio se mit à transmettre, ce qui lui provoqua un très léger sursaut.

« Commandant, vous nous avez demandé de vous prévenir de toute chose bizarre… Vous devriez venir voir, même si cela nous semble vraiment insignifiant…
- J’arrive. »

Une balise de localisation se déclencha, afin de guider le vieux policier. Il se dit à ce moment qu’il avait bien fait de ne pas stopper les recherches. Tout en se relevant, il mit la main dans l’une de ses poches, et en ressortit un téléphone portable. Il prit plusieurs photos de l’arbre avant de le ranger, et de partir en direction de ses collègues.
Cinq minutes plus tard, il arriva dans une zone complètement dégagée, où une légère brise nocturne soufflait. Plusieurs degrés avaient été perdus depuis le coucher de soleil, et ils se ressentaient bien.
Deux policiers se trouvaient à une vingtaine de mètres devant lui. La balise se coupa. Il ne lui fallut que quelques secondes pour arriver à leur niveau.

« Je vous écoute, messieurs. »

Les deux jeunes se regardèrent, presque inquiets. Ils avaient peur d’avoir fait déplacer leur commandant pour rien. Ce qu’ils pensèrent vraiment. L’un d’eux désigna le sol.

« De l’herbe a été noircie ici. Brûlée. Mais d’une façon spéciale, on dirait que cela a été fait autour d’une chaussure… Cela en a la forme en tout cas… »

McGregor se pencha pour mieux voir grâce aux lumières des lampes. En effet, l’herbe était aplatie à deux endroits très proches, et tout le contour était brûlé. Quelqu’un devait se trouver debout à cet endroit, et il y a très peu de temps. En temps normal, ce genre de détail n’aurait même pas été repéré, et totalement inutile. Hors à ce moment précis, cela avait peut-être toute son importance. Les deux collègues du commandant furent d’ailleurs très surpris de le voir s’attarder sur ce genre de chose aussi longtemps, et encore plus lorsqu’il sortit son téléphone pour prendre quelques photos. Il se releva sans le ranger.

« C’est du bon travail messieurs. Vous pouvez disposer, et continuer les recherches. Nous n’allons pas tarder à stopper pour ce soir, d’ici une trentaine de minutes. Nous reprendrons demain à la lumière du soleil. Il faudra donc faire fermer le parc avant de partir.
- Bien compris, mon commandant ! »

Ils s’éloignèrent dans la seconde, tout en restant perplexe avec ce qui venait de se passer. Une fois assez loin, ils chuchotèrent entre eux.

« Sérieusement, qu’est-ce qu’on cherche là ? Quel rapport avec le mec qu’on a trouvé en arrivant ?
- Je n’en sais rien… Tu crois qu’il faudra aussi le prévenir si on trouve un scarabée retourné, ou une mouche qui pète de travers ? »

Ils étouffèrent un petit rire, et repartirent dans le parc, chercher… quelque chose.
Pendant ce temps, McGregor les regarda partir, et attendit qu’ils soient hors de vue pour composer un numéro. Il s’assura une dernière fois qu’il n’y avait personne autour de lui, alors qu’il colla son portable à son oreille. Plusieurs secondes s’écoulèrent avant que quelqu’un ne lui réponde.

« Ici McGregor. Je crois que ce que nous redoutions est en train d’arriver. »


Illustration © Steelsoul
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Dernière édition par Firemagma le Jeu 2 Juil - 19:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Mer 10 Juin - 17:12

8 ) Un pas vers la puissance :

         Julien et Aquice marchaient côte à côte. Sur leur droite se trouvait l’océan à perte de vue, bordée par une plage, alors qu’à gauche une immense forêt dense et humide se dressait. L’élément qui poussait le contraste de ce paysage à son paroxysme, était l’imposant volcan qui défiait l’horizon. De légères coulées de lave dégoulinaient de sa gueule béante. Plus ils s’en approchaient, plus la température augmentait. Tous les deux avaient commencé à transpirer à grosses gouttes.
Cela faisait une semaine qu’ils avaient quitté Odri, la ville natale de Julien. Ce dernier possédait plusieurs marques de coups au visage, qui s’expliquaient par les quelques séances d’entraînements qu’il avait subies. En effet, durant les jours passés, il y avait eu quatre soirs où le démon manipulateur d’eau l’obligea à se battre avec lui. Ce dernier n’avait aucune pitié, et ne retenait pas ses coups ; le but étant de l’aider à trouver son élément, et réussir à canaliser ses nouvelles forces. Sur ce point il avait fait quelques progrès, mais pour son essence de démon… il était resté au niveau zéro. Aquice avait même commencé à avancer l’idée qu’il n’avait peut-être aucun pouvoir spécial. Julien sortait déjà plus qu’énervé de chacune de ces confrontations où il mordait la poussière, mais lorsqu’il avait entendu cette hypothèse, c’était encore pire. Il voulait de la puissance, il en avait besoin, et il ne parvenait pas à l’obtenir.
Le volcan semblait ne pas vouloir se rapprocher. Plus ils marchaient, plus ils avaient l’impression de s’en éloigner, ceci dû à sa taille particulièrement grande. D’après l’histoire, il était à la base une montagne tout ce qu’il y avait de plus simple, mais suite à la grande guerre, elle avait été partiellement détruite, et de la lave en était sortie, bien que personne n'ai vraiment compris comment. Il était devenu le plus grand volcan de la planète, et surtout le dernier. Mais aucun nom ne lui avait été attribué. Comme si on voulait effacer le passé, et ne pas le nommer. La forêt avait été bien défrichée autour de lui, pour éviter tout risque d’incendie géant.

« Bon, on va aller jusqu’où comme ça ?
- Jusqu’au volcan.
- Comme s'il pouvait y avoir une arme là-ded… »

Julien se stoppa, se heurtant à quelque chose devant lui. Seulement, il n’y avait rien. Aquice passa pourtant sans rencontrer le moindre obstacle.

« Qu’est-ce que… ? »

Julien posa sa main devant lui sous le regard interrogateur de son équipier. Il força légèrement, mais il lui était devenu impossible d’aller plus loin.

« Qu’est-ce qui t’arrive encore ? Demanda le démon aux cheveux bleus.
- Je ne sais pas, il y a quelque chose d’invisible qui me bloque ! »

Le manipulateur d’eau passa sa main devant Julien, rien ne le retint. Alors il l’attrapa pour le tirer vers lui, mais en fut totalement incapable. Malgré sa surprise, une solution s’imposa d’elle-même.

« Je pense qu’il va falloir que tu m’attendes là, commença Aquice. Je dois être le seul autorisé à passer.
- J’ai pas vraiment le choix ! »

Le jeune démon frappa de rage dans un petit caillou au sol, alors que son équipier lui tourna le dos, et reprit sa marche. Impassible.

« Fais pas de bêtises en attendant, Nourrisson. »

Un nouveau regard mauvais fut lancé. Aquice avait définitivement adopté ce surnom pour lui, et il était incapable de l’accepter en retour. Il attendit qu’il s’éloigne pour marmonner.

« J’espère que tu te brûleras la tronche dans le volcan… ! »

Une fois son compagnon complètement disparu à l’horizon, le jeune démon tourna en rond un moment. Durant une vingtaine de minutes il tenta de trouver ses pouvoirs, encore, criant des absurdités, et faisant des gestes improbables. Sans succès. Il était surtout content que personne ne le voit, ou ne l’entende. Par la suite, il s’assit sur une souche d’arbre non loin de lui. Il rumina sa colère alors que les minutes défilaient, jusqu'à devenir une heure.

« Bordel, il est tombé dans la lave ou quoi ? »

Alors qu’il fermait les yeux, et laissa s’échapper un profond soupir, encore, une chose arriva. Juste au moment où il avait baissé sa garde.
Un rayon de lumière pourfendit le ciel, frappant le sol juste devant lui. À la même seconde, quelque chose en jaillit et le frappa violemment, sans lui laisser le temps de réagir. Projeté en arrière, il roula plusieurs fois sur lui-même, avant de se stopper en percutant un arbre.
Tandis qu'il essayait de se relever, tout tourna autour de lui, mais il devait comprendre ce qui venait de lui arriver. Un léger filet de sang coula du coin de sa bouche alors qu’il leva la tête. Au même moment, des ailes blanches apparurent devant lui, soufflant dans ses cheveux. Ses nouveaux réflexes lui permirent d’esquiver le nouveau poing qui lui était destiné, qui s’encastra dans l’arbre. Roulant sur lui, il se releva à moitié, le temps de récupérer son équilibre, et voir ce qui l’attaquait.
Cela n’avait pas de visage, mais un masque noir à la place. Le corps recouvert d’un tissu vert, zébré de traits noirs et rouges. Ses muscles moulés ressortaient assez bien. Cela dégagea son poing de l’écorce, refaisant face à Julien, tout en déployant ses plumes blanches dans son dos. Il était assez mince, mais visiblement rapide, et fort. Bien qu’assez raide, presque comme une marionnette.

« Un ange… ! » Grogna le jeune démon.

Son rythme cardiaque accéléra. Il serra les poings et les dents. Une incroyable excitation monta en lui. C’était le début de sa vengeance.

« Vous êtes des lâches jusque dans vos attaques ! »

L’être ailé ne répondit pas, et fonça une nouvelle fois sur lui. Julien esquiva un coup de poing, mais reçut le coude en plein visage, bloqua un coup de tibia circulaire, tout en ressentant une petite douleur. Le coup avait été rapide, et puissant. Sans le moindre temps mort, l’ange continua d’attaquer le jeune démon, sans même lui laisser le temps de riposter. Il n’avait toujours pas décroché un mot. Il n’était là que pour une chose. Le tuer.
La surprise passée, lassé d’encaisser et de devoir reculer, Julien décida de contre-attaquer. Il était inconcevable qu’il perde ce combat. Ni aucun autre. L’ange ne voulait lui laisser aucune chance d’attaque, il allait donc se l’accorder, seul.
Alors que l’ange tenta un nouveau coup de tibia, que Julien réussit à anticiper, il leva légèrement le bras, recevant toute la puissance du choc dans les côtes, lui arrachant une grimace. Mais bloqua la jambe avec une clé de bras. Le jeune démon avait rapidement compris que la rapidité de son adversaire faisait sa force. Il allait donc régler ce souci. Avant que son adversaire ne puisse réagir, il concentra ses forces dans son second bras, et l’abattit comme un marteau sur son genou. Excepté le son d’un os qui se brise, le silence régnait. L’ange ne cria pas, ne grogna pas, ne bougea même pas. Il ne semblait que le regarder. Ce moment suffit à déconcentrer le jeune démon qui relâcha sa prise sans s’en rendre compte. Son adversaire s’éleva légèrement au même moment, et avec une rapidité encore supérieure, sa deuxième jambe fila à la rencontre de la tempe de Julien. Le choc était violent, et le fit passer par-dessus la partie du corps adverse qu’il tenait avant de le sécher au sol. Un bourdonnement lui envahit le crâne alors qu’il roulait sur le dos. Son ennemi flottait au-dessus de lui, tandis que du sang gouttait de sa jambe droite.

« Comment peut-il ne rien ressentir ? Songea-t-il. C’est impossible… »

Il se faisait dominer, il le sentait et le savait. Et cela ne lui plaisait pas du tout. C’était d’ailleurs la colère qui grimpait en lui qui lui donna la force, malgré son étourdissement, de bloquer le coup suivant. Attrapant fermement son bras, il le tira au sol à côté de lui, avant de le surmonter à son tour, à califourchon. Joignant les deux mains en un gros poing, il le frappa de toutes ses forces au visage. Les séparant, il lui mit une droite, et une gauche à la chaîne, avant de lui hurler dessus.

« Alors ?! T’as mal là ?! »

À cet instant, un flash lui brouilla l’esprit. Il se revoyait enchaîné en enfer, et son bourreau graisseux le fouettant sans cesse, dans l’espoir de le faire hurler. L’ange à terre, toujours sans  prononcer la moindre parole, frappa Julien d’un uppercut, avant de le repousser grâce à sa jambe valide. Ce dernier arriva sur la plage tout en se rattrapant. Il serra ses poings sur le sable.

« Il est hors de question que je devienne comme ce gros porc ! Siffla-t-il entre ses dents. Ni que je perde ce combat ! »

Ses yeux rubis se mirent à briller, et il s’élança en avant. Et bien qu’il ne s’en soit pas rendu compte, lorsqu’il lâcha le sable, ce dernier avait noirci dans ses paumes.
Arrivant à hauteur de son adversaire, il planta son genou dans son ventre, le pliant en deux. Joignant à nouveau les poings, il frappa son dos ailé. Cependant, son coup finit dans le vide. L’ange avait été tellement rapide qu’il s’était dégagé, et était déjà derrière le jeune démon. Se laissant guider par son instinct nouvellement acquis, il parvint à esquiver trois coups, et le frappa d’un coup de poing sur le thorax, manquant de le mettre au sol.
D’un battement d’ailes, il se retrouva au-dessus de Julien, l’attrapa par son T-shirt, et lui fit faire un cent quatre-vingt degrés avant de le projeter au sol sur la nuque. L’ange le saisit par la cheville, et le jeta en l’air dans les branches. Ces dernières étaient légions, et pointues, lui lacérant ses vêtements, bras et joues.
Dépassant la cime des arbres, l’être ailé le rejoint et tenta un nouvel assaut. Julien parvint à le parer, mais sentit son cou émettre un lourd craquement, lui arrachant une grimace. Son poing droit partit cette fois dans les côtes de l’ange, alors qu’ils commençaient à tomber. Deux autres assauts plus tard, son ennemi reprit l’offensive. Lui assénant trois coups, il termina en faisant une rotation de sa jambe valide, lui fouettant le visage. Propulsé au sol, il s’écrasa sur le dos dans le sable, à moitié enterré.
Alors qu’il n’avait dégagé qu’un bras, l’ange lui tomba dessus, plantant son genou dans son abdomen. Julien se redressa d’un coup, crachant du sang. Serrant des dents, et le regard mauvais, il lui mit un violent coup de tête afin de le repousser. Le jeune démon se releva d’un bond malgré la douleur, et envoya son poing que l’ange esquiva, contre attaquant d’un violent coup au ventre, encore. Entamant un rapide combat au corps à corps, Julien frappait deux fois, pour en parer autant, et recevoir le double. L’ange le gagnait sur l’endurance, et le faisait reculer. Jusqu’à un ultime coup. S’élevant dans les airs, le genou de l’être ailé vint percuter le menton du jeune démon. La violence du coup le souleva légèrement, le laissant tomber dans l’eau salée quelques mètres plus loin.
Les bras en croix, flottant, il regarda le ciel, encore à moitié étourdi. Du sang s’échappa de ses quelques blessures, se diluant quasiment instantanément. L’ange s’approchait doucement de lui, survolant la mer.

« Suis-je vraiment… Si faible ? » Pensa-t-il.

La voix d’Aquice résonna dans sa tête. Il l’appelait encore « Nourrisson », et à plusieurs reprises. Aussitôt il serra les poings et les dents.

« Non ! Continua-t-il. Je refuse que cela se passe ainsi ! »

Alors que sa chaîne flotta à côté de son visage, toujours attachée à son cou, il repensa à sa mère et son père, leur mort dans cet accident. Ses yeux se mirent à briller d’une intensité nouvelle. Ils crépitaient.

« J’ai une vengeance à prendre ! »

Julien se revoyait au tribunal céleste. Jugé, et condamné injustement.
La température de son corps se mis à grimper. De petites bulles l’entouraient. Chose que l’ange remarqua aussitôt, faisant un léger sursaut.

« J’ai des choses à prouver ! A montrer ! »

Il revoyait Aquice lui attribuer son surnom dégradant. Le battre. Utiliser son propre élément. La colère l’envahissait de plus en plus. L’eau entra en ébullition autour de lui, s’évaporant. La simple pensée d’être vaincu et tué par un ange, ceux qu’il tenait pour responsable de ses malheurs, décupla sa rage. Son adversaire qui vit tous ces phénomènes, chargea pour mettre fin à ce combat, définitivement.

« Je refuse cette défaite !! » Cria-t-il.

Alors qu’il hurla, des flammes jaillirent de son corps comme une tornade. L’eau autour de lui s’écarta, s’évaporant en une vapeur brûlante, le laissant remettre les pieds au sol. L’ange se stoppa aussitôt dans sa course. Le jaugeant. En l’espace d’une seconde, Julien s’élança, et donna une violente droite à son adversaire. Son visage était déformé par la fureur. Alors que l’attraction terrestre recommençait à faire effet sur son corps, il dirigea la paume de sa main vers l’ange. Un rayon de feu en sortit, fonçant droit vers lui. D’un battement d’ailes il s’écarta de la trajectoire brûlante, mais son aile gauche fut touchée, et plusieurs plumes brûlèrent, partant en fumée.
Commençant à aller vers le sol à son tour, l'ange se laissa surprendre par le jeune démon qui arriva au-dessus de lui, les deux mains jointes, et le frappa à la base du crâne, l’envoyant droit sur le sable.
Atterrissant à son tour, un genou à terre, Julien vit l’ange se relever sans le moindre effort, se tenant juste sur une jambe. Cela l’enrageait encore plus, intensifiant le crépitement de ses yeux rubis. Ces derniers semblaient être devenus des boules de feu dans son regard.

« Il faut que je t’arrache tes quatre membres pour que tu restes à terre ?! »

C’est à ce moment qu’un détail le frappa. Il ne l’avait pas vu jusqu’à maintenant, mais à présent il le voyait comme le nez au milieu de la figure. Le sang qui coulait de sa jambe, mais aussi de sa tête depuis quelques secondes, possédait deux couches superposées. L’une rouge, normale, l’autre orangée. Comme de l’huile. Son cerveau entra en ébullition, tentant de comprendre ce phénomène. Il fit rapidement un rapprochement avec cette faculté à ne pas ressentir la douleur.

« Vous n’êtes que des machines… De stupides machines ! »

Julien serra les dents à se les briser, et ferma les poings. Tout son être se mit à trembler. Puis un large sourire s’afficha sur son visage. Plusieurs gerbes de feu sortirent de son corps. Certaines s’évaporèrent quasiment instantanément, d’autres s’écrasèrent sur le sable en une mini-explosion.

« C’est pas si mal finalement. Dit-il tout en levant ses avant-bras perpendiculairement à son corps. Je vais pouvoir tester ces pouvoirs que je viens d’obtenir sans modération ! » Jubila-t-il.

Un courant d’air chaud s’échappa de son corps alors qu’il fléchissait les jambes. Avec une rapidité qui lui était jusqu’ici inconnue, il s’élança vers son adversaire, qui s’éleva légèrement dans les airs pour ne pas perdre de la mobilité à cause de sa jambe blessée. Plusieurs coups s’échangèrent, mais tous étaient bloqués dans les deux camps. Cependant, l’ange reculait sous chaque assaut. Les attaques du jeune démon étaient devenues plus brutales, et précises. Et il conservait son sourire, presque sadique, durant tout l’échange.
L’être ailé finit par bloquer un poing de Julien en l’attrapant par le poignet, et stoppa le second dans sa paume. Étant dans une position supérieure à celle de son adversaire, il voulut entamer un rapport de force, sûr de gagner. C’est à ce moment que la main du blondinet démoniaque s’ouvrit. Rougissant légèrement, elle laissa s’échapper un grand rayon de feu qui enveloppa la tête de l’ange. Ce dernier lâcha prise, reculant tout en se tenant le visage. Julien arriva rapidement devant l’ange, lui plaçant un uppercut dans le ventre, et un coup de coude dans la nuque pour le plaquer au sol. Un craquement d’os se fit entendre pendant le premier coup, à l’instar de la jambe lorsqu’elle se brisa.

« Il y a quand même des parties « humaines » chez eux… »

Regardant sa propre main, il l’ouvrit et la ferma plusieurs fois. Intrigué.

« Il me faut donc un petit moment avant que mon pouvoir ne se manifeste… »

L’ange se releva d’un bond, et envoya un coup de pied circulaire, que le jeune démon bloqua avec son avant-bras.

« Tu as mis plus de temps à te relever cette fois. J’ai eu peur d’avoir frappé trop fort. » Dit-il en souriant.

Une fois de plus, n’écoutant que son nouvel instinct, il esquiva, para et frappa. Concentrant ses forces dans sa main droite, il la plaqua sur le torse de son adversaire pour une nouvelle décharge brûlante. Esquivant, les flammes allèrent droit sur la forêt. Les arbres s’embrasèrent les uns après les autres. Profitant d’un petit moment d’inattention, l’ange donna plusieurs coups à Julien, qui ne réussit pas à riposter. Il finit par se dégager en faisant un bond immense d’une dizaine de mètres. Ses mains rayonnantes, il lança plusieurs jets de flammes vers son adversaire. Les attaques étaient devenues maladroites, et aucune ne toucha la cible. En revanche, de nombreux foyers de feu, et incendies se déclarèrent.
Redescendant sur la plage, il vit l’ange piquer vers lui. Regardant autour de lui pour trouver une solution, il pensa à Aquice, qui avait matérialisé des anneaux d’eau, et les avait contrôlés.

« Pourquoi pas moi ? »

Il fixa une flamme, et en se concentrant légèrement, il réussit à l’élever pour aller sur son adversaire. Ce dernier pris de cours, esquiva au dernier moment, et y laissa de nouveau quelques plumes. Content de son nouvel exploit, il le réitéra, avec tous les mini-incendies qu’il avait créés sur la plage.
L’être ailé, qui s’y attendait à présent, se faufila entre tous les geysers brûlants, se rapprochant dangereusement. Julien quant à lui avait quelques gouttes de transpiration qui coulaient le long de son visage. La fatigue le gagnait. Mais sa rage de vaincre était plus forte. Se concentrant davantage, il focalisa son esprit sur la forêt en feu derrière lui. Les secondes défilèrent. Son nez se mit à saigner sous l’effort. Puis tout en poussant un hurlement, les flammes s’élevèrent d’un bloc. L’ange, incapable de réagir, se retrouva avalé par le raz-de-marée incandescent, disparaissant du champ de vision du jeune démon.
Julien tomba à genoux. Sa respiration était devenue très irrégulière, par grands à-coups. Il n’arrivait plus à reprendre son souffle. Son nez saignait de plus belle. Il serra le sable dans ses mains pour tenter de se calmer, alors que son visage dégoulinait de sueur.
À côté de lui, l’ange revint au sol, sur ses deux jambes, raide comme un piquet. Ses ailes étaient parties en fumée. Son corps noirci, rongé, l’on pouvait même voir ses os et de l’acier à certains endroits.
Le cœur du jeune démon accéléra encore plus, jusqu’au moment où son adversaire s’écroula comme une masse. Inerte.
Même s’il n’arrivait toujours pas à respirer normalement, il se mit à sourire, et rire, déclenchant une toux par la même occasion.
Il exulta de sa victoire.

***
**
*

         Le soleil avait commencé à décliner lorsqu’Aquice se trouvait sur le chemin du retour. Quand il vit les flammes au loin, il pressa le pas. Plusieurs blessures étaient visibles sur son corps, et il tenait une dague à la main. Cette dernière avait la lame dentelée vers l’arrière des deux côtés, comme des dents de requin. Le manche était d’un acier aux reflets bleus, légèrement courbé, et recouvert de quelques symboles.
Arrivé à son point de séparation avec Julien, il le trouva assied sur un corps, mais blessé. Derrière lui, la forêt était en flammes. Le jeune démon constata à son tour les blessures de son équipier, mais aussi l’arme qu’il avait à la main.

« Qu’est-ce qui s’est passé ici ? »

Julien afficha un sourire, puis il se leva. Il ne pouvait pas résister à la tentation d’expliquer les événements.

« Cette saleté d’ange m’a attaqué, déclara-t-il tout en mettant un coup de pied dedans. Je lui ai donc réglé son compte.
- Et ça c’est quoi ? Demanda-t-il  désignant les flammes.
- Ça ? C’est ça. »

Une boule de feu se matérialisa dans la paume du jeune démon, conservant son sourire. Cela lui avait demandé un effort étant donné son épuisement, mais il fit tout pour le masquer.

« J’ai trouvé mon élément. Et je le maîtrise.
- Tu t’es surtout épuisé visiblement. À constater tes cernes. »

Il perdit aussitôt son sourire.

« Et ce que tu as combattu, ce n’est pas un ange. Mais un angeroïde.
- Un quoi ?
- Un angeroïde. Ce sont des créatures mi-ange, mi-robot. L’infanterie du royaume du haut. Leurs soldats les plus faibles. De la chair à canon presque. J’aurais dû t’en parler plus tôt. »

Le cœur de Julien manqua un battement alors qu’il serrait ses poings. Cependant, malgré cette nouvelle, il semblait plus excité et impatient. Aquice se rapprocha, et lui mit une main sur l’épaule.

« J’ai arraché la vie d’un ange pour cette arme. Un vrai. C’est autre chose. Cela dit… Pour un Nourrisson, tu t’es bien débrouillé. Bravo Julien. »

Ce dernier le regarda droit dans ses yeux violets, retrouvant un sourire. Ses iris rubis brillèrent légèrement.

« Julien est mort. Dorénavant, je suis Firemagma ! »

Aquice le regarda, affichant un large sourire à son tour.


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Mer 17 Juin - 17:57

9) Le troisième camp :

         Un crayon de papier cognait contre une feuille, qui demeurait blanche. Un homme d’un certain âge regardait Océanne au travers de ses lunettes aux verres épais. La jeune femme était assise sur une chaise, les genoux repliés sous son menton. Depuis quelques jours déjà, elle avait un rendez-vous quotidien, et surtout obligatoire chez un psychologue. Après que McGregor l’eut sauvée de sa tentative de suicide, ce dernier avait recommandé ces entretiens, conscient qu’elle avait traversé des épreuves qui l’avaient fragilisée émotionnellement.
Le vieil homme ne parvenait pourtant pas à en tirer la moindre chose. Elle s’était terrée dans un mutisme sans fin.

« Océanne tu sais… En général les patients ne sont pas obligés de parler. Et je ne romprais pas cette règle. Cependant… Les séances ne finiront jamais à ce rythme. »

La jeune rouquine serra encore plus fort ses genoux contre elle à l’aide de ses bras. Elle n’appréciait pas tellement qu’il l’appelle par son prénom à vrai dire. Elle n’avait jamais vraiment aimé les psychologues, mais celui-là c’était encore pire. On l’avait envoyée ici parce qu’on doutait de ses paroles. Mais elle avait bien vu Julien mourir, pourtant il l’avait sauvée. Elle n’était pas folle. Bon elle avait aussi accessoirement tenté de passer sous une camionnette, mais ce n’était qu’un détail pour elle. Tout ce qu’elle savait, c’est que même si elle avait eu envie de tout raconter, il ne la croirait pas plus, donc autant rester dans son silence.
Les secondes et minutes défilèrent ainsi. Rapidement, l’heure du rendez-vous se termina, et Océanne quitta le cabinet, toujours sans lâcher un mot.

« À demain, Océanne. »

À la seconde même où elle sortit, elle sursauta devant la carrure imposante du commandant de police qui l’attendait. Ce dernier était appuyé contre le mur, à l’opposé de la porte, les bras croisés sur le torse. La jeune femme ferma la porte avant de prendre la parole.

« Vous espionnez mes rendez-vous avec mon psy maintenant ?
- En aucun cas. Je n’ai pas écouté le moindre mot qui a pu s’être échangé dans cette pièce. Tout ceci relève du secret médical. »

Océanne le regarda en coin pour le jauger. C’était certes lui qui l’avait sauvée, mais aussi qui l’avait mise dans cette situation de rendez-vous, pour éviter qu’elle ne retente de se suicider. Sachant qu’elle n’avait aucunement l’intention de le refaire, et s’en voulait même. Elle ne savait pas vraiment encore si elle devait lui en vouloir ou le remercier. Elle s’attrapa le bras gauche avec sa main droite avant de s’avancer légèrement.

« Dans ce cas que faites-vous ici ? Je ne pense pas avoir fait quelque chose de mal. »

McGregor se redressa en poussant un léger soupir, et regarda la jeune femme de toute sa hauteur. Son regard avait quelque chose de compatissant. Comme s'il regrettait déjà ce qu’il s’apprêtait à lui dire.

« Je sais que tout ceci est difficile pour vous. Mais je voudrais vous parler de Julien. J’aimerais connaître tout ce que vous savez à son sujet. Vous semblez le connaître depuis longtemps, donc cela pourrait m’aider à terminer plus vite mon enquête. »

Océanne ouvrit de grands yeux tout en serrant plus fort son bras, et baissa la tête. Elle tourna les talons et commença à s’éloigner du vieux policier. Ce dernier la suivit en se mettant à son rythme.

« Je suis désolé pour cela, vraiment. Mais il faut comprendre que nous devons le retrouver rapidement afin de mettre tout cela au clair. Il est dans de sales draps, je l’admets. Mais je suis inquiet pour vous. Vous étiez très proche de cette histoire, et il pourrait s’en prendre à vous. »

McGregor avait parlé avec la plus grande sincérité. Il se faisait du souci pour la jeune femme, surtout avec ce qu’il redoutait au vu de ses récentes trouvailles. Ses paroles semblèrent toucher la petite rouquine qui s’arrêta. Elle mit un certain temps avant de répondre, réfléchissant à ce qu’elle venait d’entendre.

« Vous vous inquiétez pour moi, par rapport à Julien… ? C’est gentil, mais inutile. S’il avait voulu me faire du mal, il a eu plusieurs occasions de le faire… lança la jeune femme, avant de tourner la tête vers McGregor. Donc je ne vous dirai rien sur lui. Désolée. »

Océanne reprit son chemin, s’éloignant du commandant qui ne la suivit pas cette fois. Il aurait pu, s’il en avait eu envie, l’arrêter pour obstruction à enquête, et non révélation d’informations capitales. Mais il ne le fit pas. L’idée ne lui traversa même pas l’esprit. Il avait une réelle empathie pour cette jeune femme, et par conséquent il n’avait aucune envie de lui rajouter un souci supplémentaire. Elle avait déjà fort à faire pour se reconstruire. Il le savait.
Il se contenta de tourner les talons à son tour, et prit une sortie différente. Il se débrouillerait donc sans son aide.

***
**
*

         McGregor retourna à son commissariat une demi-heure plus tard. Un de ses collègues moins gradé l’attendait à l’extérieur dans une voiture de police, et l’avait reconduit. Durant tout le trajet il avait eu le temps de réfléchir à tout cela. Il devait trouver une solution, et rapidement. Quelque chose semblait se préparer, et ses contacts à qui il avait envoyé des photos ne lui avaient toujours pas répondu. Océanne ne l’aiderait pas, elle semblait fidèle à Julien pour une raison qu’il ignorait, surtout que ce dernier paraissait ne même pas la considérer comme une amie.

« Peut-être sa mère adoptive pourrait nous aider ? Songea-t-il. Ou bien le centre qui l’avait recueilli après l’accident de ses parents ? »

Il se gratta la moustache sur le chemin de son bureau, il écarta rapidement ces possibilités pour son enquête.

« Non. Sa mère d’adoption était complètement dépassée par Julien, il n’a même pas fait de détour pour la voir après sa disparition… Quant au centre, ils ne l’ont pas gardé assez longtemps. Il faut trouver autre chose. »

McGregor ouvrit la porte de son bureau, plongé dans le noir, et alluma la lumière tout en refermant. Quatre hommes lui firent face. Tous en tenues militaire, très décorés et d’un certain âge. Cependant, ce qui frappait le plus, était la différence de gabarit entre eux, et le commandant de police. Alors que ce dernier était resté bien bâti, et en forme physique, eux qui semblaient être du même âge que lui, paraissaient s’écrouler petit à petit sous le poids des années.
Le vieux policier les regarda d’un air sévère, mais ne semblait en aucun cas surpris de les trouver là. Presque comme s'il s’y attendait.

« Je ne pensais pas trouver immédiatement les quatre généraux dans mon bureau... lança soudainement McGregor. Vous avez vieilli mes amis. »

Deux des hommes toussèrent légèrement, alors que les deux autres affichèrent un petit sourire. L’un d’eux, petit et un peu rond, assis sur une chaise, prit la parole au nom des autres.

« Tu n’as pas changé McGregor. Nous n’avons hélas pas ta chance et ta forme physique pour nous entretenir.
- Je ne suis pas sûr que l’on puisse parler de chance dans mon cas…
- Certes. Mais si nous sommes tous ici, c’est bien parce que nous sommes amis, et donc que nous avons pris ton appel très au sérieux. »

Doucement, le petit et vieil homme se leva pour se placer aux côtés de ses trois compagnons.

« Tu penses donc qu’ils sont à nouveau sur le point de s’affronter. Explique-nous davantage. »

McGregor se dirigea jusque devant la fenêtre de son bureau, et ferma le store afin que personne ne puisse les voir. Il alla ensuite jusqu’à son bureau, et prit place dans son fauteuil.

« J’ai pu observer des faits ces derniers temps, qui sont certes minces, mais on ne peut plus préoccupants. Pour la simple et bonne raison qu’ils me rappellent la dernière guerre surnaturelle... »

McGregor ouvrit un tiroir de son meuble, et en sortit plusieurs photos qu’il disposa devant les quatre généraux. Une représentait Julien, les deux autres montraient les faits que le commandant de police avait photographiés dans le parc à l’aide de son téléphone portable. Il désigna aussitôt le jeune homme.

« Ce jeune garçon est, selon plusieurs témoignages, mort il y a un peu plus d’une semaine. Cependant, j’ai été confronté à cette même personne le jour suivant.
- Es-tu sûr qu’il s’agissait bel et bien du même homme ? coupa l’un des généraux, resté silencieux jusque-là.
- Oui. Car il est réapparu à plusieurs reprises.
- Ou bien était-il réellement mort ? questionna-t-il.
- On survit difficilement à l’explosion d’une ambulance, surtout lorsqu’on est à un ou deux mètres de celle-ci. »

Visiblement le militaire ne trouva plus rien à redire. McGregor se caressa la moustache le temps d’organiser la suite de son « exposé » dans sa tête.

« Donc je me suis retrouvé confronté à cette personne, qui semblait posséder une force et rapidité incroyable… Pour son âge. Par la suite, j’ai découvert les éléments que j’ai transmis au quartier général. À savoir le tronc d’arbre abattu à mains nues, et les traces de brûlure… Voilà ce qui me fait penser que l’histoire risque de se répéter. Encore. »

Les généraux qui avaient assimilé toutes les informations reculèrent légèrement, et parlèrent entre eux à voix basse. La discussion s’allongea sur plusieurs minutes, ne parvenant pas à se mettre d’accord. Durant ce laps de temps, le commandant de police avait allumé sa petite télévision, en enlevant toutefois le son pour éviter de les gêner.
S’étant visiblement mis d’accord, ils revinrent ensemble vers leur vieil ami.

« McGregor, nous avons bien réfléchi à ce que tu viens de nous expliquer. Tu connais sûrement bien mieux que nous les facteurs qu’il faut prendre en compte pour prendre une telle décision… commença un premier.
- Les faits que tu nous présentes sont certes préoccupants, mais insuffisants. Nous ne pouvons pas affirmer avec certitude que ces puissances vont de nouveau s’affronter.
- Et pour un problème de cette ampleur, il nous faut du solide. Enfin, plus que cela. Nous ne pouvons lancer notre armée et inquiéter la population qui se posera des questions. »

L’un des quatre généraux, le petit et rond resta cependant en retrait, ne prenant pas la parole. Ce dernier était pour faire confiance à l’instinct de McGregor, mais la majorité l’avait emporté sur le choix opposé.
Le commandant posa ses deux coudes sur la table, et joignit les mains devant sa bouche, le regardant sévèrement. L’un des trois opposants reprit la parole.

« Cela ne fait que quinze ans depuis leur dernier affrontement McGregor. C’est trop tôt. On n’a jamais vu deux guerres en une seule vie, et tu as vécu la tienne.
- Nous pouvons comprendre que tu t’inquiètes d’un nouvel affrontement, mais il n’y a vraiment pas de quoi avoir peur. »

Le regard de McGregor s’assombrit légèrement. Il était sûr de ce qu’il avançait. Au même moment son regard se posa furtivement sur la télévision. Les images retinrent son intention, et il afficha un léger sourire derrière ses mains.
Sans dire un seul mot, il attrapa la télécommande qui se trouvait sur son bureau, et monta le volume audio pour inciter ses invités à regarder.
Une équipe de reporter était visiblement sur place, où se trouvait un immense incendie. Les flammes semblaient destructrices.

« … En effet, comme vous pouvez le voir, l’incendie s’est déclaré sans raison apparente ! Le dernier volcan terrestre qui est à proximité ne s’est même pas réveillé, et un acte criminel est tout à fait à exclure étant donné l’importance des dégâts ! La forêt entière est en proie aux flammes, c’est à n'y rien comprendre ! »

Soudain le journaliste se tut, portant une main à son oreille comme si quelqu’un lui donnait de nouvelles informations.

« On vient de m’informer qu’un autre étrange phénomène climatique vient de se produire ! Dans la région de Shina, de puissantes tornades viennent de se déclarer sans qu’aucun indice n’ait laissé présager leurs venues ! Une ville entière a été rasée alors que… »

McGregor venait de couper le son cette fois, et reporta son attention vers ses camarades. Le message venait de passer avec brio. Les trois généraux qui s’opposaient à cette idée reculèrent légèrement, alors que le quatrième s’avança de nouveau pour prendre la parole.

« McGregor. Je pense qu’il est temps pour vous de reprendre votre véritable uniforme. Je sais que la dernière guerre vous a coûté très gros, peut-être même trop, mais vous vous êtes pourtant brillamment démarqué. Je pense pouvoir parler au nom de tous, en demandant le retour de notre général en chef ! »

Le ton avait immédiatement changé. On pouvait ressentir du respect dans ces dernières paroles. Aussitôt les quatre généraux se mirent au garde-à-vous devant McGregor qui se leva de son fauteuil. Ce dernier afficha de nouveau un léger sourire, mais cette fois presque gêné.

« Repos mes amis, pas de ça entre nous. »

Ces derniers s’exécutèrent aussitôt. Le vieil homme posa ses mains sur le bureau, réfléchissant l’espace de quelques dizaines de secondes. Pesant le pour et le contre, il prit pourtant sa décision très rapidement.

« Vous pouvez tout préparer pour ma venue. Le temps de rassembler mes quelques affaires, et je serai là dans les plus brefs délais. »

Sans le moindre mot, les quatre généraux se remirent au garde à vous, et sortirent de la pièce en file indienne, laissant McGregor seul. Il poussa un long soufflement avant de porter son attention vers sa bibliothèque calée contre le mur. Il s’y dirigea doucement.

« Après quinze ans… Me voilà contraint de retourner sur le champ de bataille… »

Au même rythme que ses pas, le commandant déboutonna entièrement sa chemise.

« … J’avais utilisé la passerelle pour entrer dans la police afin de ne pas rester inactif, et continuer à combattre… »

Arrivant devant le meuble, il retira un livre plutôt épais, et introduisit sa main à la place. Quelques secondes plus tard, un « clic » retentit. La bibliothèque trembla légèrement, et dans un nuage de poussière, elle se décala sur la droite.
McGregor laissa tomber sa chemise dans son dos, dévoilant une musculature imposante, et plus qu’impressionnante pour une personne de son âge. Une cicatrice entourait toute son épaule gauche, et une partie de son torse du même coté.

« … Mais à aucun moment je n’aurais imaginé… Devoir retourner en arrière, et reprendre les armes. »

Entrant dans la pièce, complètement baigné dans la lumière, il passa devant une vitrine où reposait un uniforme militaire de général. Se dirigeant vers le fond de la salle, il arriva devant deux petits objets en forme de demi-cercle. Alors qu'il les empoigna tous les deux, une lame bleue jaillit d’une extrémité de chacune d’elle, avant de re-disparaître aussitôt. Il les rangea dans ses poches.

« Parfait, elles marchent toujours. »

Son attention se dirigea alors vers un énorme bloc noir, entreposé dans un coin. Il l’attrapa à son tour avec sa main gauche, il le souleva jusque devant lui. On pouvait voir aux marques sur le sol que l’objet devait être particulièrement lourd. Immédiatement, des lignes bleues fluo apparurent tout du long, un vrombissement se fît entendre, et un viseur sortit sur le coté.
McGregor le cala sur son épaule, tournant la tête vers son uniforme cette fois-ci.

« La guerre avec les démons peut reprendre. »


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Dernière édition par Firemagma le Jeu 25 Juin - 15:36, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Dim 21 Juin - 18:21

10) L'épreuve du feu :
a. Détermination :

Un rayon de lumière pourfendit le ciel, frappant le sol juste devant Firemagma. A la même seconde, quelque chose en jaillit, et le frappa violemment. Jeté en arrière, il roula plusieurs fois sur lui, avant de se stopper contre un arbre.

« Même si il m’a prit par surprise… » Songea-t-il.

S’élevant dans les airs, le genou de l’être ailé vint percuter le menton du jeune démon. La violence du coup le souleva légèrement, le laissant tomber dans l’eau, quelques mètres plus loin.

« Il parvenait à me dominer… »

Firemagma tomba à genoux. Sa respiration était très irrégulière, par grands à-coups. Il n’arrivait plus à reprendre son souffle. Son nez saignait de plus belle. Il serra le sable dans ses mains pour tenter de se calmer, alors que son visage dégoulinait de sueur.

« J’ai dû utiliser tout mon pouvoir pour le vaincre… »

« Et ce que tu as combattu, ce n’est pas un ange. Mais un angeroïde.
- Un quoi ?
- Un angeroïde. Ce sont des créatures mi-ange, mi-robot. L’infanterie du royaume du haut. Leurs soldats les plus faibles. De la chair à canon presque. J’aurais dû t’en parler plus tôt. »


« Tout ça, pour du menu fretin… lui il en a vaincu un vrai, continua-t-il d’enrager intérieurement. Et il s’en est tiré mieux que moi ! »

Firemagma se sentit soudain faible. Il se savait bien inférieur à son équipier, et il n’aimait pas ça. Vraiment pas. Aquice quant à lui remarqua très clairement le mal-être qu’éprouvait le jeune démon derrière lui, et il en afficha un large sourire satisfait.
Ruminant cette colère durant presque deux jours, il ne vit pas leur chemin vers Mizu se terminer. Le duo s’arrêta au bord d’une immense falaise. La roche descendait sur plusieurs dizaines de mètres avant de plonger dans une mer d’huile qui s’étendait jusqu’à l’horizon. Cette dernière avait une couleur turquoise, mais ne laissait rien paraître de ce qu’elle pouvait cacher.
Il regarda le paysage qui s’offrait à lui, et comme il n’était jamais jusqu’à maintenant sorti de Kazan, il se surprit à penser que c’était particulièrement beau et apaisant. Il en oublia presque ses contrariétés de ces derniers jours. Cependant, il préféra garder ses impressions pour lui-même.
Après avoir fini de contempler ce qui se trouvait sous ses yeux, il se mit à l’observer. Si Aquice l’avait amené ici ce n’était pas sans raison, mais hormis la mer, il ne vit rien qui aurait pu l’intéresser, lui ou la quête qu’ils suivaient. Mais comme si ses pensées avaient été faites à haute voix, son équipier s’avança devant lui.

« Je t’ai conduit ici pour plusieurs raisons. Ton arme se trouve par ici, mais pour y parvenir il va falloir que tu t’entraînes à te protéger de ta faiblesse naturelle.
- De quelle faiblesse tu me parles ? »

Sans lui répondre, il leva la main au-dessus de la falaise. Un petit filet d’eau sortit de l’océan, s’élevant doucement jusqu’à lui. Elle s’agglutina pour former une sphère juste devant Firemagma. Une petite gerbe en jaillit et toucha le visage du démon sur la joue. Aussitôt il eut un grand mouvement de recul, tombant presque à la renverse. Une douleur intense l’envahit, lui donnant l’impression d’être brûlé et rongé. Il retint des cris de douleurs, alors qu'il ressentait presque un crépitement sur sa peau.
Petit à petit le mal cessa, cependant il sentait encore cette partie de son visage chauffer et le démanger. Il leva des yeux sévères vers Aquice, mais il était trop dans l’incompréhension pour réagir à ce qui venait de se passer. Le démon de l’eau le regarda avec des yeux légèrement amusés, et se débarrassa de la sphère, la rendant à la mer.

« Voilà ta faiblesse. Maintenant que tu es officiellement devenu un démon du feu, ton corps entier aura une terrible réaction allergique à l’eau. »

Sans prévenir, il matérialisa avec ses pouvoirs une nouvelle sphère d’eau massive et la projeta entièrement sur Firemagma. Il plaça immédiatement ses bras en croix sur son torse pour se protéger lorsque le liquide s’écrasa sur son corps. Mais aucune douleur ne survint, il était simplement trempé.
Alors qu’il leva un regard stupéfait, Aquice continua son explication comme si rien ne s’était passé.

« Mais uniquement à l’eau dite « pure ». Une eau modifié à l’échelle microscopique par les anges afin d’être nocif aux démons de ton genre. Tout autre liquide ne te fera strictement aucun effet. Par conséquent pour récupérer ton arme, il va falloir surmonter cette faiblesse mortelle.
- Pourquoi, répondit nerveusement le jeune démon.
- Parce qu’elle se trouve là-bas, Nourrisson, lança-il tout en pointant l’horizon. Cachée au fond de l’océan. Il va donc falloir t’entraîner pour pouvoir t’y aventurer. Et donc mieux maîtriser tes petits pouvoirs ! »

La réflexion le piqua au vif et son corps se crispa alors qu'il serrait des poings. Il savait que c’était un autre moyen de lui rappeler sa faiblesse face à l’angeroïde. Même si il savait au plus profond de lui que c’était une réalité, cela l’énervait tout de même à chaque fois qu’il y pensait. De plus face à lui, Aquice n’esquissait pas le moindre geste pour lui donner des informations supplémentaires. Ce dernier attendait que le jeune démon lui demande comment faire pour passer cette nouvelle épreuve, sachant que cela l'énerverait encore plus.
Toujours tendu sous la colère, Firemagma dû céder à ce chantage silencieux, comprenant qu’il n’avait réellement aucune autre option de secours. Il venait juste de débarquer dans ce nouveau monde, et n’était pas encore en état de se débrouiller seul.

« Et comment je dois m’y prendre pour réussir à surmonter ça ?! » Ragea-t-il, mais en se forçant pour ne serait-ce qu’articuler sa phrase.

Un léger sourire en coin s’afficha sur le visage du démon de l’eau, et il se déplaça un peu plus loin de la falaise afin d’avoir de l’espace. Restant droit, il écarta les bras pour faire un petit angle avec le reste de son corps. L’élément dont il avait la maîtrise jaillit de tout son corps, et l’enveloppa seconde après seconde, formant une bulle tout autour de lui. Il continua ainsi son explication.

« Tu dois en faire de même. Te faire une sphère de protection en feu, et percer cette eau qui doit t’être mortelle. Lorsque tu plongeras avec, ta concentration devra être à son paroxysme. Car elle rongera ton bouclier, et tu devras constamment le réparer. Cependant… »

Baissant les bras, la sphère d’eau s’écroulant d’un coup, inondant le sol.

« Avant d’aborder ces détails, il te faut maîtriser cette technique. »

Firemagma qui avait bien observé l’action, se mit en face d’Aquice sans dire un mot, et avec un léger sourire commença à l’imiter sur la posture. Croisant les bras, son professeur improvisé le regarda avec intérêt, curieux de voir si il réussira du premier coup.
Des petites gerbes de feu sortirent de ses mains, et l’entourèrent petit à petit. Cependant, alors qu’il était sûr de lui, il sentit son pouvoir flancher, ayant presque un vertige. Il tenta de rapidement reprendre le contrôle, mais il était trop tard. Tout explosa, le projetant jusqu’au bord de la falaise, où il se rattrapa de justesse d’une main, évitant ainsi de tomber dans la mer.
Des petites lumières blanches lui obscurcissaient la vue, et il mit quelques secondes à comprendre ce qui venait de lui arriver.
Il avait échoué dans sa tentative.
Aquice arriva au-dessus de lui, le visage crispé sous l’envie plus que visible d’éclater de rire.

« Je te l’avais dit. Ta concentration ne doit avoir aucune faille. Sinon c’est l’échec. Ici tu n’es qu’un peu secoué, sous l’eau tu es un démon mort. »

Tout en pestant, Firemagma se remit debout et s’éloigna un peu plus de la falaise. Il était hors de question qu’il échoue une seconde fois.
Une nouvelle fois, il imita la position d'Aquice, et tenta de faire sa sphère de protection. Cette seconde tentative se solda par une nouvelle explosion qui l’envoya une fois de plus rouler sur plusieurs mètres.
Il se relevant une nouvelle fois et reprit sa position pour une troisième tentative. Cette fois il décida de mettre moins de puissance pour éviter l’explosion, cependant la sphère ne se forma pas dans son intégralité, laissant des ouvertures béantes qui ne le protégeaient pas, l’obligeant à recommencer.
Les tentatives du jeune démon se multiplièrent durant toute la journée, et les échecs avaient un taux de réussite égales. À aucun moment il ne réussit à progresser. Suite à son combat contre l’angeroïde, et à cause des explosions dues à ses tentatives ratées, ses vêtements se retrouvèrent dans un état déplorable ; il donnait l’impression de porter les mêmes guenilles depuis plusieurs mois.
Voyant qu’il n’y avait aucun progrès de fait, et que le soleil était presque couché, Aquice le stoppa alors qu’il était sur le point de faire un nouvel essai.

« Je vais y arriver tout seul, c’est bon, explosa-t-il, sans lui laisser le temps de parler.
- Non tu n’y arriveras pas, pas ce soir en tout cas. Nous allons stopper et reprendre demain. Cependant, je pensais que tu aurais réussi cette chose si simple dans la journée… »

Le démon aux yeux rouges qui ne voulait pas s’arrêter, fut une nouvelle fois frappé par la réalité de sa faiblesse. Il vit Aquice s’éloigner sans même lui accorder un regard, et disparut entre les roches pour la soirée entière.
De son côté, Firemagma avait allumé un petit feu avec ses pouvoirs, rassuré d’avoir au moins réussi ça, et s’assit à proximité afin de se reposer et reprendre des forces. Il regardait la flamme consumer les quelques morceaux de bois qu’il avait réussi à trouver, tout en réfléchissant à tous les échecs qu’il avait cumulé durant cette journée. Et il n’avait même pas la force de s’en énerver. Il revoyait encore Aquice le refaire avec une grande facilité devant lui.

« Cela semble pourtant si simple… songea-t-il. Pourquoi n’est-ce pas à ma portée ? »

Un léger désespoir l’envahit, et par réflexe il sortit sa petite chaîne de sous son T-shirt abîmé, et la regarda avec nostalgie. Il voulait tellement se venger de toutes les injustices qu’il avait pu subir à l’époque où il était humain. Son désir était des plus bas instincts, mais cela lui tenait à cœur, de pouvoir enfin remettre les pendules à l’heure.
Rangeant l’unique objet qui le retenait encore à son passé, il observa de nouveau son feu de camp tout en réfléchissant.
Il devait trouver un moyen de réussir.
Les heures défilèrent ainsi, où il resta seul, le regard hypnotisé par la base des flammes. Il trouva cela assez fascinant de voir que cette même base permettait de décupler le reste autour d’elle, produire une telle force et chaleur. Capable de générer une puissance qui pouvait, dans certains cas, faire de véritable ravage.
Alors qu’il l’observa encore longuement, il eut soudain un grand déclic. Presque une révélation, et il se leva d’un bond tout en regardant droit devant lui.

« J’ai trouvé ! »

Son visage pensif, presque déprimé qu’il avait maintenu durant cette nuit, changea brusquement. Retrouvant l’assurance et la détermination qu’il avait eut pendant toutes les épreuves qu’il avait pu traverser ces derniers temps.
Doucement, il fit quelques pas en arrière, contractant tous les muscles de son corps. Il prit de solides appuie sur ses jambes, et se mit à courir en direction du rebord de la falaise. Arrivé juste devant, il s’élança de toutes ses forces, et se retrouva plusieurs mètres au-dessus de l’océan.

« Je n’ai plus le choix maintenant, je dois réussir ! » Pensa-t-il pour se motiver.

Abandonnant la position qu’il avait adopté toute la journée pour imiter Aquice, il fléchit légèrement les jambes, et plia les bras devant lui, mettant les paumes de ses mains l’une en face de l’autre comme si il tenait une balle. Cambrant aussi un peu le dos en avant, il se mit à concentrer toutes ses forces. Il ne fit pas apparaître les flammes depuis ses mains, mais cette fois, tout son corps les expulsa. Tout son être se mit à dégager une impressionnante chaleur au fur et à mesure que son pouvoir l’enveloppa dans une sphère pour le protéger.
Devant lui, il vit l’océan se rapprocher dangereusement, mais il garda son calme, sûr de réussir cette fois.
Alors que les flammes finirent de l’envelopper, la bulle émis une légère lumière, et devint presque transparente, comme si elle s’était transformé en verre rouge. À la seconde même où il finit de se préparer, il plongea, créant un grand remous autour de lui et disparut de la vue de tous.
Pendant ce temps, caché derrière un rocher sur la falaise, Aquice venait d’observer toute la scène. Comme le reste de la nuit. Il l’avait provoqué sciemment, et avait visiblement réussi. Ses yeux violets se mirent à briller de joie, alors qu’un large sourire s’était dessiné sur son visage.
La descente du jeune démon au plus profond de l’océan se poursuivit. Tout son corps était contracté sous l’effort et la concentration. Il sentait que son pouvoir se faisait ronger par l’eau, et qu’il était bel et bien obligé de renforcer sa protection afin de ne pas se retrouver submergé. La dizaine de minute qui s’écoula ainsi, lui parut être une éternité, mais il finit par en sortir.
Sans bien comprendre, sa sphère sortit de l’eau par ce qui semblait être le plafond d’une immense caverne sous-marine. Alors qu’il se trouvait maintenant en chute libre, il pouvait voir ce qui ressemblait à une grande et ancienne ville, mais également déserte à vue d’œil. Cette dernière était construite autour d’un immense temple, entièrement fait de pierre, et orné de motifs et sculptures qui lui étaient totalement inconnus. La bâtisse dominait largement cette ville fantôme.


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Lun 29 Juin - 10:45

10) L'épreuve du feu :
a. Détermination :
b. Sanctuaire meurtrier :

Voyant sa chute s’accélérer, le jeune démon décida d’observer très rapidement cette caverne où il arrivait, et ses conclusions se firent immédiates. Ce temple qui surplombait cette ville fantôme ne pouvait qu’être l’endroit où reposait son arme. Cependant, il tombait presque à l'opposé de sa cible. Quasiment à l’opposé. Il observa sa sphère de protection, qu’il avait maintenu, et réfléchit à toute allure. Une idée germa aussitôt.

« Je n’ai pas le choix, il faut que j’essaye ! » songea-t-il.

Le jeune démon se concentra sur l’arrière de son bouclier. Une appréhension l’envahit à ce moment, c’était tout juste s'il arrivait à maîtriser sa dernière technique, donc la modifier était encore plus incertain. De plus, même si cela rompait sa bulle de feu il ne risquait plus rien, ou pas grand-chose, comme il n'était plus entouré d'eau pure, il voulait juste s’approcher du temple.
Une fois la zone ciblée dans son esprit, il accentua ses pouvoirs dessus. Une importante flamme y apparut et le propulsa en avant. Mais il n’eut pas le temps de se réjouir d’avoir réussi. La poussée était trop importante, et il dépassa largement son objectif. Relâchant la pression à l’arrière, il réitéra l’opération à l’avant, dosant mieux pour arriver plus lentement. Une fois au-dessus de l’entrée, il équilibra les poussées des deux côtés pour se stopper, puis se laissa tomber. À deux mètres du sol il recommença, sous lui cette fois, et se posa doucement.
Une fois à terre, le jeune démon brisa sa concentration, se libérant de sa technique. Il ouvrit de grands yeux en mettant les mains sur les genoux, et laissa s’échapper un profond soupir de soulagement. Il avait pris plusieurs risques, et avait finalement réussi. Il ressentit une certaine fierté ce qu'il venait d'accomplir.
Dans un premier temps il se sentit léger et soulagé, puis une angoisse étrange le prit soudainement sans raison. Aussitôt il regarda autour de lui et comprit pourquoi, inconsciemment, il avait fait en sorte d’arriver devant le temple pour ne pas traverser la caverne à pieds. Elle était particulièrement sombre, avec seulement quelques reflets de l’eau sur les murs. L’atmosphère était humide et froide. Dans ce silence qui semblait venir d’outre-tombe, on entendait uniquement de l’eau goutter un peu partout comme des secondes qui défilaient, et le vent siffler doucement comme une mélodie macabre. Le jeune démon se demanda d’ailleurs d’où pouvait provenir cet air puisqu'il était dans une caverne assez profonde sous l’océan. Tout en regardant vraiment autour de lui, il trouva l’ambiance particulièrement angoissante, et surtout, il eut l’étrange sensation d’être observé. Qu’un regard pesait avec insistance sur lui.

« Je ferais mieux de ne pas trop traîner… Cet endroit est sinistre. »

La boule au ventre, il se retourna vers le temple. Ce dernier, entièrement fait de pierres superposées à l’instar d’une pyramide, semblait très ancien. Beaucoup de mousse était visible dessus, ainsi que quelques longues lianes qui le recouvraient comme des veines. Seule une petite ouverture s’offrait à lui pour y entrer. Il s’y engouffra doucement, se baissant légèrement à cause de la petite taille de cette dernière.

Alors qu’il disparaissait sous la pierre, une ombre survola en cercle le temple, puis disparut aussi vite qu’elle était arrivée, dans un bruit de battement d’aile.

Après avoir traversé un étroit couloir de quelques mètres, il déboucha dans une salle presque aussi petite. Les murs, comme le sol et le plafond, étaient recouverts de poussières et de toiles d’araignée. Un léger frisson parcourut le dos du démon à la vue des toiles inoccupées.

« Heureusement qu’elles sont partit ailleurs ces sales bêtes… » pensa-t-il.

Une phobie qui remontait jusqu’à son enfance, et dont il avait honte, surtout maintenant qu’il était devenu un démon.
Une fois son attention détournée, il se pencha vers le levier juste devant lui. Totalement rouge et orange de rouille et poussiéreux, il semblait à peine tenir debout. Bien qu’il l’ait remarqué depuis son arrivée, il préféra voir ce qu’il y avait autour avant de s’y intéresser. Firemagma mit timidement la main dessus en scrutant les murs, craignant de tomber dans un piège. Puis il tira d’un grand coup sec dessus, se préparant à réagir si besoin.
Rien ne se passa dans un premier temps, puis une légère vibration se fit sentir dans le sol. Ce dernier s’ouvrit d’un coup, comme une trappe, et avala le jeune démon avant de se refermer aussi vite.
Il se retrouva dans une sorte de tube lisse où il glissa sur de nombreux mètres, en faisant de brusques virages à droite ou à gauche. Il y eut même plusieurs moments où le tube se divisa en deux, l’obligeant à très rapidement choisir un côté en se penchant pour éviter de se retrouver dans les deux à la fois. À plusieurs reprises le jeune démon tenta de freiner son allure ou s’arrêter, mais il n’y avait aucun moyen, pas la moindre prise. Il n’était plus qu’un jouet dans ce toboggan de pierre lisse, ne pouvant qu’attendre la fin.
Après plusieurs minutes de glissade, il se retrouva éjecté dans une nouvelle salle, atterrissant lourdement.
Une fois un semblant de dignité retrouvée, et ses esprits revenus malgré le fait que sa tête lui tournait légèrement, il observa autour de lui. Cette salle avait la même ambiance que la précédente, ou même de la grotte, car l’humidité se laissait sentir. En revanche elle était assez grande, et à cause de la faible lumière le jeune démon ne pouvait même pas voir l’autre extrémité.
Il décida donc de ne pas rester plus longtemps sur place, et il commença à avancer. Dès son premier pas, il sentit son pied droit s’enfoncer dans le sol, et une vive douleur l’envahit. Sautant en arrière, il constata qu’il était brûlé, mais aussi que sa chaussure et le bas de son pantalon y avaient laissé quelques lambeaux.

« Qu’est-ce que… ?! »

Le jeune démon s’avança pour regarder de plus près. Il vit qu’il avait mis le pied sur une dalle qui s’était enfoncée, et de l’eau l’avait remplacée. De l’eau de mer à l’odeur, et pure visiblement.

« Même mes vêtements y sont devenus sensibles… Il ne m’avait pas prévenu l’autre ! »

Tout en se relevant, il remarqua que la douleur était minime vu qu’il avait rapidement retiré son pied. Cependant, la salle était marbrée des mêmes dalles, de long en large. Il ne l’avait pas vu en arrivant, mais maintenant qu’il était tombé dans le piège cela lui sautait aux yeux.

« Merde… Est-ce qu’elles s’enfoncent toutes comme ça ? »

Firemagma entreprit de tester toute la première rangée de dalle, posant son pied dessus puis en l’enlevant rapidement, ne laissant pas l’eau l’atteindre. Toutes sans exception s’enfoncèrent, si bien qu’il n’en testa qu’une dizaine au final. Il continua de les regarder tout en réfléchissant.

« Je ne peux pas non plus essayer de traverser en courant, elle s’enfoncent trop vite… songea-t-il. Il doit y avoir une autre solution. »

Observant les dalles qu’il avait testées, il finit par remarquer qu’il y avait un très léger espace entre chacune d’elle qui n’avait pas bougé. S’approchant, il posa doucement le pied dessus, mais rien ne se produisit.

« C’est finalement subtil comme test… »

Se retrouvant en équilibre, il se mit à avancer à petite allure, dalle après dalle. Chacune d’elles s’enfonçaient autour de ses pas. Une chute ne lui serait pas fatale, mais certainement très douloureuse.
Après une dizaine de minutes à marcher lentement pour garder l’équilibre, il aperçut enfin le fond de la salle et la porte de sortie, qui se trouvait bien plus à sa droite. Profitant de l’intersection de quatre dalles, lui donnant donc un meilleur appui, il entreprit de pivoter légèrement pour changer sa direction. Il perdit aussitôt l’équilibre, et se retrouva à faire un grand écart pour se rattraper et ne pas finir à l’eau. Il força sur les muscles de ses jambes, et réussit à se redresser pour poursuivre son chemin jusqu’à la porte sans tomber. Cependant, ses pieds lui faisaient assez mal pour avoir marché sur de si petits espaces.
Tout en essuyant les quelques gouttes de transpiration qu’il avait sur le front, il passa la porte confiant.
La nouvelle salle dans laquelle il arriva était encore bien différente. Assez petite au niveau de la largeur, peut-être trois ou quatre mètres, elle était en revanche longue de plusieurs dizaines de mètres. Juste devant lui se trouvait ce qui semblait être un précipice très profond et surtout rempli d’eau. Et le seul moyen d’atteindre l’autre côté était de traverser un pont, effrité par l’humidité ambiante.
Sans même lui donner le temps de réfléchir, une pierre coulissa juste derrière lui, fermant l’entrée, et le sol se mit à trembler. Au-dessus de lui, une immense averse surgit en tombant du plafond. En quelques secondes l’eau rattrapa déjà le jeune démon qui ne prit pas le temps de savoir si elle lui était nocive.
Il força encore une fois sur ses jambes, et se mit à courir aussi vite qu’il put en direction du pont, pensant bien le traverser le plus rapidement possible. Cependant, à peine les premiers pas faits dessus, ce dernier se mit à se craqueler, puis à s’effondrer. Même si l’eau ne pouvait désormais plus l’atteindre, ce nouveau danger le contraint encore plus de continuer. Petit à petit, l’éboulement le rattrapa tout de même. Firemagma serra des dents, et tentait de courir encore plus vite, mais ce ne fut pas suffisant. Il sentit que ses pieds n’avaient presque plus de prises sur le sol, et voyant qu’il ne restait plus beaucoup de chemin à parcourir, il contracta ses muscles, et sauta assez maladroitement aussi loin qu’il put. Dans un premier temps, son cœur manqua un battement, il vit qu’il n’arriverait pas à passer. Puis plus il avançait, plus il remarqua que son corps ne tombait pas, presque comme si il flottait. Les derniers mètres passèrent ainsi, les bras en avant. Au dernier moment, il réussit à rattraper le rebord, alors que tout son corps se cogna contre la paroi rocheuse, et plus particulièrement son front, d’où sortit un très léger filet de sang. Fermant les yeux, il encaissa la douleur, qui avait envahi tout son être comme un courant électrique.

« Saleté… »

Il finit par les ouvrir, et regarda au-dessus de lui. À la force de ses bras il se remonta doucement, légèrement essoufflé. Son dos le démangeait aussi à présent, il y avait reçu plusieurs gouttes d’eau, perçant son T-shirt et le brûlant légèrement.
Regardant derrière lui il remarqua que l’eau ne remontait pas, il s’octroya alors quelques secondes pour reprendre son souffle avant de passer la nouvelle porte. Avec bien moins de confiance que la première.
Lorsqu’il y arriva, une légère crainte dans l’âme, il n’eut même pas le temps de l’observer, ou même de réfléchir. Son pied entra en contact avec un petit fil, qui le fit légèrement trébucher en avant. Dans la seconde même, sur le mur à sa gauche, un jet d’eau sortit d’un fin trou, et le toucha sur l'épaule et le visage du même côté. Les zones touchées se mirent à rougir sous la brûlure, alors que son T-shirt était presque en train de fondre.
Poussant un terrible cri, il tomba sous la douleur provoquée et heurta d’autres fils au sol. Plusieurs jets jaillirent des murs en le touchant aux jambes.
Sans prendre le temps de réfléchir, il se releva d’un bond et relâcha ses pouvoirs autour de lui pour se protéger. La douleur qu’il ressentait l’empêchait de se concentrer pour faire un bouclier correct, mais il parvint tout de même à se protéger de quelques jets. La course dans le couloir dura un petit moment, mais il finit par passer une nouvelle porte qui se referma juste derrière lui.
Son corps avait à présent plusieurs brûlures, ses vêtements de nombreux trous, et surtout, il n’arrivait pas à reprendre son souffle, tremblant. Sans prendre le temps de regarder le nouvel endroit où il se trouvait, il préféra ne pas bouger de peur de déclencher un nouveau piège.

« Toutes ces salles… Ce ne sont pas des tests… mais des pièges meurtriers… »

Reprenant un semblant de souffle, et luttant contre la douleur, il finit par regarder autour de lui, prudent et méfiant. Il était à présent dans une immense salle circulaire et sombre. De nombreuses portes similaires à celles contre laquelle il était appuyé se trouvaient à ses côtés ou devant lui.
Au centre, un piédestal surplombait légèrement la salle, au sommet d’une dizaine de marches. Une petite lumière en émanait.
S’approchant doucement, le jeune démon se rendit compte que l’atmosphère de la salle était différente. Il n’y avait aucune trace d’eau, elle était plus sombre et mystérieuse, mais pas angoissante. C’était presque à croire que toutes les autres salles avaient été rajoutées autour de celle-là.
Cependant, le jeune démon était incapable de décrocher le regard de la lumière au centre, tout son corps se sentait attiré par elle, brisant la moindre volonté de rejet. Firemagma avança lentement, montant les marches presque comme un robot, et arriva au sommet. Devant lui se tenait un fin rayon de lumière, d’une longueur d’environ de deux mètres flottant au-dessus du sol. Un large sourire se dessina sur son visage, alors qu’elle se reflétait dans ses yeux rubis.

« C’est mon arme ! »

Il n’y avait aucune hésitation, il le ressentait au plus profond de lui-même. Cette chose lui appartenait, elle avait été faite pour lui, il ne pouvait en être autrement. Ses yeux se mirent à briller avec une intensité nouvelle. On aurait presque pu le confondre avec un enfant qui ouvre un cadeau.

« Vu la taille, elle doit être magnifique ! »

Sans plus attendre, et voulant la contempler, il l’attrapa vivement avec sa main droite, sentant bien quelque chose sous ses doigts, et la tira vers lui, impatient. La lumière explosa légèrement sur le coup, l’obligeant à se protéger les yeux avec son bras, avant qu’elle ne diminue. Le laissant regarder son bien. Son sourire disparut aussitôt. Il n’avait en main qu’un petit couteau à la lame émoussée.
Sa joie redescendit aussi vite qu’elle était apparue, et même plus encore.

« Mais c’est une blague ? J’ai risqué ma vie pour ça ?! » déclara-t-il nerveusement.

Alors qu’une colère sans nom commençait à grimper en lui, et qu’il était sur le point de jeter cette chose au sol, un faisceau de lumière l’enveloppa soudainement, l’aveuglant complètement. La seconde suivante il était de retour à l’entrée du temple, désorienté.
Au même moment, une ombre le guettait, se trouvant juste au-dessus de lui. Camouflée par les parois du temple.


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Dernière édition par Firemagma le Lun 6 Juil - 14:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Jeu 2 Juil - 19:24

10) L'épreuve du feu :
a. Détermination :
b. Sanctuaire meurtrier :
c. La gardienne

Une brume grise commença à s’échapper du haut du temple. Comme une masse liquide, elle s’écoula le long de la paroi à allure réduite et se rapprocha de sa cible sans qu’elle ne s’en aperçoive.
Firemagma mit quelques instants avant de reprendre ses esprits et repères. Cette téléportation l’avait légèrement désorienté, mais la ville fantôme en face de lui, lui rappela rapidement où il se trouvait.
Vérifiant son état général, il remarqua que quelque chose était apparu à sa taille. Une ceinture en cuir ébène comportant quelques reflets rouges, muni d’un étui sur sa hanche droite de même matière et couleur. Ce dernier avait juste la taille pour ranger son petit couteau. Cela lui rappela qu’il l’avait encore en main. Il le regarda avec dégoût juste avant de lâcher un soupire. Écœuré, il la rangea nerveusement.
La brume qui s’écoulait depuis le haut du temple arriva au niveau du jeune démon. Tel un être muni d’une pensée, elle se divisa en deux pour arriver sur les côtés de sa proie. Ce dernier, pestant à outrance sur son arme, ne remarqua rien du tout.

« Il faut maintenant que je trouve un moyen de sortir de cette foutue grotte ! Ç'aurait été mieux que j’y vienne jamais ! »

Descendant quelques marches, il observa le plafond. La seule issue qu’il vit était l’endroit d'où il était arrivé. Cependant il n’avait pas une pleine confiance en sa sphère de protection, qu’il pouvait propulser maintenant. Alors, il choisit la seconde option qui se présentait à lui. Tout en continuant de descendre, il regarda la ville qu’il allait devoir traverser. Un nœud se forma dans son ventre. Cet endroit ne lui inspirait pas du tout confiance.

« Bon… Il ne peut rien m’arriver dans cette ville en ruine de toute façon. Je vais me dépêcher de trouver une issue. » Essaya-t-il de se rassurer.

Arrivé au pied du temple, il remarqua que le sol était en fait du sable, mais humide, lui donnant une constance en bonne partie solide. Étant donné l’atmosphère qui régnait ici, cela n’avait rien de surprenant.
Plongé dans sa solitude, et dans un silence de mort où chacun de ses pas résonnaient dans toute la caverne, il se replongea dans ses pensées. Son arme l’écœurait au plus haut point. Il avait risqué sa vie jusqu’ici pour un ustensile de cuisine.

« Aquice va encore bien se foutre de moi… ! » dit-il avec colère.

Il finit par s’arrêter de marcher, stoppant ses réflexions. Il était à l’entrée de la ville en ruine, mais surtout, la brume qu’il n’avait pas encore remarqué jusqu’ici l’avait complètement encerclée. Petit à petit elle se rapprochait de lui, ne lui laissant presque plus d’espace.

« Qu’est-ce que c’est que ça encore ? »

Au même moment, un très fin morceau se détacha et se dirigea vers lui. Dans sa colère le jeune démon oublia toute prudence et alla à sa rencontre pour l’examiner. Doucement il approcha sa main, et traversa la brume. Une violente douleur l’envahit aussitôt, lui faisant faire un bond en arrière. Cela l’avait brûlé. Sans lui laisser le temps de réfléchir, le nuage gris se gonfla et tenta de l’envelopper complètement. Firemagma esquiva de justesse en sautant pour éviter d’être absorbé. Alors qu’il s’était élancé vers le toit d’une petite maison en ruine, une autre portion se détacha de la masse prenant la forme d’un bras et d’une main. La partie vaporeuse lui saisit la cheville gauche, mais n’ayant aucune consistance, elle passa littéralement au travers, lui arrachant un petit cri de douleur au passage.
Firemagma trébucha en arrivant sur la bâtisse délabrée, manquant de s’écrouler.
Il regarda rapidement son pied et constata que le bas de son pantalon avait fondu presque jusqu’à son genou, et sa chaussure était encore fumante, mais surtout, il était encore une fois brûlé comme si c’était de l’eau pure.
Alors que la confusion le gagnait il observa cette étrange brume. Un rire féminin et aiguë éclata dans la caverne. Cherchant rapidement autour de lui, il lui était impossible de localiser sa source à cause de l’écho qui régnait. Tout en se redressant il se rendit compte qu’il avait du mal à rester debout.

« Tu es pitoyable ! lança une voix malicieuse. Je n’ai jamais vu un démon aussi faible ! »

Le rire s’accentuait, tandis que Firemagma serrait des poings en la cherchant. Mais il en était parfaitement incapable. Ses yeux étincelaient de rage.

« Montre-toi au lieu de rire ! hurla-t-il.
- Mais je suis juste devant toi, faible créature. »

Regardant devant lui, il ne vit que la brume grise. Mais rapidement une petite forme se souleva.
Une petite tête apparue en premier, les cheveux courts en carrés et une frange droite juste au-dessus de ses yeux bleu ciel. Sa chevelure blanche possédait plusieurs mèches dorées qui se mêlaient aux autres, sauf une seule, grosse, qui ressortait sur le dessus et ressemblait à un épi courbé qui s'enroulait sur lui-même.
La brume continua de glisser sur son corps pour la dévoiler. Elle était vêtue d’une petite robe blanche en dentelle qui descendait jusqu’aux genoux. Les manches, elles aussi, étaient assez longues pour cacher ses mains. La dentelle s’ébouriffait légèrement sur ses épaules et sur la base de ses manches. Ses fines jambes étaient recouvertes d’un collant de même couleur. Ses pieds étaient quant à eux chaussés de petits escarpins uniformes.
Son visage était rond et enfantin, comme le reste de son corps fin car elle ne devait pas faire plus d’un mètre quarante. Sa peau elle-même semblait soyeuse. Tout son corps faisait qu’elle ressemblait à une petite poupée de porcelaine.
Tout, sauf les grandes ailes blanches dans son dos qui le ramenait à la réalité.
Elle lui adressa un sourire radieux.

« Je m’appelle Cloudette, enchantée ! » lança-t-elle d’une petite voix fluette, tout en inclinant la tête sur le côté avec un sourire chaleureux.

La petite ange flottait paisiblement au-dessus de la brume. Son attitude comme sa réplique décontenança le jeune démon. Il imaginait mal une fillette comme étant une ange. Cette dernière profita de l’occasion pour l’attaquer. Plusieurs épaisses portions se détachèrent du nuage gris et tentèrent de traverser Firemagma. Par instinct il esquiva d’un prodigieux bond, et recommença à sauter de toit en toit pour ne pas être touché. Cependant, il n’arrivait pas à comprendre ce qui s’était passé quelques secondes plus tôt.

« Saleté ! Pourquoi ce truc peut me blesser comme ça ?! »

Cloudette joignit ses mains dans son dos, et plaça l’un de ses pieds en arrière sur la pointe. Elle gesticula un tout petit peu comme si elle était gênée.

« C’est pourtant simple vois-tu. L’air de cette caverne est saturé à cause de l’eau de mer, et je suis en mesure de la condenser pour la manipuler, expliqua-t-elle alors qu’elle continuait d’attaquer le jeune démon. Je suis l’ange de brume, mais surtout, l’ange tueuse de démon du feu ! »

Sur ces derniers mots, elle ouvrit les bras en les levant, agissant comme si une foule l’applaudissait. Firemagma quant à lui esquivait un énième assaut, et se retrouva dans son dos durant son saut. Il la jugea rapidement et vit qu’elle ne le guettait même pas.

« Ça va t’apprendre à me sous-estimer saleté d’ange ! » pensa-t-il.

Il concentra aussitôt une imposante boule de feu, et lui lança dessus. Dans la même seconde, la brume se souleva devant l’ange, et absorba l’attaque sans la moindre difficulté, en la consumant. Seule une petite fumée blanche en sortit.
Cloudette tourna la tête et le regarda en coin. Il crut voir une lueur de malice dans ses yeux.

« Pas bien ça », lâcha-t-elle.

La portion vaporeuse qui avait servi de défense se mit à gonfler, et éclata d’un coup. À la place se trouvait des dizaines de petites abeilles de brume, et le chargèrent aussitôt alors qu’il n’avait pas regagné le sol. Le jeune démon complètement surpris, ne trouva rien d’autre à faire que de placer ses bras en croix devant lui pour se protéger. Mais tous les insectes explosèrent sur son corps, trouant ses vêtements, et le brûlant jusqu’au sang.
Tous ces chocs le firent dégringoler à terre où il chuta lourdement. Sa tête se cogna violemment. Le jeune démon se releva péniblement, du sang coulait du côté de son crâne ainsi que de sa bouche. Ses cheveux en devenaient poisseux. Le reste de son corps avait des blessures plus légères.
Alors qu’il était toujours à terre, des serpents brumeux glissèrent jusqu’à lui, ne lui laissant que le temps de sauter en arrière. Il envoya immédiatement plusieurs boules de feu pour les faire exploser.
Déjà essoufflé, il ne vit que trop tard la petite araignée qui grimpait sur le mur à sa gauche. Cette dernière sauta vers lui, il tenta alors de la dévier d’une claque mais elle lui éclata dans la main, lui infligeant une nouvelle blessure. Il s’attrapa la main, serrant les dents et les yeux fermés sous la douleur.
Cloudette arriva devant lui, flottant au milieu d’une horde d’animaux vaporeux en tout genre. Cette vision glaça le sang du démon qui tomba à genoux malgré lui.

« C’est un autre niveau que l’angeroïde… Elle ne me laisse aucun répit ! » pensa-t-il.

Par instinct de survie ou peur, il ne le savait pas très bien, il lança plusieurs boules de feu vers elle, mais aucune ne l’atteignit, toutes étouffées par la défense de la petite ange.

« Tu ne sais donc rien faire d’autre que des minables boules de feu ? » lui lança-t-elle en le regardant de haut.

Sa voix était subitement devenue plus autoritaire et affirmée. À peine avait-elle fini de parler, qu’un ours brumeux se détacha de la horde, et bondit sur Firemagma. Ce dernier s’enveloppa immédiatement de sa sphère de protection, laissant l’animal se briser la patte dessus. Le démon afficha un petit sourire en pensant avoir trouvé la parade.

« Visiblement non !
- Certes. Mais rien de bien extraordinaire », constata-t-elle.

Le mammifère se mit à enfler, doublant de taille, perdant sa forme pour redevenir un banal nuage, puis avala la sphère. Le démon sentit son énergie vaciller instantanément. La bulle se craquelait à vue d’œil tout autour de lui, avant d’exploser comme à l’entraînement, l’éjectant en arrière. Essoufflé, il s’écroula à genoux une fois de plus, se rattrapant juste sur ses mains.

« Suis-je si faible… ?
- En effet, tu ne vaux rien ! »

Firemagma releva la tête, réalisant qu’il avait pensé à haute voix.
Son cœur s’emballa aussitôt. Tous les membres de son corps se mirent à trembler. Plus il regardait Cloudette, plus il voyait l’image de la mort devant lui.

« Aucun intérêt de poursuivre ce combat, on va en finir maintenant. »

Alors que la petite ange leva un bras pour ordonner à sa meute d’attaquer, le jeune démon agit plus vite. Il fit exploser son pouvoir sur le sol pour dégager un grand écran de fumée. Lorsque ce dernier se dissipa, Firemagma avait disparu.
Le jeune démon avait couru dans la direction opposée, et s’était caché dans une maison en ruine. L’obscurité y était presque totale et l’odeur de pourriture était infecte. Mais il vivait. Un violent coup de panique l’avait envahi, et il ne s’était maîtrisé que pour fuir. Une main sur la poitrine, il tentait de reprendre sa respiration et son calme, afin de trouver un moyen de quitter cet endroit.

« Elle est trop forte pour moi… réfléchit-il. Et je ne veux pas mourir une seconde fois… »

La voix de Cloudette résonna à l’extérieur pour le provoquer. Elle semblait avoir repris une attitude de petite enfant.

« Non mais je n’ai jamais vu un démon aussi lâche ! ricana-t-elle. Les autres mourraient avec dignité au moins ! Enfin avec autant de dignité qu’un misérable démon peut avoir… »

Cette phrase interpella Firemagma. Il n’était donc pas le premier ?

« Mais toi, non seulement tu es faible, mais aussi un vulgaire bébé apeuré ! »

Elle se mit une nouvelle fois à rire aux éclats de sa voix aiguë, alors qu’il rageait intérieurement. Serrant les poings pendant que sa colère grimpait en lui. Ses yeux recommencèrent à briller, mais la peur le paralysait.

« Il ne faut pas que je l’attaque… ! » murmura-t-il.

Alors que sa rage envers lui-même continuait de monter et qu’il tentait de se maîtriser, un petit nuage de brume passa sous la porte. La présence du démon était immédiatement détectée. Dans la seconde qui suivit, l'entrée explosa, laissant apparaître Cloudette,un très large sourire sur le visage.

« Trouvé ! » gloussa-t-elle.

Firemagma quant à lui détruisit le mur alors que la maison était envahie de brume. Il ressortit le corps entièrement fumant. Tout le côté droit de son T-shirt au niveau torse avait fondu. Cette même zone, et son bras était entièrement rouge.
Par réflexe et sous la colère, Firemagma chargea vers son ennemie céleste. Sous l’adrénaline il parvint à esquiver tout le nuage gris pour arriver devant elle. Poing serré et bras armé, il était sur le point de lui décrocher une droite de toutes ses forces.
Cependant, la petite ange qui était en premier lieu surprise, prit un regard apeuré, et mit ses mains devant sa bouche.
Elle poussa un cri de frayeur aussi fort que lui permit sa toute petite voix, et au moment de frapper, Firemagma stoppa son poing à deux centimètres du nez de Cloudette. L’espace d’un instant, il crut avoir une simple petite fille en face de lui, et son corps agit de lui-même pour l’arrêter.
Cloudette sourit, alors que ses yeux furent possédés par une malice incroyable, la rendant méconnaissable. Elle n’espérait même pas que cette ruse marche. Profitant de l’occasion, deux lames de katars surgirent de ses manches, et sans la moindre hésitation elle trancha le ventre du démon. Deux entailles formant une croix apparurent dans un éclat rouge sur son abdomen, le faisant reculer doucement. La petite ange quant à elle ne put s’empêcher de rire une nouvelle fois pour le rabaisser.

« Non mais franchement j’aurais tout vu ! C’est quoi ce démon qui arrête son coup devant une ange ? Ils ne savent plus quoi recruter aux enfers ! »

Elle riait de plus en plus sans pouvoir s'arrêter, alors que le jeune démon tombait à genoux, elle finit par se mettre en position de combat. Un épais nuage de brume se plaça derrière elle.

« Allez, fini de jouer, je vais t’achever et aller raconter tout ça là-haut ! »

Firemagma quant à lui avait les mains sur ses plaies, mais le liquide vital s’écoulait tout de même à flot. Il ne se sentait même plus la force de se lever. Il allait à nouveau mourir, et ici cette fois.
Il leva doucement les yeux vers son ennemie. Sa vision était devenue trouble. Il la voyait quand même se réjouir.

« Non… »

Cloudette vit ses lèvres remuer, mais n’entendit pas le moindre son. Il avait à peine murmuré cet unique mot.

« Quoi ? Parle plus fort si tu le peux encore !
- Non… » souffla-t-il une fois de plus.

Ses yeux blanchissaient à vue d’œil, perdant leur couleur écarlate alors que son bourreau s’approcha de lui. Il semblait à présent plus mort que vif.

« Tu as perdu trop de sang pour conserver la couleur de tes yeux ? le railla-t-elle une ultime fois. Adieu ! »

Levant l’un de ses katars, elle se prépara à lui asséner le coup de grâce.
À ce moment précis, le jeune démon revit en l’espace d’une seconde sa vie entière. Il revécut très brièvement avec ses parents avant d’assister à nouveau à leur horrible mort. Sa vie de solitude manqua presque de l’achever à cet instant, puis il retourna en enfer. Et ce fut le noir total.
Un événement se produit en lui à ce moment, il le sentait au plus profond de ses tripes. Quelque chose remonta du plus profond de son être à une vitesse fulgurante, et lui donna l’impression de respirer une bouffée d’air frais après une longue apnée.
Ses yeux rubis reprirent leur couleur, et un regard meurtrier remplaça celui du mort. L’obscurité dans laquelle il était plongé, se fit remplacer par une lumière aveuglante.
Voyant ce brusque changement, Cloudette fit un pas en arrière, retenant son coup.

« Non ! » lança-t-il d’une voix forte cette fois-ci.

Lâchant sa blessure ensanglantée, il fit apparaître une boule de feu dans sa main droite. Mais au lieu de la lancer, elle enveloppa entièrement sa main, remontant jusqu’au-dessus de son poignet. Sans la moindre hésitation, il appliqua sa main sur la plaie. Un effroyable hurlement sortit de sa bouche. L’écho qui régnait dans cette caverne l’amplifia de plus belle. La petite ange eut l’impression que la zone entière s’était mise à trembler sous la force de son cri, l’obligeant à reculer en se bouchant les oreilles. Plusieurs petites pierres se détachèrent du plafond à cause de la résonance, tombant un peu partout sur la ville fantôme et sur le temple.
Le supplice dura presque trente secondes où le jeune démon vida ses poumons, avant que tout ne retombe dans le silence.
Lorsqu’elle rouvrit les yeux, une épaisse fumée recouvrait le corps du démon. Mais elle se dissipa avec une rapidité incroyable. L’ange eut un nouveau mouvement de recul. La blessure qu’elle lui avait infligée était entièrement refermée, cautérisée. Il ne restait qu’une croûte et du sang séché autour. La chaleur dégagée avait même complètement désintégré son T-shirt, ne laissant que quelques lambeaux accrochés au pantalon.
Mais surtout ce qui la fit reculer, fut le regard de Firemagma. S’il avait pu la tuer juste avec ses yeux, elle serait déjà morte. Ces derniers crépitaient comme un violent incendie, et brillaient d’un éclat qu’elle n’avait jamais vu auparavant. Quelque chose avait changé en lui. Son regard était rempli de détermination. Toute hésitation semblait l’avoir quitté.
Il commença à faire quelques pas dans sa direction.

« Il est hors de question que je meure ! »

Le jeune démon empoigna fermement son arme et la sortit de son étui. À ce moment ses iris brillèrent avec plus d’intensité.

« Vous m’avez assez pourri la vie, vous les anges !
- Nous, on t’a pourri la vie ? s’insurgea aussitôt Cloudette. C’est nous les gentils je te signale ! »

Une pression se dégagea subitement du corps de Firemagma, obligeant l’ange à faire un nouveau pas en arrière. La température de la grotte venait de grimper d’un seul coup. Quant à son regard, il s’était encore plus endurci.

« Je me vengerai de vous ! Et je vous tuerai jusqu’au dernier ! » hurla-t-il.

Un courant d’air brûlant se dégageait à présent de lui, alors qu’il fléchissait les genoux et leva ses avant-bras perpendiculairement à son corps. Le sable autour de lui tourbillonnait avant de s’éloigner. Les maisons s’effritaient de plus en plus, les plus proches commençaient même à s’écrouler, soulevant un imposant nuage de poussière.
Cloudette recula de nouveau, quelques gouttes de transpiration perlaient sur son front. Elle avait de plus en plus de mal à respirer à cause de la chaleur, et le changement soudain que venait d’opérer son adversaire l’inquiétait.

« Il va falloir que je l’achève immédiatement ! Plus sa colère grandit, plus il semble devenir puissant ! » réagit-elle intérieurement.

Au même moment, le vent se stoppa, et la chaleur chuta à la température normale. Tout était redevenu normal. Sauf Firemagma qui continuait de la fixer avec son regard assassin. Il sembla se détendre légèrement en se redressant, puis il parla d’une voix glaciale :

« Et le plus court chemin vers la vengeance, est la destruction. »

La menace était claire, et la petite ange le comprit. Il avait l’intention de la détruire, et même d’anéantir le royaume céleste. Mais elle ne le laisserait pas faire. Il avait réussi à l’impressionner un petit moment, mais maintenant qu’elle avait repris ses esprits, les choses allaient changer.
Alors qu’elle se prépara à l’attaquer une nouvelle fois, une dernière chose se produisit. L’arme que Firemagma avait récupérée dans le temple, et enfin acceptée en l’empoignant, se mit à briller d’une lumière blanche aveuglante. Et lorsqu’elle s’atténua, c’était une magnifique dague qu’il tenait.
Le manche était fait d’un acier noir zébré de quelques rayures rouges. Il partait comme une griffe sur la lame, qui elle était d’un blanc éclatant. Le tranchant quant à lui semblait extraordinaire tant il brillait.
Firemagma se sentit bizarre à ce moment. Il sentit une force nouvelle l’envahir. Une force capable d’anéantir.
Cloudette quant à elle savait ce que signifiait cette métamorphose, et cela ne lui plaisait en rien. Elle avait perdu trop de temps, elle aurait dû l’achever avant, maintenant c’était trop tard. Tout du moins, cela venait de devenir plus difficile.

« Il est temps d’en finir ! »

Sans perdre une seconde de plus, elle s’élança sur lui, ses deux katars en arrière. Arrivée à son niveau elle tenta de le trancher une seconde fois, mais il esquiva d’un vif bond sur le côté. Firemagma lui chargea dessus à son tour, et ce fut un violent direct du gauche qu’elle reçut en plein visage. Le choc qui fut rude lui avait blessé la gencive, et du sang s’écoula de sa bouche. Cloudette le voyait, il n'y avait eu aucune hésitation, aussi bien dans son geste que dans son regard. Firemagma le savait à présent, il ne pouvait plus se permettre de conserver ce sentiment humain.
Alors qu’elle se rattrapa, sa brume repassa à l’action. Deux lions surgirent de la masse, et sautèrent sur le jeune démon. Ce dernier s’enveloppa de sa sphère de protection, les laissant s’écraser dessus et disparaître. Mais il ne resta pas caché à l’intérieur cette fois, et s’en débarrassa immédiatement. Il plaçant ses deux mains devant lui, et concentra une énorme boule de feu qu’il propulsa vers Cloudette. L’ange afficha un large sourire en faisant apparaître juste devant elle un épais nuage afin d’absorber une énième fois l’attaque.

« J’avais bien dit que tu ne savais pas faire autre chose ! »

Pensant la parade imparable, elle ne vit pas Firemagma effectuer un geste simple, mais pourtant décisif. Joignant ses deux mains, il les sépara d’un coup sec. La boule de feu suivit son ordre, et se divisa devant la protection vaporeuse pour la contourner. La petite ange ne vit le danger qu’une fois qu’il était sur elle. Les deux sphères incandescentes arrivèrent sur ses côtés avant de se refermer sur elle dans une incroyable explosion. Elle poussa un terrible hurlement de douleur avant que son corps encore fumant ne fasse une chute libre.
Le jeune démon se précipita à sa rencontre, et l’attrapa par le col juste avant qu’elle n’atteigne le sol. Cependant il l'y envoya d’un violent coup de tête, la laissant sur le dos juste à ses pieds. Ses vêtements en avaient pris un coup, complètement noircis. Firemagma quant à lui, brandit sa dague juste au-dessus d’elle, prêt à l’achever.

« Sois heureuse. Tu es la première, mais certainement pas la dernière ! »

Abattant son arme, la lame traversa le sol sans même toucher la petite ange. Cette dernière s’était déplacée avec une vitesse incroyable pour arriver dans son dos. Elle leva son bras gauche, prêt à enfoncer son arme dans le jeune démon.

« Tu n’en auras même pas une ! »

La lame siffla jusque dans son dos, mais percuta celle du démon. Ce dernier avait réussi à se retourner juste à temps pour contrer avec sa propre arme. Pensant qu’une épreuve de force était sur le point de débuter, il puisa dans ses forces, et ses bras partirent tout seul.
La surprise fut simultanée lorsque les deux adversaires virent la dague trancher le katar comme s’il s’agissait d’une feuille. Le jeune démon réalisa à ce moment à quel point le tranchant de son arme était exceptionnel.
Cloudette quant à elle ouvrit des yeux horrifiés. Une peur incroyable envahit tout son être, faisant place juste après à la douleur. Elle s’attrapa la tête avec les mains en poussant de terribles hurlements. Tombant à genoux, elle se recroquevilla sur elle-même. Elle avait l’impression qu’on lui perforait le crâne tant cela lui faisait mal. Firemagma quant à lui n’osa pas bouger pour le moment, ne comprenant pas du tout ce qu’il se passait, mais il ne baissa pas sa garde.

« Qu’as…tu… fait… ? » articula-t-elle péniblement

Elle se releva d’un bond, son visage était déformé par la douleur. Du sang coulait par ses yeux, gouttant au niveau de son menton.

« QU’AS-TU FAIT SALE MONSTRE ?! » finit-elle par hurler.

Ayant à ce moment perdu toute lucidité, elle se jeta littéralement sur le démon, signant par la même occasion sa mort.
Firemagma fit une esquive de côté, lui planta sa dague dans son torse, et tout en procédant à une rotation sur lui-même il l’écrasa au sol de toutes ses forces. Le sable céda sous la force du choc, se creusant légèrement sous la petite ange qui semblait avoir retrouvé son calme. Elle le regarda droit dans les yeux alors qu’il retirait doucement sa lame rouge, et se redressa à côté d’elle.

« Ta… vengeance est… vaine…
- L’avenir me le dira. »

Cloudette n’entendit pas cette ultime phrase. À peine ses derniers mots prononcés, elle avait succombé à ses blessures.
Firemagma lui tourna le dos, et arracha l’un des derniers morceaux de T-shirt qu’il avait encore sur lui.

« En tout cas, qu’elle soit vaine ou non… »

Il essuya rapidement le sang de la lame, avant de ranger son arme dans son étui qui s’était adapté à la transformation, et jeta le tissu à terre.

« … La vengeance fait un bien fou », termina-t-il.

Le jeune démon regarda au-dessus de lui, il vit le trou par lequel il était arrivé depuis un bon moment déjà. Fléchissant les jambes, il contracta ses muscles, et s’élança d’un prodigieux bond. Juste avant d’entrer en contact avec l’eau pure de la mer il créa sa sphère de protection, et s’y engouffra.

***
**
*

Sur le bord de la falaise, Aquice était assis paisiblement, quelques blessures sur le visage. Le soleil s’était levé depuis deux bonnes heures déjà, et il avait déjà dû passer à l’action. Après quelques minutes, il ouvrit doucement ses yeux violets, scrutant l’océan. Un léger sourire se dessina sur son visage.

« Il revient enfin. »

À l’horizon, la mer vibra légèrement avant de laisser s’échapper une petite lumière rouge. Cette dernière se rapprocha de lui à une vitesse incroyable et s’écrasa juste devant lui. Un genou à terre, Firemagma releva un visage triomphant vers le démon de l’eau avant de se redresser. Il remarqua d’ailleurs que son partenaire l’imitait. En effet, ce dernier était assis sur les corps de deux angeroïdes. À la différence qu’ils étaient chacun décapités. Cependant, sa précédente victoire fit qu’il n’enragea même pas de voir qu’il en avait abattu deux, tout seul.

« Nous sommes maintenant à égalité ! »

Le jeune démon exhiba fièrement sa dague qui était accroché à sa ceinture, ce qui signifiait qu’une chose. Il avait lui aussi tué une ange.
Aquice le regarda, et lui rendit son sourire. Il se leva pour se mettre à son niveau, et mit une main sur son épaule.

« Pas mal, pour un Nourrisson. »


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Firemagma
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Lun 6 Juil - 17:06

11) Chacun son rôle :
a. Recherches... :

Océanne était recroquevillée sur sa chaise. Jambes repliées, genoux au menton, elle attendait la fin de ces interminables séances. Elle n’avait rien à dire à ce psychologue, donc elle en profitait pour réfléchir. Un peu plus d'un mois s’était écoulé depuis cette fameuse journée, et elle avait eu le temps de prendre suffisamment de recul pour réaliser plusieurs choses.
La jeune femme fronça les sourcils alors qu’elle poussait ses réflexions.
Elle n’avait pas rêvé la mort de Julien : il avait rendu son dernier soupir sous ses yeux, ou plus exactement sur ses genoux. Pas plus qu’elle n’avait imaginé l’explosion de l’ambulance. Elle sentait encore la chaleur que cela avait dégagée. À ces souvenirs, elle serra inconsciemment ses bras autour de ses jambes.
Le reste lui sembla pourtant surnaturel. Bien qu’elle soit sûre du début, Julien était quand même revenu, et avait fait preuve d’une force incroyable. Et ses yeux… Elle ne les avait pas tellement remarqué au début, sous toutes les émotions qu’elle avait ressenties à ce moment. Mais à présent, elle s’en souvint. Ils étaient rouges… Cela la marquait profondément. Comme la dernière phrase qu’il lui avait adressée.

« Ne m’approche plus jamais. Je ne suis plus celui que tu connaissais. Je suis un démon à présent ! »

Océanne fronça de plus en plus les sourcils. Chose que la personne en face d’elle remarqua sans grande peine. Il remonta ses lunettes sur son nez à l'aide de son index, et écrivit quelque chose sur son cahier.

« Un démon, songea-t-elle. Ça n’existe pas. Cela voulait peut-être dire autre chose ? »

Elle continua de se remémorer les derniers événements. Trop de choses étaient anormales à son goût. Le comportement de McGregor était très suspect aussi.

« Il chasse presque Julien. Même s’il est suspecté pour le meurtre de Pat… Ce qui serait le monde à l’envers ! se lança la jeune femme à elle-même. Il agit de manière étrange… »

Elle se mordit légèrement la lèvre inférieure. Elle essayait de mettre tout ça au clair, ou en ordre dans son esprit. Mais…

« Ça me dépasse, finit-elle par conclure intérieurement. Mais il y a forcément une explication ! »

Océanne leva finalement les yeux vers son psychologue. Il griffonnait sur son calepin, tout en la regardant de temps en temps par-dessus ses lunettes. Mais il ne semblait pas plus vouloir engager la conversation avec elle. Durant les premières séances il avait tenté d’établir le contact avec elle, l’appelant même par son prénom alors que cela l’irritait. Mais elle avait tout rejeté en continuant de se terrer dans le silence. À présent, il semblait attendre la fin des séances. Comme elle. Ce qui l’arrangeait, comme elle ne l’aimait pas, il l’énervait même totalement. C’est pour cette raison qu’elle eut beaucoup de mal à se convaincre de poser cette seule et simple question.

« Vous croyez aux anges et démons, vous ? »

Même si Julien n’avait jamais mentionné d’ange devant elle, c’était plus une question de logique. L’un ne pouvait exister sans l’autre. Même si elle ne croyait à aucun des deux.
Le psychologue la regarda aussitôt avec ses petits yeux et se gratta le menton.

« Et vous ? Vous y croyez ? C’est à cela que vous songiez il y a quelques minutes ?
- Vous ne m’avez pas répondu », rétorqua instantanément la jeune femme.

Le médecin spécialisé se contenta d’émettre un petit grognement et écrivit d’autres notes sur son petit cahier. Océanne quant à elle reposa son visage entre ses genoux et le qualifia intérieurement de plusieurs jolis noms. Elle se demandait bien comment elle avait pu espérer qu’il lui apporte une réponse.
Elle le détesta encore plus.
Hormis le bruit de la mine sur le papier, le reste de la séance se déroula dans le silence le plus total. Et Océanne sortit du cabinet une vingtaine de minutes plus tard. Consciente que cela n’était pas possible pour le moment, elle se demanda quand même si elle arriverait à trouver un moyen de ne plus venir voir cette personne.
Puis son esprit se retourna sur les réflexions qu’elle avait depuis plusieurs jours.
Arpentant les rues en se tenant le bras gauche qui était le long de son corps, elle prit une décision. Elle ne pouvait, ni ne voulait rester plus longtemps dans l’ignorance. Et elle n’avait qu’une solution si elle espérait avoir une réponse.

« McGregor, marmonna-t-elle. C’est le comble, c’est moi qui vais questionner un policier. »

Ses rendez-vous ayant lieu en fin de journée, le soleil déclinait déjà. Suite à sa récente tentative de suicide, ses parents exigeaient qu’elle soit rentrée avant la tombée de la nuit, et bien qu'elle n'avait plus du tout envie de faire une quelconque bêtise, elle les comprenait parfaitement. Elle obéissait donc sans rien dire. Elle pressa alors légèrement le pas pour se rendre au commissariat.
Arrivée devant l’édifice policier, elle vit le vieux commandant sortir avec deux énormes sacs aux mains. Il se dirigeait vers un véhicule militaire.
Océanne se précipita pour s’interposer, sentant qu’elle risquait de ne plus le revoir. Il lui fallait ses réponses maintenant.
Alors que le vieil homme chargeait ses paquetages dans le véhicule, la jeune femme se fraya un chemin jusqu’à lui pour l’interpeller.

« Où est-ce que vous allez comme ça ?! s’emporta-t-elle. Vous abandonnez tout ici ? »

McGregor se retourna doucement, et fixa ses petits yeux noisette sur Océanne. Il termina de ranger ses affaires et lui fit face.

« Oh, mademoiselle Filia. Rassurez-vous je n’abandonne rien ici, je vais juste régler certains soucis.
- Certains soucis ? Vous parlez de Julien ? »

Le vieux commandant poussa un très léger soupir, puis afficha un regard à la fois compatissant et triste en voyant la jeune femme rousse. Elle avait été mêlée à une histoire qui dépassait tout. Et elle semblait en souffrir davantage qu’elle ne le laissait paraître.

« Écoutez. Cette histoire vous dépasse largement. Comme je vous l’ai déjà dit, je suis inquiet pour vous. Donc il faut absolument que vous ne vous mêliez plus de tout ça. Pensez à autre chose.
- Pourquoi ? Vous pensez vraiment que c’est un démon ?! » lança-t-elle alors que la colère lui fit rougir le visage.

McGregor eut à ce moment un petit mouvement de recul. Était-il possible qu’elle soit au courant d’une telle histoire ?

« Est-ce lui qui vous l’a dit ?
- Je… Oui. Mais ça voulait forcément dire autre chose. Les anges ou les démons n’existent pas. Vous n’allez pas me dire que vous croyez à une histoire pareille ? »

Le vieux commandant posa doucement ses mains imposantes sur les frêles épaules d’Océanne, et fixa son regard argenté.

« Je réitère ce que je viens de vous dire. Cette histoire vous dépasse largement. Avec ce genre d’informations vous pourriez être en danger. Donc je le redemande, pensez maintenant à autre chose. Le seul rôle que vous devez avoir est de rester à l’écart de tout ça. »

Le vieil homme la lâcha, et se redressant à nouveau de toute sa stature. La petite rousse quant à elle ne savait plus quoi dire. Était-il possible que tout cela soit réel ? Que lui cachait-on vraiment ? Elle peina à se retenir de pleurer. Des larmes de frustration.

« Je dois m’en aller à présent. J’ai beaucoup de chose à faire. Prenez soin de vous, jeune fille. »

McGregor monta dans le véhicule qui ne tarda pas à démarrer, puis à s’éloigner. Laissant Océanne seule au milieu des passants. Les poings serrés, elle releva ses yeux humides.

« Non, je ne resterai pas sans rien faire ! » songea-t-elle.

Le soleil était presque couché. La température baissa légèrement, au même rythme que la lumière. Elle tourna les talons, et marcha d’un pas rapide jusqu’à sa maison. Elle ne voulait pas que ses parents s’inquiètent pour elle, et elle savait quoi faire à présent. Trouver des réponses par elle-même.
Il ne lui fallut qu’une dizaine de minutes pour rentrer chez elle, et se diriger immédiatement dans sa chambre où elle alluma son ordinateur.

« Si vraiment ils existent, il doit y avoir des preuves ! »

La jeune femme partit immédiatement sur un navigateur de recherche. Elle tomba sur plusieurs articles récents parlant de catastrophes survenues.

« Un incendie sur les côtes de Mizu… D’immenses tornades dans le désert de Shima… Et un tremblement de terre dans l’une des villes de Tatsu… »

Océanne continua sa lecture de l’article, puis tomba sur les dates où ces événements avaient eu lieu. Ses mains tremblèrent légèrement.

« Tout ça a eu lieu quelques semaines après que j’ai vu Julien dans ce parc… Et ils se sont manifestés presque en même temps. »

La jeune femme sortit de l’article, et poussa ses recherches sur « démons » et « anges ». Elle tomba en premier lieu sur des articles ou légendes farfelus en rapport avec les religions. Préférant éviter tout cela, elle continua d’affiner ses recherches, évitant tout site qui ne lui apprendrait rien. Elle ne savait pas bien ce qu’elle cherchait, ou si elle trouverait des réponses, mais elle savait surtout ce qu’elle ne cherchait pas.
Après plusieurs heures à écumer le net, alors qu’elle était sur le point de baisser les bras en se sentant stupide d’avoir pu croire à ce genre d’histoire, elle tomba sur un site qu’elle n’avait pas encore vu. Tout en cliquant sur le lien, elle prit la décision d’arrêter si rien de concret n’en ressortait. Il était déjà tard dans la nuit, et ses yeux commençaient à sérieusement la piquer.
Le thème du site était assez sombre et malsain. Mais elle se força tout de même à lire au moins un article afin de se donner une preuve supplémentaire que tout ceci n’était que balivernes.
Ce dernier ne ressemblait pas aux autres non plus, car cela ressemblait plus à un journal de bord.

17 février 2109 :
  • Hier soir nous avons fêté le diplôme de Marc. La soirée était bien arrosée, et peut-être même trop. En rentrant j’ai aperçu deux femmes avec des ailes passant au-dessus de moi… Il faut vraiment que j’arrête de mélanger les alcools MDR.


23 février 2109 :
  • Je commence à me poser des questions sur ces femmes ailées que j’ai vu la semaine dernière. J’ai cru en apercevoir une autre aujourd’hui. Mais surtout il y avait un homme qui a soulevé une voiture juste avant (d’où le fait que je ne sois pas sûr pour la femme…) C’était la panique dans les rues. Mais ils n’en parlent pas à la télé, je trouve ça bizarre.
    Quelqu’un d’autre les a vus ?


Océanne descendit légèrement la page pour regarder la zone des commentaires. Elle se mordit la lèvre en se rendant compte qu’il n’y en avait aucun. Elle reprit la lecture, pensant enfin avoir trouvé quelque chose.

03 mars 2109 :
  • Je le jure, sur tout ce qui m’est cher, je n’ai pas bu une goutte d’alcool depuis la fête pour Marc. Mais aujourd’hui… J’ai revu ces femmes ailées. Elles se battaient avec des hommes, mais... Il y avait du feu et des éclairs qui sortaient de leurs corps. Le sol s’ouvrait sous eux…
    Je n’ai toujours rien vu aux infos, pourtant ça a été un massacre, il y a eu des morts. Personne n’en parle non plus… Je vous en supplie, dites-moi que je ne suis pas fou !


05 mars 2109 :
Ça y est, j’ai enfin la certitude que je ne suis pas fou ! Il y a eu d’autres affrontements dans les régions voisines ! Les infos n’en ont toujours pas parlé. Mais des vidéos ont circulé sur le net ! Des témoignages aussi ! Mais tous les sites ont été subitement supprimés… Le gouvernement nous cache des choses ! Ils veulent nous cacher tout ça. Serait-ce des expériences de leur part ? Je ne sais pas… Mais mon blog semble épargné pour une raison que j’ignore. Ils ne l’ont pas trouvé encore je pense. Je vais donc continuer de le remplir pour laisser des traces !

24 mars 2109 :
  • Aujourd’hui la Terre a tremblé… Au sens propre du terme. Je ne sais pas où exactement a eu lieu l’affrontement. Mais cela a dû être horrible… Je ne sais pas comment font les gens. Les événements sont pourtant clairs. Depuis un mois environ, des choses surnaturelles se passent. Mais ils semblent fermer les yeux…
    Je sais de sources sûres qu’il y a eu de nouvelles victimes de cet affrontement. Juste un petit garçon de quelques années a survécu alors que ses parents sont décédés dans l’accident. Je le plains sincèrement…


Océanne regarda aussitôt la date. Le vingt-quatre mars deux mille cent neuf. Cette date lui rappelait quelque chose.

« Ce serait pas la date où Julien a… »

Sûre qu’elle tenait enfin une piste, la rouquine fit défiler les quelques articles suivants pour trouver le nom de l’auteur du blog. Ce dernier était visible en bas de page.

« Lucien M.G… »

Ce nom était assez flou, mais c’était déjà une piste.
Avide d’en savoir plus, la jeune femme remonta la page pour lire les articles suivants. Cependant, quelques secondes plus tard, l’écran de son ordinateur devint tout noir. Puis elle se retrouva sur sa page d’accueil.

« Qu’est-ce qui se passe encore », souffla-t-elle.

Alors qu'elle pensait que c’était sa connexion qui lui avait encore fait défaut, elle retourna sur son navigateur et moteur de recherche. Reproduisant exactement la même recherche, elle ne parvint pas à retrouver le site. Durant de longues minutes, elle écuma les résultats trouvés, mais aucun ne la ramenait sur celui qu'elle voulait. Toutes les données semblaient avoir été supprimées. Comme s’il n’avait jamais existé.
Océanne se laissa tomber contre le dossier de son siège, ne sachant même plus quoi penser.

« Dans quoi je suis tombée… »


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Firemagma
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Lun 20 Juil - 16:44

11) Chacun son rôle :
a. Recherches... :
b. Regroupement

Cela faisait maintenant deux jours que la bataille dans le temple sous-marin avait été livrée. Période durant laquelle Firemagma n’avait presque pas parlé. Beaucoup de questions trottaient dans son esprit, et demeuraient sans réponse.
Il marchait en retrait par rapport à son allié, tout en s’examinant. Les plaies sur son ventre étaient presque totalement cicatrisées, ce qui ajoutait des interrogations. Cela avait été très rapide. Trop rapide.
Aquice quant à lui, semblait chercher quelque chose. Ils s’étaient légèrement éloignés de la falaise, mais la longeaient toujours. Ils marchaient sur d’énormes roches blanches, un paysage qui s’étendait à perte de vue.
Le démon aux cheveux bleus avait remarqué depuis un moment que son compagnon de route avait l’esprit occupé. Il l’avait laissé ainsi jusqu’à présent par simple amusement. Mais il décida de mettre fin à son petit jeu :

« Bon Nourrisson, et si tu me disais ce qui te tracasse autant, pour que tu en deviennes muet ? »

Le jeune démon leva les yeux vers son partenaire, qui était toujours de dos par rapport à lui. C’est vrai qu’il avait probablement toutes les réponses aux questions qu’il se posait. Mais il n’avait pas osé lui demander.
Même lorsqu’il était encore humain, Firemagma n’arrivait pas à accorder sa confiance aux autres personnes. Même pas à sa propre belle-mère, qui l’avait adoptée, et tout donnée. Il avait été si souvent trahi qu’il préférait rester seul. Aquice ne faisait donc pas exception.
Cependant, il venait de débarquer dans un monde qui lui était totalement inconnu. Beaucoup de choses s’étaient déroulées dans cette grotte sous-marine. Des événements qu’il n’arrivait pas à expliquer. Et puis ce n’était pas accorder sa confiance que de poser quelques questions. C’était en tout cas ce qu’il se disait pour se convaincre.

« Pas mal de choses se sont passées en bas. Dans cette grotte. Et que je ne comprends pas. Mon arme a… changé. Voir évoluée pendant que je me battais avec l’ange. Elle a même eu une réaction bizarre lorsque je lui ai tranché la sienne… Et même moi ! Regarde mon ventre ! J’ai déjà cicatrisé ! C’est pas normal ! »

Pendant qu’il parlait, les deux démons s’étaient arrêtés et Aquice regardait même son compagnon d’une manière étrange. Son regard s’arrêta sur sa dague.

« Tu as vraiment tranché l’arme de cette ange ?
- Bah oui. Pourquoi ?
- Impressionnant. »

Aquice reprit sa marche, quittant enfin l’arme des yeux, et laissa Firemagma sans réponse. Ce dernier le rattrapa pour le faire répondre. Mais le démon aux yeux violets fut plus rapide.

« Je te dois bien quelques explications, je pense. Surtout maintenant que tu es des nôtres. »

Les compliments d’Aquice étaient rares, particulièrement lorsqu'ils étaient gratuits comme à ce moment-là, ce qui étonna Firemagma. Mais son compagnon bifurqua légèrement, s’éloignant petit à petit de la côte. Il rangea ses mains dans ses poches.

« Je vais commencer par le plus simple. Ta cicatrisation est tout à fait normale. Tu sembles oublier assez souvent que tu es un démon à présent. Plus un humain. Ton corps est différent aussi par conséquent.
- Et si on me coupe un bras, il va repousser alors ? »

Bien que Firemagma ait dit cela d’un ton sarcastique, son compagnon pinça le haut de son nez, en signe de fatigue, et ne put s’empêcher de laisser s’échapper un profond soupir.

«  Non. Sans aller jusque-là. Mais toutes autres blessures guériront plus vite que lorsque tu étais humain. Cependant, tu n’es pas invulnérable pour autant. »

Le duo s’arrêta enfin, devant un arbre blanc, complètement desséché. Aquice afficha un sourire en le voyant, alors que le jeune démon ne l’avait toujours pas remarqué.

« Et pour mon arme ? Et l’ange ? »

Aquice se retourna en le fixant dans les yeux. Il sortit doucement les mains de ses poches.

« Chaque chose en son temps Nourrisson. Je vais t’expliquer ça plus tard. Pour le moment, nous avons des ordres à recevoir.
- Comment ça ? Par qui ?
- Tu vas vite comprendre. »

Le démon sortit sa dague et se fit une entaille à l’index droit. Avec le sang qui s’en échappait, il dessina sur l’arbre blanc un étrange symbole. Firemagma aurait été incapable de le décrire tant il était complexe et simple à la fois. Les motifs lui étaient totalement inconnus. Cependant, pour une raison qui lui échappait, il s’imprima dans son esprit dès qu’il le vit, et il aurait été capable de le reproduire immédiatement.
Dès que le symbole fut achevé, le liquide vital s’enfonça dans l’écorce. Le tronc se mit à noircir progressivement, se consumant progressivement.
Bien que la scène laissa Aquice totalement indifférent, plus occupé à essuyer son doigt, Firemagma, lui, en resta bouche bée. Il avait encore du mal à accepter et comprendre tous ces phénomènes, ainsi que sa nouvelle condition. Son esprit avait de la difficulté à s’ouvrir pleinement à tout ce qu’il avait toujours pris pour des superstitions.
Une fois l’arbre réduit en cendres, il laissa à la place un cercle noir en suspension. Une ombre imposante de même couleur y apparut d’un coup, ornée uniquement de deux petits points rouges lumineux. Dès que cette silhouette apparut, une pression dans l’air s’abattit sur les épaules du jeune démon. Il ne savait pas ce que c’était, mais c’était manifestement d’une puissance effroyable. Son cœur s’emballa alors que son souffle devint difficile. Il se retrouva à respirer par la bouche comme s’il avait couru plusieurs kilomètres à plein régime.
Le démon aux cheveux bleus s’agenouilla, et tira sur le bras de son compagnon pour qu’il en fasse autant.

« Maître », lança aussitôt Aquice.

Malgré le fait qu’on ne voyait pas exactement ses yeux, les petits points rouges se posèrent vers Firemagma. Ce dernier reçut un coup d’épaule pour le faire réagir.

« M… Maître.. »

Un grognement sourd se laissa entendre, puis le nouveau venu commença à parler. Sa voix était caverneuse et rauque. Firemagma eut la très désagréable sensation qu’elle transperçait son être. Il se sentait paralysé.

« Tu as le nez fin, Aquice. Mais vous avez mis bien du temps à récupérer vos armes. Rockhirth et Airwing les ont depuis quelques jours déjà.
- J’en suis navré, mon Seigneur. Mais j’ai dû former et guider notre dernière recrue.
- S'il n’est pas capable de se débrouiller seul, il ne mérite pas de figurer dans nos rangs ! »

Le visage du jeune démon pâlit. Plusieurs gouttes de transpiration perlèrent sur son front avant de glisser sur son visage.
Le seigneur des enfers reprit comme si de rien n’était.

« Le temps de passer à l’attaque est arrivé. Rockhirth et Airwing sont déjà aux anciennes ruines. Vous devez les y rejoindre. Sur place, vous formerez deux équipes. Vous devrez par la suite prendre les quatre plus grandes villes, à Kazan, Mizu, Shina et Tatsu.
- Comment devrons-nous procéder ? questionna le démon aux cheveux bleus.
- Chacune de ces villes est protégée par une ange, que vous devrez éliminer sans la moindre pitié, et ainsi prendre possession du cristal dont elles ont la garde. »

Bien qu’il fût tétanisé, Firemagma ne manqua aucune parole des ordres qui lui étaient donnés. Il réalisa que cet affrontement qui se profilait, ressemblait beaucoup à un jeu de stratégie auquel il jouait plus jeune, où il fallait étendre son influence en capturant des zones.

« Bien reçu. Vos ordres seront exécutés selon vos désirs. »

Instantanément, l’ombre disparut, ainsi que le cercle dans lequel elle se trouvait. La pression se relâcha aussitôt. Firemagma recommença à respirer normalement, et il eut l’impression de se sentir bien plus léger.
Il resta quelques instants genoux à terre, alors qu’Aquice se relevait.

« Comment… comment fais-tu pour supporter une telle puissance ?
- On s’y habitue. »

Le jeune démon se releva enfin. Son visage avait repris des couleurs.
Aquice le regarda avec un petit sourire en coin. Puis il pointa les cendres de l’arbre desséché.

« C’est un arbre spécial. Il n’existe que pour nous, démons, afin de pouvoir communiquer avec notre Seigneur. Tout comme il en existe pour les anges, afin qu’elles puissent parler avec le leur. Le nôtre semble « mort » comme tu as pu le voir. Et nous devons y faire la marque des démons avec notre sang. Elle a dû s’imprimer dans ton esprit immédiatement.
- Oui…
- C’est normal.
- Toi, tout comme… Lui. Vous parlez des anges au féminin. Pourquoi ?
- Parce que tous les anges sont des femmes. Et tous les démons sont des hommes. Me demande pas pourquoi, c’est juste comme ça. »

Firemagma, qui regardait dans le vide depuis le début, resta silencieux quelques instants, afin d’assimiler ces nouvelles informations, et tout remettre en ordre dans son esprit. Il avala sa salive, et reporta son regard vers Aquice. Sa détermination était revenue, ainsi que son calme. Il avait repris le dessus.
Cependant, Aquice le devança, sachant ce qu’il allait lui demander. Mais il s’amusa encore.

« Suis-moi. Les anciennes ruines sont à la frontière entre Tatsu et Shina. On a du chemin. »

Le démon recommença à marcher, s’éloignant des côtes. Firemagma quant à lui s’exécuta, calquant sa vitesse pour rester à côté de lui. Les autres réponses qu’il attendait étaient sûrement les plus importantes.

« Et pour le reste ?
- C’est vrai que tu m’as posé d’autres questions. Rappelle-moi ce que tu voulais savoir ? questionna le démon de l’eau pour s’amuser.
- Pourquoi mon arme a changé ? Et pourquoi l’ange a réagi ainsi quand j’ai tranché l’un de ses katars ?
- Ah oui. Maintenant que tu as ton arme, il faut savoir quelque chose d’important. Dès que tu as posé la main dessus, vous vous êtes retrouvés liés. Elle évoluera comme toi. Plus tu deviendras fort, plus elle le sera. Par conséquent, si elle est tranchée, ou détruite, tu en mourras.
- Elle n’en est pas morte, elle.
- Tu m’as dit qu’elle en avait deux. Si la seconde avait subi le même sort, ça aurait été le cas. Là, ça a dû lui infliger une terrible blessure mentale. Le combat était déjà terminé. Si ton arme est ébréchée également, tu auras de terribles douleurs. »

Firemagma sortit doucement sa dague pour la regarder. Des reflets rouges y apparaissaient. Aquice quant à lui, regardait du coin de l’œil.

« Son arme est déjà très puissante, songea-t-il, pour qu’elle ait pu trancher celle d’une ange. »

Il sortit à son tour sa dague, et la présenta devant son compagnon. Firemagma y vit une certaine similitude. Tous deux avaient une dague en guise d’arme.

« Ces armes sont comme nos vies. Tu ne dois jamais l’égarer. »

Le jeune démon afficha un petit sourire. Il commençait à prendre goût à tout cela. À cette nouvelle vie.

« Et bien heureux d’être parmi vous ! Trinquons à cela ! »

Il dirigea rapidement sa dague sur celle d’Aquice, et toqua dessus d’un geste amical.

« No… ! »

Il n’eut même pas le temps de finir son mot qu’une explosion se déclencha. Les deux démons furent éjectés en arrière de la même manière, comme s'il y avait un miroir entre eux.
Deux ou trois minutes s’écoulèrent avant qu’ils ne se relèvent. Firemagma était totalement désorienté, ne comprenant pas ce qui venait de se passer. Son compagnon vint à sa rencontre, le visage sévère.

« Ça va bien que tu n’étais pas au courant, le Nourrisson ! Nos armes ne doivent jamais entrer en contact, jamais ! Nos éléments sont opposés, elles déclencheront une explosion à chaque fois ! »

Firemagma assimila cette énième information pendant qu’Aquice rangeait son arme. Il finit par se relever doucement, et imita son compagnon. Sa tête lui tourna légèrement, mais il retrouva rapidement son équilibre.

« Ok.
- Allez, on repart. »

Le jeune démon se remit à suivre son compagnon, mais bien plus détendu que ces deux derniers jours.
Après un bon moment de marche, toujours à l’arrière, il se mit à regarder sa chaîne. Et plus particulièrement sa médaille. Il se réjouissait, tandis que ses yeux brillaient légèrement.

« Ma vengeance est en marche, se dit-il intérieurement. Bientôt, vous serez vengés. »

Laissant son bijou pendre à son cou, il rattrapa doucement Aquice pour se mettre à son niveau. Ce dernier, qui l’avait toujours à l’œil, afficha un sourire plus que satisfait. Ses yeux violets brillaient également.

« Et faut qu’on passe dans une ville. Je vais pas me balader à moitié à poil tout ce temps. »

Les deux démons ne purent s’empêcher d’échanger un éclat de rire.


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Mer 29 Juil - 14:17

11) Chacun son rôle :
a. Recherches... :
b. Regroupement :
c. Stratégie :

Avançant dans un long couloir à peine éclairé, McGregor restait droit et fier. Il portait dignement son uniforme militaire, qui épousait parfaitement son corps. En effet, sa chemise blanche, qui était ornée de multiples décorations au niveau du pectoral gauche, dessinait tous ses muscles, les faisant ressortir.
Le visage sévère, il aperçut la fin du couloir, débouchant sur une pièce baignée de lumière. Un brouhaha incroyable en ressortait, produisant un écho là où il se trouvait encore. Cela ne signifiait qu’une chose. Il devait y avoir un monde impressionnant dans cette pièce, mais le vieux général s’y dirigeait d’un pas décidé.
Il arriva à l’entrée d’une immense salle circulaire. Toute la circonférence était constituée de tribunes, remplie de centaines, voire de milliers de soldats. Tout en suivant un petit chemin, il arriva vers une imposante machine au centre de la salle ; elle comportait de nombreux boutons et leviers. Il en sortait un épais cylindre de verre bleu et transparent, qui s’élevait sur quatre ou cinq mètres.
Alors qu’il était presque à la place centrale, et donc à la vue de tous, les conversations s’arrêtèrent. Un silence respectueux s’installa. Seuls quelques murmures persistèrent.
« Regarde c’est lui ! »
« Enfin je le vois ! »
Légèrement au-dessus de l’entrée par laquelle était arrivé McGregor, se trouvait une estrade légèrement en hauteur. Sur cette dernière étaient présents les quatre généraux qui étaient venus chercher McGregor au commissariat. Tous étaient également en uniforme, et attendaient le sourire aux lèvres.
Une fois au milieu de cette immense salle, il fit un tour sur lui-même, lentement, afin de regarder chaque rangée, chaque colonne de ces soldats.

« Bonjour à tous ! Je suis le général en chef, McGregor ! »

Malgré l’importante taille de la salle, la voix du vieil homme porta assez loin et fort pour être entendue de tous.

« Je ne vais pas passer par quatre chemins, et je pense qu’il est évidemment inutile de vous préciser que tout ce qui va suivre, est classé secret défense. Donc rien ne devra filtrer hors de cette salle ! Si je suis ici aujourd’hui, c’est pour reprendre le commandement. Si je suis ici aujourd’hui, c’est pour vous révéler un secret que le gouvernement, et l’armée, ont su garder. Des informations qui vous remettront vous-même en question. Remettant en cause tout ce que vous pensiez savoir jusqu’à aujourd’hui ! Vous, la crème de notre armée, spécialement sélectionnée pour ce qui va suivre ! »

La troupe entière de soldat buvait ses paroles. Tous étaient tenus en haleine, attendant la suite de ce briefing, pour le moins exceptionnel.

« Une guerre est cachée à la population, aux civils, depuis des décennies. Et son origine remonte plus loin encore ! Des êtres surnaturels, des êtres que l’on pensait faire partie uniquement des croyances, du folklore, anges et démons, se livrent une guerre depuis la nuit des temps ! Dont l’enjeu n’est autre que notre Terre ! »

Une exclamation de surprise parcourut l'assemblée. Certains se retrouvèrent encore plus accrochés à ses paroles, alors que d’autres commençaient déjà à douter. Un petit murmure refit surface.

« Ces êtres possèdent une force, une résistance, une vitesse, et même des pouvoirs qui défient notre imagination ! Pouvant même manipuler les éléments, tel que le feu, la foudre, et on ne sait quoi d’autres encore ! Pourtant, l’humanité n’en a pris conscience que récemment. Depuis trois guerres exactement. Et y prend part. Nous ne possédons pas toutes les informations, mais nous savons qu’avant elles avaient lieu tous les cent ans environ. Mais elles sont de plus en plus récurrentes. La dernière ayant eu lieu il n’y a même pas vingt ans ! »

Le général reprit son souffle, continuant d’observer son public. Il fixa un peu plus ceux qui doutaient, car ils n’étaient pas difficiles à reconnaître.

« D’après ce que nous savons, les anges parviennent à gagner à chaque fois, mais pas forcément avec aisance ! J’ai participé à la dernière en date ! Je suis même parvenu à tuer un démon de mes propres mains ! Et je suis peut-être le premier ! Mais je ne veux pas être le dernier à réaliser cet exploit ! Si je suis devant vous aujourd’hui, c’est parce qu’ils sont de retour ! »

Un silence pesant plana dans la salle. McGregor observa les réactions qu'avaient ses soldats. Il était conscient que ces informations seraient difficiles à avaler. Pour une partie en tout cas. Mais il était préparé à convaincre les plus récalcitrants.
Alors que ses petits yeux noisette les épiaient, un soldat sur sa droite éclata de rire. Plusieurs de ses collègues le regardèrent bizarrement, d’autres étaient tentés d’en faire autant, mais n’osèrent pas.
McGregor croisa les bras sur son torse, détaillant le jeune d’un regard sévère. Et ce, même si c’était le genre d’attitude qu’il attendait, et espérait. Il se réjouit intérieurement.

« Qu’est-ce qui vous prend, soldat ?! »

Ce dernier s’arrêta de rire, et regarda le général, peinant à conserver son sérieux. Il se leva pour prendre la parole.

« Je suis désolé mon général. Mais avec tout le respect que j’ai pour vous… Des anges ? Des démons ? C’est très difficile à avaler. Et s’ils existent vraiment, et sont aussi puissants que vous le dites, comment leurs affrontements ont pu nous échapper ? Et comment auriez-vous fait pour en vaincre un ? C’est impensable… »

De petites conversations commencèrent à naître dans l’assemblée. Les quelques phrases de ce soldat suffirent à faire douter la quasi-totalité de ses frères d’armes.
Du haut de leur estrade, les quatre autres généraux restèrent sereins, et conservèrent leurs sourires.
McGregor quant à lui, dissimulant un léger sourire, s’approcha de quelques pas vers le soldat, tout en déboutonnant sa chemise qu'il garda en main. Il dévoila son incroyable musculature, mais surtout, une cicatrice impressionnante. Elle entourait tout le côté gauche de son corps, traversant son torse et sa clavicule, descendant sur son dos, avant de passer sous son bras, pour finir par se refermer à son point de départ.
Les soldats se turent immédiatement.

« J’ai dit que j’en avais tué un. Pas que je m’en étais sorti indemne, et en un seul morceau ! À rire ainsi, vous insultez la mémoire de tous vos frères, morts pendant les précédents affrontements ! Sachez que pour certains, il ne restait même pas de corps à mettre dans le cercueil ! À l’avenir, évitez de vous montrer aussi irrespectueux ! »

Le soldat se mit à rougir, et baissa la tête, honteux.

« Je suis désolé, mon général… »

McGregor lui tournant le dos, il se redirigea vers le centre de la salle, remettant proprement sa chemise. Il avait réussi. Tous le suivaient désormais du regard avec admiration.
En temps normal, rire pendant le discours d’un général était passible de la cour martiale, et de très graves ennuis. Mais là, c’était une situation très spéciale et délicate. Il avait provoqué, et même espéré cette réaction. Le vieil homme les avait conduits là où il le voulait.
Une fois l’uniforme totalement remis, il se positionna juste à côté de l’imposante machine. Il observa une nouvelle fois l’assemblée, avant de l’activer, et tous le regardaient silencieusement.
Appuyant sur quelques boutons, elle se mit à légèrement vibrer. Le cylindre de verre bleu s’alluma, et une image se matérialisa au centre, en 3D. C’était le portrait de Firemagma.

« Ce jeune homme de dix-huit ans, nommé Julien Taïka, est suspecté d’être l’un des quatre démons. C’est la première fois que nous avons la connaissance de l’un d’eux avant que tout ne commence. Il s’est fait remarquer en montrant des aptitudes assez impressionnantes, pour un humain. Nous n’avons pas encore de sources sûres, sur son identité de démon. Mais par expérience, je dirais qu’il y a quatre-vingt dix-neuf pour cent de chance qu’il en soit un. »

McGregor se retourna, appuyant sur quelques boutons, pour que le portrait du jeune démon disparaisse. Il reprit ses explications.

« Nous ne connaissons pas encore l’identité ou l’apparence des autres. Ils ont su se faire plus discrets. Nous pouvons cependant vous dire qu’ils sont quatre démons au total. Cela a toujours été ainsi. »

Alors qu’il actionna une fois de plus des touches sur la machine, et tira sur un levier, divers plans d’armes apparurent sur l’écran cylindrique.
Plusieurs soldats arrivèrent, portant une petite boîte, ainsi qu’un énorme bloc d’acier. Ils déposèrent le tout devant le vieux général, avant de repartir.

« Les armes conventionnelles sont très peu, voire pas du tout efficaces sur eux. Nous avons donc dû adopter un nouveau type d’énergie. »

Il prit la petite boîte en main, et en sortit deux serpes noires. Celles qu’il avait récupérées dans la pièce secrète de son bureau de policier.
Les empoignant biens, de sorte que les extrémités aillent vers ses poignets, il appuya sur un petit bouton sur celles du dessus. Dans un sifflement, une lame bleu fluorescente sortit en dessous, pour les deux armes.
McGregor les mania à la vue de tous, alors que les soldats étaient captivés et impressionnés. Estimant avoir fait assez d'exhibition, et sans prévenir, le vieux général abattit l’une de ses lames sur l’épais bloc d’acier. L’arme à énergie bleu le trancha net, alors que le vieil homme ne força à aucun moment. On aurait presque pu penser qu’il s’agissait d’un bloc de feuille, jusqu’à ce que les deux morceaux se séparent dans un bruit sourd et lourd.
L’assemblée en eut le souffle coupé. McGregor quant à lui, se redressa, et coupa l’énergie avant de remettre les armes dans la boîte.

« Ces armes, créées pour combattre les démons, sont d’une puissance incroyable. Comme vous pouvez le constater sur l’écran, il en existe une petite dizaine de type différent. Vous devrez passer des tests afin de déterminer laquelle vous sera remise ! Il va sans dire qu’elles devront être maniées avec une extrême prudence ! »

Il finit par éteindre complètement la machine. Voyant tous ces soldats qui venaient d’intégrer des événements nouveaux, il se félicita d’avoir réussi son briefing.

« Je vais à présent vous laisser. Une tonne de choses vous attendent ! »

McGregor se mit au garde à vous, et salua l’assemblée. D’un seul homme, tous les soldats se levèrent d’un coup, et le saluèrent également. Le respect et l’admiration se lisaient sur leurs visages.
Masquant son sourire, le vieux général retourna sur ses pas, alors que les tribunes se vidaient. Suivant le petit chemin, en sens inverse cette fois, il vit une femme, d’une cinquantaine d’année passée, l’attendre à l’entrée de la salle.
Elle avait les cheveux blancs, coupés au carré. Son visage, qui possédait quelques rides, était orné de deux yeux marron clair. Elle portait une veste militaire et un petit tailleur noir en bas. Malgré son âge, elle avait de belles jambes élancées, qui surmontaient des talons noirs.
Un dossier dans les bras, et un grand sourire aux lèvres, elle attendait visiblement McGregor. Lorsque ce dernier arriva à son niveau, il lui rendit son sourire.

« Bonjour Miranda. Heureux de te revoir.
- Ravie également que tu sois revenu. »

Sa voix était particulièrement douce et apaisante.
Un silence s’installa, alors qu’ils se regardaient chacun dans les yeux, ne lâchant pas leur sourire. Ce moment, qui était fort agréable pour chacun d’eux, dura quelques petites minutes, les laissant ainsi l’apprécier.
Sentant qu’elle commençait à rougir, Miranda tendit le dossier vers McGregor, mettant fin à ce petit moment.

« Avant-hier, une jeune fille du nom d’Océanne Filia a trouvé des informations sur Internet. Sur un site, ou plutôt un blog, que nous n’avions pas détecté plutôt. Nous l’avons immédiatement supprimé, mais elle a eu le temps de le consulter. Ses recherches se sont également faites précises. Devons-nous aller la chercher ? »

Le vieux général repoussa gentiment le dossier, à la surprise de Miranda.

« Non. Je la connais un peu, et elle a été mêlée à cette histoire malgré elle. Il faut la laisser tranquille à présent. »

Il se tut un moment, touchant sa moustache en spirale. Il venait de réaliser autre chose.

« En revanche. Envoyons deux ou trois hommes afin de la surveiller. Le plus discrètement possible, il ne faut pas qu’elle se sente observée. Le jeune homme que nous suspectons d’être un démon pourrait revenir vers elle.
- Très bien. Je vais donner les instructions, répondit-elle, tout en prenant des notes.
- Merci, Miranda. »

Il lui adressa un dernier sourire, et reprit son chemin, passant à côté d’elle. Cette dernière s’arrêta aussitôt d’écrire, et une grande tristesse se dessina sur son visage. Elle regarda discrètement McGregor s’éloigner.

« Désolée… pensa-t-elle. Désolée de ne pas tout t’avoir dit… »


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Dernière édition par Firemagma le Jeu 15 Oct - 13:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Sam 19 Sep - 12:30

12) Humiliations :

Firemagma et Aquice avaient voyagé durant une petite semaine. Le jeune démon était toujours torse nu ; en effet, le duo n’avait toujours pas croisé une seule ville pendant leur trajet jusqu’aux anciennes ruines.
Lorsqu’ils y arrivèrent, ils purent contempler la bâtisse délabrée. Malgré son état, elle conservait une certaine prestance, du fait de sa roche noire ébène. Cette dernière se trouvait au centre d’une immense clairière, en plein milieu d’une forêt. Il n’y avait ni herbe, ni arbre, pas même des animaux. Le sol était sableux et poussiéreux.
Lorsqu’ils pénétrèrent dans ce lieu, Firemagma ressentit une atmosphère étrange, oppressante. Il avait l’impression de ne pas être seul, voire d’être observé. Il regarda plusieurs fois autour de lui, mais ne remarqua personne.
Aquice qui le voyait faire, comprit aussitôt, et lui expliqua.

« C’est un ancien lieu démoniaque ici. Inaccessible pour les anges, ou toute autre forme de vie. À part nous. C’est donc normal que tu ressentes un malaise, la première fois.
- Je vois. »

Peu importe où il allait, le jeune démon apprenait toujours plus sur sa nouvelle condition. Mais il ne ressentait plus la moindre honte à se renseigner auprès d’Aquice.
Un peu plus loin, se trouvaient Rockhirth et Airwing, respectivement appuyés et allongés sur les pierres noires.
Le jeune démon remarqua aussitôt leurs armes. Le géant avait une immense double-hache sur son dos, accrochée grâce à une sangle en cuir noir, qui passait sur son torse et épaule gauche. L’imposant instrument de combat, qui était presque aussi grand que le colosse, était majoritairement d’un gris métallisé particulièrement beau. Orné de quelques décorations dorées, cela donnait du relief au manche, comme à la lame. Par-dessus cette dernière, se trouvait une grosse pointe de même couleur.
Airwing quant à lui avait un fouet en acier, suspendu à sa ceinture. D’un gris plus profond, il était en plusieurs parties, relié par de petites chaînes, avant de terminer en pointe. Le manche était tout fait de cuir noir.
Firemagma était hypnotisé par l’arme de Rockhirth. Elle était particulièrement imposante, en accord avec le physique du démon, et semblait déborder de puissance. Il serra inconsciemment la main sur le fourreau de sa dague.
Il ne put s’empêcher de poser la question, alors qu’ils se rapprochaient du second duo.

« Comment est-ce possible que… que Rockhirth possède déjà une telle arme ?
- Tu l’as vite remarqué. Tu fais des progrès Nourrisson. Disons pour faire simple, que Rockhirth est spécial. Il est déjà au sommet de sa force. Jamais il ne sera plus fort qu’actuellement, ni plus faible.
- Comment ça se fait ? demanda aussitôt le jeune démon, visiblement intéressé.
- De son vivant, il aurait visiblement passé un pacte pour obtenir cette force. Un pacte qui lui a coûté son âme.
- C’est pour cette raison qu’il est… ainsi ? Muet et tout ?
- Oui. Sans notre âme, nous n’avons plus de volonté propre. »

Firemagma réfléchit quelques instants, méditant sur la chose, avant de reprendre.

« Avec qui il a pu passer ce pacte ?
- Seul lui le sait. »

Le jeune démon observa Rockhirth, ainsi que l’état dans lequel il se trouvait, alors qu’Airwing venait vers eux. Il ressemblait plus à un soldat vide qu’autre chose. Même son regard n’affichait pas la moindre expression. Il eut presque pitié pour lui.

« Être sans but, presque une coquille vide… Je préfère me venger par mes propres moyens, songea-t-il. Être conscient quand cela arrivera. C’est mieux. »

Rockhirth tourna la tête vers Firemagma au même moment. Malgré la bonne distance qui les séparait, le jeune démon eut l’impression que le colosse esquissait un petit sourire à son intention. Mais en regardant plus attentivement, son visage était toujours impassible. Sans expression.

« J’ai dû rêver », pensa-t-il.

Le petit démon arriva au même moment jusqu’à eux. Ce dernier observa Firemagma, et regarda sa dague. Il afficha un large sourire.

« Même l'Nourrisson a eu son arme. C’est à la portée d'tous maint'nant. »

Les yeux du jeune démon se mirent immédiatement à briller. Il s’était plus ou moins habitué à ce qu’Aquice l’appelle de cette manière, mais pas Airwing. D’autant plus qu’il ne le portait pas dans son cœur, et ce, depuis leur première rencontre en enfer. Il semblait d’ailleurs avoir récupéré la personnalité qu’il avait à ce moment.

« Tu jouais moins le malin la dernière fois, le dingue ! Si je t’en colle une maintenant, ils auront tous mal dans ton crâne ?
- J'sais pas, mais ça m’amuserais qu't'essayes. Que j'te réduise en morceaux. »

Airwing se lécha la lèvre supérieure au même moment. Firemagma quant à lui, sentit son rythme cardiaque accélérer, et son sang ne fit qu’un tour. Ses yeux crépitaient de fureur, alors que la température grimpait de quelques degrés. Il fit un pas vers Airwing tout en faisant apparaître une boule de feu dans sa main.
Airwing afficha un sourire en la remarquant, alors que le démon aux cheveux bleu laissait s’échapper un sourire d’exaspération.

« Ah ! T’es une allumette en plus ! »

Le petit démon explosa de rire tout en se pliant en deux. Pour Firemagma, c’était l’insulte de trop. Il était sur le point de se jeter dessus quand Aquice s’interposa.

« Du calme vous deux. Vous aurez l’occasion de régler vos comptes bien assez tôt.
- Ah oui ? » demanda aussitôt Airwing, le regard enjoué.

Aquice ne répondit pas, et se dirigea vers Rockhirth. Firemagma ne quitta pas Airwing du regard. Ses poings étaient si serrés, que ses phalanges avaient blanchi. Le petit démon quant à lui, conserva son large sourire, et lui adressa un clin d’œil avant de rejoindre les deux autres.
Lorsque le quatuor fut réuni, Aquice reprit la parole, les regardant à tour de rôle.

« Nous devons former deux équipes. Et le meilleur moyen d’y parvenir, et de les faire équilibrer, est d’organiser un combat. »

Firemagma et Airwing se regardèrent immédiatement. Une tension invisible s’installa entre eux.

« Nous allons nous battre tous les quatre. Sans nos armes. Mais avec nos pouvoirs. Le premier à terre, et incapable de continuer, sera en équipe avec le dernier debout. Les deux autres ensembles. »

Le démon aux cheveux bleu détacha le ceinturon qui retenait sa dague. Il masqua un petit sourire.

« Nous tirerons au sort par la suite, pour savoir quelle équipe ira où. Déposons nos armes là-bas. »

Il désigna l’endroit où patientaient les démons à son arrivée. Il y déposa sa dague, imité par les trois autres.
Ensemble, ils s’éloignèrent chacun en cercle, tous à une bonne distance, exploitant au maximum la petite clairière.
Aquice créa une petite bulle d’eau, à la vue de tous, et la laissa aller jusqu’au centre.

« Lorsqu’elle éclatera, le combat pourra commencer. »

Les quatre paires d’yeux étaient fixés dessus.
Firemagma avait les poings serrés, et prit appui pour bondir dans la seconde où elle éclaterait.
Rockhirth était toujours impassible, droit comme un pic.
Airwing avait les bras croisés sur le torse, un sourire sur le visage, encore.
Aquice, les yeux fermés, un petit rictus en coin, patientait.
Puis la bulle éclata.
Ni une, ni deux, Firemagma se précipita vers le petit démon, qui en fit autant. Arrivé l’un devant l’autre, chacun envoya son poing, que l’autre bloqua. Les lançant dans un duel de force.
Rockhirth, qui n’avait pas bougé, observa l’action, puis dirigea son regard vers Aquice. Ce dernier leva les mains en signe de dépit.

« Pas vraiment le choix, apparemment. »

Le géant se mit à courir, faisant trembler le sol, et souleva des nuages de poussière à chacun de ses pas. Le démon de l’eau l’attendait, ses yeux violets brillants d'une lueur d'excitation.

Airwing envoya son poing vers le visage de son adversaire, mais ce dernier le contrat sans problème. Il ne ressentit même aucune force dans ce coup. Il se rappela à ce moment son altercation avec McGregor, et tenta de l’imiter en entamant une clé de bras. Mais le petit démon s’échappa avec une incroyable aisance, et frappa une seconde fois. Qui fut bloqué, et toujours sans la moindre effort.
Firemagma ne put s’empêcher de faire la remarque.

« T’as franchement rien dans les bras, nabot ! Et t’espérais me battre ? »

Alors que le jeune démon ricanait, Airwing fit deux pas en arrière, et se mit légèrement de côté. Il n’avait toujours pas perdu son sourire.
Soudain, et avec une vitesse phénoménale, son pied qui était en arrière partit circulairement, et frappa Firemagma dans les côtes. Ce dernier eut aussitôt le souffle coupé, cessant ses moqueries. Relevant la tête, il eut l’impression que trois pieds arrivaient sur lui. Il se fit frapper successivement de l’autre côté du ventre, le torse et le visage.
Chancelant de quelques pas en arrière, il regarda le petit démon qui semblait ne pas avoir bougé. Son sourire s’élargit.

« Alors ? Fini la causette ? J'te pensais plus solide. »

Serrant des poings, Firemagma se précipita vers Airwing. Ce dernier, et avec une vitesse qui dépassait l’imagination, donnant presque l’impression que ses mouvements étaient une hallucination, sauta en tournant vers lui. Son talon heurta le menton du démon de feu, qui vrilla sur lui-même avant de se retrouver face contre terre.
Airwing se jeta sur lui, et le retourna sur le dos, avant de s’asseoir sur son torse. Firemagma réagissait à peine. Son regard était aveuglé par de multiples lumières, laissant ses yeux aller dans tous les sens.
Son adversaire posa sadiquement ses propres pupilles de félin sur lui, et se gratta le menton.

« J’avais raison au final. Ils t’ont donné d'l’importance sous prétexte qu't'as assommé Bworf. Mais t'vaux pas un pet. Mais t'as quand même d'la chance… »

Il élargit son sourire carnassier, se léchant une fois de plus la lèvre. Firemagma quant à lui commençait à revoir clair.

« … Si j’avais pu garder mon arme là, j't’aurais fouetté à sang, jusqu’à c'que t'me demandes pitié. »

Le jeune démon se revit aussitôt enchaîné, et torturé des semaines durant. Dans un sursaut, il envoya sa tête en avant, à l’aveugle, et frappa celle d’Airwing, qui partit en arrière.

« Jamais ! hurla-t-il en se relevant. Jamais tu n’auras cette occasion ! »

Ses bras s’enflammèrent totalement, dégageant une terrible fournaise, et se jeta sur son adversaire. Ce dernier se mit à rigoler, tout en se massant le nez. Le coup ayant été porté au hasard, il n’avait pas fait trop de dégât. Une tornade entoura d’un coup le petit démon. Le vent semblait être devenu vert. Ses cheveux de la même couleur partaient dans tous les sens, alors que ses yeux jaunes de félin brillaient.

« Pauv' Nourrisson. »

La tornade sembla s’incliner, alors qu’il mettait ses mains dans ses poches, et il souffla les flammes de Firemagma en le stoppant. Ce dernier, totalement désemparé, lança deux boules de feu qui ne parcoururent qu’à peine deux mètres, avant d’être éteintes.
Airwing rit de plus belle, voyant le jeune démon dans l’incompréhension, et sortit l’une de ses mains pour le pointer.

« Jamais tu n'm’atteindras. Ptit' Nourrisson. »

La tornade s’allongea tout en s’inclinant, et enveloppa Firemagma. Des taillades apparurent sur ses bras, alors qu’il les avait mis en croix devant son visage. Lorsqu’il releva la tête, Airwing était là. Devant lui. Son genou se planta dans son abdomen, le mettant au sol. Un petit filet de sang coulait du coin de sa bouche.

Rockhirth tentait de frapper Aquice, mais ce dernier esquivait tout avec une grâce incroyable. Ne bougeant qu’au dernier moment, il laissait le coup le frôler sans le toucher. Seuls ses cheveux bleus se détachaient de ses mouvements, ondulant dans tous les sens.
Tout en esquivant le poing du géant, il frappa plusieurs fois son ventre, mais cela n'eut pas le moindre effet. Le colosse semblait insensible. Il reprit alors ses distances, pour anticiper les attaques.
Il n’avait pas le droit à l’erreur, il le savait. Ses yeux violets brillèrent légèrement.

« Le moindre coup de Rockhirth me mettra K.O, songea-t-il. Actuellement tout du moins. Mais sa résistance est bien plus importante que je ne pensais… »

Dans ses pensées, il faillit ne pas esquiver à temps le pied du géant. Sautant d’un bond en arrière, il se heurta à un mur de terre noire. Des sangles en jaillirent, entourant son torse pour l’immobiliser.
Aquice regarda tout autour de lui, paniqué, alors que Rockhirth se précipitait vers lui. Il matérialisa un imposant mur d’eau entre eux, alors que le colosse s’y enfonçait, épaule en avant.
L’élan du démon fut atténué, mais il passa au travers, et explosa le mur de terre au moyen de son corps. Aquice roula plusieurs fois sur lui-même. Son T-shirt blanc était devenu gris-noir, et quelques peu déchiré. Du sang coulait de sa tempe jusqu’à son menton.
Alors qu’il n’avait toujours pas repris totalement ses esprits, Rockhirth le saisit de son immense main, et le jeta de toutes ses forces sur Firemagma et Airwing, qui se battaient toujours. Ces derniers ne le virent pas venir, et le trio s’écroula au sol.
De ses deux poings, Rockhirth frappa le sol qui se fissura jusqu’aux trois démons. Une main de pierre noire géante en sortit, et s’abattit sur eux. Aquice et Airwing se précipitèrent sur les côtés, alors que Firemagma eut tout juste le temps de rouler sur lui-même, et se retrouver entre deux doigts de terre.
Une fois debout, les trois démons se regardèrent, et passèrent un accord muet. En même temps, ils se jetèrent sur Rockhirth.
L’équipe tournait autour du colosse, le frappant à de multiples reprises, tandis que ce dernier tentait de riposter, sans vraiment savoir où frapper. Combiné à sa lenteur, du fait de sa corpulence, il devenait la proie des autres.
Airwing était déjà loin lorsqu’un coup le visait, et ses petites jambes frappaient le colosse dans tous les sens.
Aquice conservait la même technique qu’auparavant, tout en ayant bien plus d’ouverture pour frapper.
Firemagma quant à lui, décida de s’attaquer aux jambes pour le faire tomber. Des flammes apparurent dans ses mains, et partirent en rayon sur le sol qui s’enflamma. Aussitôt, Rockhirth pointa la paume de sa main vers le bas, et la terre trembla. Cette dernière se souleva, et étouffa les flammes. Le jeune démon eut un moment d’hésitation, restant sans voix.

« Pourquoi mes pouvoirs ne marchent pas encore ?! » s'insurgea-t-il intérieurement.

Ce moment d’hésitation suffit au géant pour le frapper de toutes ses forces. L’avant de son pied s’enfonça dans son ventre, le faisant voler sur une dizaine de mètres, où il s’écroula au sol, dans un nuage de poussière et de sable. Un énorme hématome se dessina, alors qu’il se pliait en deux, tout en crachant du sang.
Aquice et Airwing profitèrent du moment pour agir. Le démon aux cheveux bleus utilisa ses pouvoirs, et envoya une gerbe d’eau sur le visage de Rockhirth, enveloppant sa tête dans une bulle, l’aveuglant ainsi temporairement. De son côté, Airwing profita de sa déstabilisation pour créer un petit filet d’air entre le sol et les pieds du géant, lui faisant totalement perdre l’équilibre.
Le duo de démon sauta en même temps, et chacun planta un genou dans son visage, le faisant tomber au sol dans un puissant tremblement.
Firemagma revint à ce moment, sautant par-dessus eux. Ses yeux crépitaient d’une colère incroyable, alors que son visage était déformé par la rage. Ses deux poings étaient enflammés, et joints, prêt à s’abattre comme un marteau sur Rockhirth.
Aquice réagit au même moment. De l’eau jaillit de tout son corps, et enveloppa le jeune démon, éteignant son pouvoir. Prit de court, il se retrouva frappé de quatre ou cinq coups en plein vol, avant d’être écrasé au sol, où il perdit connaissance.
Revenant à terre, Aquice se jeta sur Airwing qui avait à peine suivi l’action. Malgré son incroyable rapidité, il n’eut pas le temps de réagir lorsqu’il reçut un coup de genou dans le ventre, puis le coude d’Aquice qui se planta dans sa nuque. Ses yeux jaunes devinrent blancs, alors qu’il tombait au sol à son tour.
Rockhirth était déjà en train de se relever, quand des yeux violets et brillants se posèrent sur lui. Leur propriétaire sauta, tourna plusieurs fois sur lui-même, avant de se refrapper le géant au visage, de ses deux genoux joints.
Rockhirth ne bougea plus par la suite.
Aquice avança entre ses trois victimes, et les regarda à tour de rôle, un sourire à la bouche. Ses yeux violets semblaient pulser comme un cœur sous la joie.

***
**
*


Firemagma ouvrit ses yeux couleur rubis trois quarts d’heure plus tard. Il se retrouva sur le dos, les bras en croix. Sur sa droite, il vit Airwing et Rockhirth de dos qui s’éloignaient. Le petit démon boitait légèrement. Refermant les yeux sous la douleur qui frappait son crâne, il se passa la main sur le visage.

« Alors Nourrisson, on se réveille enfin ? »

Firemagma sursauta, et vit Aquice sur sa gauche, accroupi à côté de lui. Il le regardait avec un petit sourire moqueur. Le jeune démon pesta en se redressant doucement.

« Qu’est-ce qui s’est passé ?
- Tu as été le premier inconscient, suivi par Airwing, et Rockhirth. Donc nous sommes définitivement en équipe, et eux sont partis.
- Où ?
- On a tiré au sort les destinations, pendant ta sieste. Ils vont à Tatsu et Shina. Donc nous iront à Kazan et Mizu. »

Des flashs revinrent à Firemagma, où ses pouvoirs étaient totalement inefficaces. Il fronça les sourcils en regardant son partenaire.

« J’ai rien pu faire ! Qu’est-ce qui s’est passé ?! Mes pouvoirs ne m’ont servi à rien !
- Je vais t’expliquer. Lève-toi. »

Aquice se releva en premier, imité par son compagnon, qui chancela légèrement.

« Les éléments suivent une logique. L’eau brise la terre. La terre bloque le vent. Et le vent guide l’eau. Mais le feu est à part. Il est éteint par l’eau, soufflé par le vent, et étouffé par la terre. C’est le plus faible qui soit. »

Firemagma serra des poings, alors que son regard s’assombrissait. Ses yeux brillaient d’une étrange lueur.

« Vous m’avez juste humilié… Ce n’était qu’un jeu pour vous.
- Non. Nous avons combattu. C’est tout. »

Firemagma ne se détendit pas pour autant, et n’écouta qu’à moitié les paroles d’Aquice. Son regard fut néanmoins attiré par une petite pièce dorée qu’il agita devant lui.

« Nous allons tirer au sort pour savoir qui ira où maintenant. »

Le démon aux yeux violets mit ses mains dans son dos, juste avant de les replacer devant Firemagma, les poings fermés.

« Choisis. Celui qui a la pièce ira à Kazan. Tu es le dernier, je te laisse donc maître de ton destin. »

Firemagma hésita quelques instants, regardant les deux mains, puis en désigna une. Sans le moindre enthousiasme.

« Droite. »

Aquice ouvrit cette même main, qui contenait la pièce dorée. Le jeune démon y prit la pièce, laissant s’échapper un soupir.

« Tu vas devoir retourner dans ta ville pour y trouver le cristal, Nourisson.
- Ouais, pas le choix… »

Sans grandes convictions et tout en boitant, Firemagma tourna les talons pour s’éloigner des ruines la main sur le ventre, suivit d’Aquice.
Ce dernier ouvrit discrètement sa main gauche dans son dos, et laissa tomber une seconde pièce dorée au sol.


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Firemagma
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Firemagma   Ven 23 Oct - 16:57

13) Coopération :

Les poings serrés et le visage sévère, Firemagma ressassait le passé. Et plus particulièrement sa défaite, surtout face à Airwing. Il se revoyait recevoir les coups sans réussir à réagir, ou immobilisé par ses pouvoirs du vent, qui le neutralisaient totalement.
Il ne l’acceptait pas.
Et c’est Aquice qui subissait.

« Comment j’ai pu me retrouver inférieur à ce nabot, franchement ?! demanda-t-il pour la énième fois. Il ne perd rien pour attendre !
- …
- La prochaine fois, je lui ferai ravaler ses sarcasmes et insultes, tu verras ! »

Les mains dans les poches, le démon aux cheveux bleus laissa s’échapper un profond soupir. Cela faisait déjà trois jours qu’il entendait les plaintes de son compagnon. Il commençait même à connaître chaque réplique par cœur. Il se demanda alors s’il n’aurait pas dû faire en sorte qu’il soit en équipe avec le petit démon. Il restait donc le plus souvent silencieux, espérant que Firemagma finisse par se lasser de son monologue.
Quelques instants plus tard, lorsque ses yeux violets se posèrent sur une petite ville, il y vit de l’espoir.

« Ah, regarde. Tu vas enfin pouvoir te trouver des vêtements de rechange. »

Aquice s’examina en même temps, regardant ses propres habits sales et déchirés, résultat de son combat avec Rockhirth.

« Moi aussi d’ailleurs.
- On va être repérés immédiatement avec nos dégaines, remarqua Firemagma.
- Ce n’est pas bien grave. On sera juste de passage de toute façon. Ce n’est pas l’une des villes que nous ciblons. Pas encore. »

Suivant la route de goudron, ils arrivèrent rapidement à la petite commune. Elle ne devait pas excéder la centaine d’habitations. Aucun immeuble, uniquement des maisons blanches, toutes équipées de toits à panneaux solaires. Une petite douzaine d’éoliennes entouraient la ville.
Les rues étaient composées de dalles de pierres, serrées les unes aux autres pour ne laisser aucune fente. De gros pots de fleurs étaient disposés sur les bords des trottoirs par dizaines.
La petite ville était assez belle, et semblait plutôt calme, c’est pourquoi l’arrivée des deux compagnons ne passa pas inaperçu. Particulièrement Firemagma.
Ils ignorèrent cependant les regards, arpentant les rues à la recherche d’une boutique. Et après trois avenues visitées, ils se demandèrent s’ils en trouveraient une. Et c’est dans la cinquième qu’ils trouvèrent enfin leur bonheur.

« Kazan mode, lut Firemagma sur la pancarte.
- Ça fera l’affaire. »

Entrant dans la boutique qui regorgeait de vêtements, ils furent accueillis par le propriétaire, un homme d’une quarantaine d’années, avec une petite barbe et moustache. Ce dernier les dévisagea quelques instants, alors que le duo ne lui avait toujours pas prêté attention.

« Euh… Bonjour messieurs. J’espère que vous trouverez… Euh quelque chose à votre convenance… Dans mon humble boutique. »

Il allait s’avancer vers eux, quand le regard glacial de Firemagma l’arrêta net, et l’apeura même. Il recula de quelques pas.

« Tu nous ennuies », déclara Aquice, tout en levant sa main.

De l’eau jaillit de chacun de ses doigts, et enveloppa entièrement le commerçant totalement paniqué, l’emprisonnant dans un cercueil aquatique. S’écroulant au sol, il ne pouvait même pas bouger le petit doigt, tandis qu’il manquait déjà d’air.
Firemagma, quant à lui, était déjà dans les rayons alors que son compagnon bloquait la porte avec ses pouvoirs.
Le magasin était assez grand, et proposait beaucoup de choix. Sûrement parce qu’il était le seul en ville à proposer ces articles. Pourtant il était vide, aucun client. Ce qui les arrangeait tout de même.
Le jeune démon se trouva un simple T-shirt noir qu’il rentra dans un pantalon jean bleu. Ce dernier était orné d’une petite chaîne grise qui pendait sur le côté droit. Il prit également une paire de chaussures noires, dont les coutures et bordures étaient rouges claires. Après avoir lassé ses basket, le jeune démon prit soin de mettre sa chaîne autour de son cou sous son T-shirt.
Aquice s’était tourné vers un T-shirt blanc serré. Si bien que lorsqu’il arracha son haut actuel, dévoilant un corps particulièrement bien dessiné, et enfila le nouveau, il se colla à sa peau, faisant ressortir ses pectoraux et abdominaux. Il prit également un pantalon gris pâle qui lui colla au corps. Quant aux chaussures, il en trouva des bleu ciel, rayées de fins traits violets.
Le duo se retrouva au centre du magasin, se regardant mutuellement.
Firemagma afficha un petit rictus en coin.

« Tu t’es pris pour un top modèle ? On ne va pas à un défilé tu sais.
- Oh, ne sois pas jaloux comme ça, Nourrisson, répliqua Aquice, tout en se massant le ventre. Un jour, peut-être, tu auras les mêmes. »

Conservant chacun un petit sourire, ils sortirent de la boutique sans prêter attention au corps du commerçant, toujours dans son linceul aquatique.
Immédiatement, ils passèrent bien plus inaperçu. Même s’ils demeuraient deux étrangers, ils étaient moins voyants.
À l’exception d’Aquice, qui faisait se retourner toutes les jeunes filles qu’ils croisaient. Certaines s’arrêtaient même, mimant de chercher quelque chose aux alentours, juste pour le regarder. Le jeune démon blond leva les yeux au ciel en regardant ailleurs.

« Je me demande si Océanne se retournerait aussi sur lui… » pensa-t-il.

À peine s’était-il posé la question, qu’il rougit subitement en s’en rendant compte.

« Qu’est-ce que j’en ai à faire de toute façon ! » se rajouta-t-il en hâte, comme pour se justifier.

Aquice remarqua assez vite que son compagnon était devenu entièrement rouge. Et décida de s’amuser de la situation.

« N’aies pas honte de marcher à côté de moi comme ça. Il y en a peut-être une ou deux qui s’est retournée sur toi, qui sait.
- Pfff. Si tu crois que j’en ai quelque chose à faire de ces grelu… »

Le jeune démon n’eut pas le temps de finir sa phrase, que quatre colonnes blanches fendirent le ciel, s’écrasant autour d’eux, dans un bruit assourdissant. Une lumière aveuglante s’en échappa, et une paires d’ailes en surgirent de chacune d'elle.

Le duo de démon avait mis leurs bras devant le visage pour se protéger de la lumière. Les êtres ailés autour d’eux étaient à genoux, et se relevaient dans leur colonne. La lumière se heurtait sur leurs ailes, comme une cascade qui rencontrait des roches. Puis tout explosa, obligeant les démons à fermer les yeux.
Lorsqu’ils récupérèrent leur vision, ils purent voir leurs adversaires. Un angeroïde à leur droite, un autre à gauche, et un troisième derrière eux.
Le quatrième ennemi n’était autre qu’une ange. Elle était là, juste devant eux droite et fière. Son apparence interpella Firemagma, tant elle était différente de la précédente qu’il avait rencontré.
Elle était pour commencer bien plus grande. À peu près autant que les deux démons. Ses cheveux étaient d’un vert jade, nattés, qui brillaient sous les rayons du soleil, tombant jusqu’au milieu de son dos. Son regard sévère, contrastant avec son visage fin, était décoré de deux yeux à l’iris doré.
Elle portait une armure qui recouvrait presque tout son corps. D’un métal rose, elle cachait une poitrine généreuse, recouvrant l’arrière de son dos, et descendait jusqu’à son bassin. Seul son ventre n’était pas masqué. Plusieurs motifs apparaissaient sur le buste, dont la signification leur échappait totalement.
Ses épaulettes ressemblaient à deux cristaux rose, et transparent, dont l’extrémité descendait sur le bras. L’armure reprenait sur ses avant-bras, les enveloppant totalement. Ici, les bords étaient en relief. Les mains étaient également recouvertes du même métal, donnant l’impression qu’elle portait des gants.
Ses jambes et pieds suivaient le même modèle que ses bras, alors qu’à sa taille, plusieurs cristaux lui formaient une sorte de jupe.
Sur son bras gauche se trouvait un bouclier, sur lequel ressortait quatre cristaux, identiques que sur les épaules, pour former une croix. Quant à sa main droite elle y tenait un large sabre dont la garde était similaire, avec un cristal qui ressortait sur le haut et s’allongeait tout le long du dessus de la lame, légèrement courbée. Cette dernière d’un acier blanc, avait quelques reflets roses.
Firemagma restait stupéfait de la différence flagrante entre cette ange et Cloudette. C’est Aquice qui répondit à ses questions, bien qu'elles n'aient pas été formulées.

« Une combattante. Je pense que tu ignores tout de la hiérarchie chez les anges ?
- Totalement, répondit honnêtement le jeune démon, presque en riant.
- Au plus bas se trouvent les angeroïdes. Ensuite viennent au même niveau les combattantes, comme elle, de redoutables guerrières, mais sans élément ; et les élémentaires, leurs opposées, car elles sont très vulnérables au corps-à-corps, mais possèdent des pouvoirs très développés. Au-dessus encore se trouve les archanges, alliant les atouts des deux précédentes. Puis enfin les archanges suprêmes. La crème de la crème.
- Je… vois, déglutit Firemagma, imaginant la force des archanges. Chez nous aussi il y a ça ?
- Non. Pas de hiérarchie chez les démons. Nous en sommes déjà une branche.
- SILENCE ! » Hurla soudainement l’ange.

Les deux démons qui ne s’y attendaient pas furent surpris. Stoppant leur conversation.

« Vous vous croyez où ? Dans une classe d’école ? Vous attaquez l’une de mes villes, et vous pensez que je vais vous laisser faire ?
- On a rien attaqué, répondit le jeune démon.
- Et le commerçant ?!
- Dommage collatéral », répliqua sèchement Aquice.

L’ange aux cheveux de jade empoigna plus fermement son sabre, tout en serrant les dents. La rage se lisait sur son visage.

« Monstres… Vous allez payer… »

Tout autour d’eux, les badauds présents au moment de l’arrivée des anges avaient fui. D’autres, cachés derrière leurs fenêtres, filmaient l’événement avec leurs téléphones portables et autre gadgets, n’en croyant pas leurs yeux. Une terrible tension avait envahi la rue. Le temps lui-même semblait avoir été suspendu.
L’ange regarda très rapidement autour d’elle. Il n’y avait plus personne dans un large périmètre, susceptible d’être pris dans le combat. Elle les fixa alors avec plus d’intensité dans le regard, puis pointa subitement son arme vers eux.

« Attaquez ! »

Instantanément les trois angeroïdes, restés immobiles jusqu’alors, se ruèrent sur les deux démons.
Comme s’il y avait un miroir entre eux, chacun donna un coup de coude sur le coté pour repousser les premiers assaillants, puis se retournèrent pour donner un coup de pied au dernier, le mettant à terre.
Firemagma se jeta sur l’angeroïde à sa droite, qui se relevait déjà, et lui asséna un terrible coup de genou qui le renversa en arrière.

« Chacun son tour, saleté ! »

Il se mit à califourchon sur lui, et la seconde suivante son poing se planta sur ce qui devait être le visage de l’ange. Mais alors qu’il allait réitérer son attaque, les jambes vertes zébrées de rouge et noir s’enroulèrent autour du cou du jeune démon, qui se retrouva totalement renversé à son tour. Tout en se relevant d’un bond, il para les deux attaques de son adversaire, et répliqua d’un uppercut qui déstabilisa l’angeroïde. Dégainant sa dague, et avec une incroyable rapidité, il trancha une partie du cou de son adversaire. La tête ne tenait plus qu’à un fil, alors le démon aux yeux rubis tourna sur lui-même et la frappa d’un coup de pied circulaire. Cette dernière se retrouva éjectée, et le corps s’écroula.
Firemagma regarda le semi-ange au sol quelques instants, réalisant ce qu’il venait de faire. Il l’avait vaincu avec une facilité qui le déconcerta lui-même.

« J’ai autant gagné en puissance ? » s’interrogea-t-il.

Lorsqu’il se retourna, il vit qu’Aquice en avait également vaincu un. Visiblement tout aussi facilement que lui. Ce dernier le remarqua également, affichant un sourire.

« Bien Nourrisson, tu as fait de sacrés progrès. Je m’occupe du dernier, va plumer l’autre.
- Ok ! »

Le démon du feu se tourna vers l’ange combattante, dont le visage était toujours aussi crispé sous la colère.

« Me plumer… Si tu penses que cela sera aussi simple, inutile de te faire des illusions. »

Elle n’avait pas besoin de lui dire, il s’en était douté dès son arrivée. Mais il afficha tout de même un sourire.

« Quel est ton nom ? Que je le rajoute à ma liste une fois le combat terminé. »

L’ange se contracta encore plus. Elle mit un pied en arrière, prête à s’élancer.

« Je suis au courant des derniers mots que tu as prononcé à Cloudette, avant de l’achever. Mais tu ne tueras aucune autre de nos sœurs ! Je suis Diamond, l’ange de cristal !
- Très bien. Mais détrompe-toi sur une chose… »

Le regard de Firemagma se mit à briller, alors qu’il prit à son tour un visage des plus sérieux.

« Mon combat ne fait que commencer ! »

Les deux adversaires s’élancèrent l’un sur l’autre, et leurs lames s’entrechoquèrent à plusieurs reprises. Des étincelles jaillissaient de chaque impact. Bien que l’arme du démon soit bien plus petite, le rapport de force était équivalent.
Firemagma enflamma son poing gauche après un nouvel échange, et tenta de frapper l’ange de toutes ses forces. Mais cette dernière interposa son bouclier qui encaissa le choc. Le jeune démon recula aussitôt, secouant sa main, devenu rouge au niveau des phalanges. Le bouclier se trouvait être d’une résistance incroyable.
Diamond profita de la déstabilisation de son adversaire pour se rapprocher rapidement de lui, au moyen d’un battement d’ailes, et enfonça son genou dans son ventre, le pliant en deux. Levant son sabre, elle s’apprêta à l'abattre quand Aquice apparut entre eux, et bloqua l’attaque avec sa propre dague.

« Alors ? Je peux pas te laisser seul deux minutes ? »

L’ange regarda furtivement sur sa droite, constatant que son troisième angeroïde était au sol, décapité. Utilisant de nouveau ses grandes ailes blanches, elle s’éloigna rapidement et les dévisagea.

« Au vu de ce que j’avais observé, les angeroïdes auraient dû leur poser plus de difficultés… Surtout à lui, songea-t-elle en regardant Firemagma. Ils ont dû avoir un grand coup de chance. C’est la seule possibilité. »

Firemagma se redressa en s’appuyant sur l’épaule de son compagnon. Il souriait.

« Ce n’était que l’échauffement. Rien de bien méchant. »

Diamond tilta à cette remarque, affirmant encore plus sa prise sur son arme.

« Ils semblent presque s’amuser… Surtout celui aux cheveux bleus. Est-ce de l’inconscience, ou bien… Cacheraient-ils leurs vrais pouvoirs ? » continua d’analyser l’ange.

Alors qu’elle était plongée dans ses pensées, les deux démons lui refaisaient face. Firemagma fit tourner sa dague dans sa main en la fixant.

« Alors ? Tu fais moins la fière parce qu’on est deux ? Vous êtes pourtant venus à quatre !
- Pff. Des paroles, rien de plus. »

Se mettant une nouvelle fois en garde, elle contracta tout son corps, alors que ses yeux dorés s'étaient mit à briller.

« Il faut que j’en ai le cœur net ! pensa-t-elle. Je vais y aller à fond dès maintenant ! »

Le métal rose dans son dos poussa soudainement, recouvrant le dessus de ses ailes, puis celui de son arme enveloppa la lame, lui donnant l’impression qu’elle était plus tranchante que jamais, déstabilisant le duo adverse.
Elle s’élança aussitôt vers eux. Sa vitesse semblait s’être décuplée. Elle frappa Aquice au visage avec le manche de son arme, alors qu’elle donna un coup de tête à Firemagma. Sans le lâcher, elle l’attrapa par le col de son T-shirt pour le ramener vers elle, et sauta en arrière pour lui asséner deux coups de pieds au menton, le faisant décoller du sol. Sans qu’il ne redescende, elle le frappa au ventre avec son bouclier. Une onde de choc en ressortit, l’éjectant dans la maison derrière lui. Toutes les vitres de cette dernière explosèrent sous l’impact.
Aquice arriva derrière, ayant perdu son sourire, et une marque rouge sur le visage. Tentant de lui donner un coup d’épaule, elle esquiva sans le moindre problème. Tout en se retournant, elle abattit sa lame vers lui, qui esquiva à son tour. Sous l’arme, le sol se fendit instantanément, provoquant la surprise du démon aux cheveux bleus.
Ce dernier fronça les sourcils, alors que ses yeux violets brillèrent à son tour.

« Très bien », déclara-t-il simplement.

De l’eau jaillit de tout son corps pour aller au sol. De petites tornades liquides se formèrent alors, entourant Aquice. Elles se mirent à tournoyer autour de lui tout en se rapprochant de Diamond. Cette dernière resta de marbre.

« Tu crois pouvoir m’atteindre, à présent ? » ricana Aquice.

Son adversaire se précipita instantanément entre elles. Sa vitesse diminua instantanément, cassant totalement le rythme de l'ange ; en effet les minis siphons bougeaient très aléatoirement, l’obligeant à sauter dans tous les sens pour esquiver. En face d’elle, elle put voir Aquice qui se déplaçait avec une aisance extraordinaire, sans éprouver la moindre difficulté. Arrivé à son niveau, il lui envoya une puissante droite avant que ses pouvoirs ne s’interposent, ne donnant aucune chance de riposte à Diamond. Il continua ainsi l’espace de deux ou trois minutes, la poussant à sa limite.

« Assez ! » hurla-t-elle, folle de rage.

Elle fendit l’air horizontalement avec son sabre, tranchant tous les siphons, les stoppant nets. Elle bondit aussitôt vers Aquice, prêt à frapper. Mais le démon rassembla ses pouvoirs autour de lui, créant un épais dôme d’eau.
La lame rose entama le bouclier aquatique, mais ralentit très vite, jusqu’à s’immobiliser sans qu’elle n’atteigne sa cible.

« C’est impensable ! »

Aquice se contenta de lui sourire en croisant les bras sur son torse.
Diamond tenta quant à elle de s’éloigner, mais son arme était totalement figée. La peur se lut à présent sur son visage.

« À toi », se contenta de dire Aquice.

Firemagma arriva au même moment, frappant l’ange avec une telle puissance qu’elle en lâcha son arme. Le démon avait du sang qui coulait du coin de sa bouche, alors que ses yeux brillaient de fureur.

« Désolé, j’ai mis quelques minutes à me relever. »

Il se relança aussitôt sur son ennemie, encore sonnée, lui assénant plusieurs coups au visage, avant qu’elle ne s’éloigne.
Firemagma lança dans la seconde quelques boules de feu en l’air. Ces dernières se stoppèrent au-dessus de Diamond, et retombèrent les unes après les autres comme une pluie de météorite. Cette dernière les esquiva toutes, mais ne vit par conséquent pas son adversaire arriver derrière elle. Il joignit les mains, paumes vers le dos de l’ange, et poussa un cri alors qu’elle se retrouva enveloppée par des flammes ardentes.
Le corps de l’ange roula au sol jusqu’à son arme. Et aux pieds d’Aquice. Elle y avait perdu quelques plumes.
Ouvrant les yeux, elle attrapa rapidement son sabre, qu’elle planta dans le sol. D’immenses cristaux roses en jaillirent tout autour d’elle, obligeant les deux démons à sauter rapidement. Chaque cristal semblait aussi aiguisé que son sabre. Ils ne pouvaient désormais plus l’approcher. En effet, elle s’était entourée d’une barrière d’apparence infranchissable. Ils ne faisaient plus que reculer. Cependant, ils remarquèrent que l’attaque ne toucha aucune maison, se concentrant uniquement dans la rue.

« La garce », ragea Aquice entre ses dents.

Tout en esquivant, arme à la main, Firemagma eut une idée qui lui décrocha un sourire mauvais.

« Et si on trinquait à notre future victoire ? »

Aquice le regarda quelques instants, avant de partager son sourire. Il dégaina sa propre dague.

« Dans ce cas…
- … À la tienne ! »

Les deux démons jetèrent en même temps leur dague, droit vers Diamond. Juste avant de l’atteindre, les deux lames s’entrechoquèrent et une terrible explosion se créa. Tous les cristaux cédèrent sous la déflagration, et les quelques maisons autour se retrouvèrent rasées.
Une épaisse fumée avait envahi la zone de combat. Mais le duo s’orienta sans problème vers leurs armes, qu’ils retrouvèrent à côté de Diamond.
Cette dernière était dans un terrible état, mais vivait encore. Son corps entier était recouvert de brûlures et de plaies, quant à son armure, elle était presque entièrement détruite.
Elle ouvrit faiblement les yeux, les regardant à tour de rôle. Ils rengainèrent leur dague en même temps.

« Je n’avais jamais vu ça… songea-t-elle. Des démons qui s’entendent et coopèrent… Mes sœurs… J’espère que vous avez vu la même chose que moi… »

Elle tenta de pousser ses pensées, mais la douleur l’empêchait de réfléchir correctement. De plus, et elle en était consciente, cela ne lui servait désormais plus à rien.
Doucement elle ferma ses yeux dorés. Pour ne plus jamais les ouvrir.

***
**
*


La ville qui avait été témoin de la bataille s’éloignait progressivement dans leur dos. Les deux démons avaient repris la route, alors que le soleil se couchait. Bien qu’Aquice semblait en pleine forme, Firemagma lui boitait très légèrement. Il s’essuya le sang qu’il avait à la bouche en pestant légèrement. Aquice, lui, le regarda avec un petit sourire.

« Tu as fait de bons progrès. Félicitations.
- Merci. Mais je ne compte pas m’arrêter là.
- J’espère bien. »

Le démon aux cheveux bleus regarda à nouveau devant lui.

« Le combat qu’on a organisé a bien fait les choses, j’ai l’impression que l’on va être une bonne équipe.
- … Ouais, on dirait.
- Cache ta joie surtout. »

Firemagma fixa quelques instants ses pieds, avant de regarder à son tour droit devant lui, le visage sévère.

« Ça fait très longtemps… Que je n’ai pas fait confiance à quelqu’un, et jusque là je me débrouillais toujours seul.
- Et ?
- Et au début je te détestais. Tu me sortais par les yeux. Maintenant… Je pense que je te considère comme un ami. »

Aquice sourit, et lui fit une tape sur l’épaule.

« Ça reviens à ce que je disais. Le hasard a bien fait les choses. De plus, Rockhirth est le seul à pouvoir maîtriser Airwing pendant ses crises.
- Comment ça ?
- Disons.... Que l'une des personnalité d'Airwing est bien spéciale. Qu’il ne vaut mieux pas voir. »

Le duo continua sa marche, silencieusement, jusqu’à trouver un coin pour dormir. Firemagma avait maintenant pris l’habitude de créer des petits feux de camps pour la nuit.
L’obscurité était bien installée, et l’heure tardive. Mais aucun des deux ne dormaient. Firemagma continuait de réfléchir à sa nouvelle vie. Plus rien ne sera jamais plus pareil. Il le savait. Mais cela ne lui déplaisait pas.
Puis une question lui vint subitement en tête.

« C’était quoi ton nom, avant ?
- Comment ça ?
- Bah, tu ne t’es pas toujours appelé Aquice. Tu avais bien un autre nom, un nom humain, comme moi.
- Quelle importance ?
- Aucune. Simple curiosité. »

Le silence s’installa à nouveau. Le démon aux yeux rubis les ferma, prêt à attendre le sommeil. Son compagnon en fit autant, mais s’accorda un dernier mot pour la journée.

« Syd. »

***
**
*


La ville était en ruine. Des bouts d’immeubles tombaient encore un peu partout, soulevant plus de poussière qu'il y en avait déjà. Une terrible bataille avait eu lieu, et venait de s’achever.
Au milieu de cette catastrophe, qui n’avait pas connu de survivant, se trouvait encore deux hommes. Deux démons.
Airwing était assis, adossé contre un mur. Les yeux fermés, du sang coulait de sa tête, gouttant jusqu'à son menton, alors que son corps était recouvert de terre et de sable. Il semblait inconscient.
Rockhirth, juste à côté de lui, debout et droit de toute sa hauteur, présentait bien plus de marque de lutte que son compagnon, qu’il observait. Le petit démon ouvrit doucement ses yeux jaunes félins. Il releva la tête et se l’attrapa vivement alors qu’une terrible douleur l’envahit. Puis il regarda devant lui, où se trouvait un corps. Ce dernier était méconnaissable, informe. Le cadavre d’un ange baignant dans une marre de sang et de chair, uniquement identifiable à ses grandes ailes, devenues totalement rouges, imbibées par le liquide vital.
La vision d’horreur ne le choqua pas plus que ça, mais lorsqu’il regarda Rockhirth, on aurait presque pu penser qu’il avait pris un regard triste.

« Il est revenu, c’est ça ? »

Le géant ne répondit pas, comme à l’accoutumé, et Airwing n’attendait pas à entendre des mots sortir de sa bouche. Il se leva tout en enlevant toute la terre sur lui et dans ses cheveux, et s’éloigna en s’aidant d’un mur proche de lui pour s’appuyer.

« Désolé mon grand » se contenta-t-il de dire.

Rockhirth resta planté au même endroit. Il regarda tout autour de lui, ce décor cataclysmique qui l’entourait. Le colosse n’avait pas d’âme, et ne ressentait aucune émotion. Mais s’il en avait été autrement, c’est sûrement la peur qui le dominerait en ce moment.
Après tout, il n’avait à aucun moment affronté l’ange, et la seule chose qu’il avait faite, était de stopper Airwing. Ce dernier avait fait tout le reste.


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