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Napoléon 4G
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Date d'inscription : 17/01/2015
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MessageSujet: .:/=Course du Temps=:.   Sam 23 Avr - 18:48

Chapitre 1 : Vie de mère

PARTIE 1


Assise sur sa chaise, cela faisait trois heures qu'elle ne cessait de taper sur sa machine à écrire. Cloîtrée dans son bureau, elle ne profitait ni du soleil d'été, ni des magnifiques falaises qui surplombaient une mer bleue turquoise, pure et transparente. Rozia était bien trop occupée à rédiger avec soin le projet de loi qu'elle devait porter au Parlement, et il ne lui vint pas à l'esprit de se distraire même une seconde. Mais en apercevant son reflet dans une vitre alors qu'elle relevai un instant sa tête, elle regarda ses yeux fatigués, et rouges, sous lesquels les cernes s'étaient creusées davantage. Elle se disait donc qu'il serait plus sage de souffler, et de prendre un peu de repos. Avant d'écrire la dernière phrase, elle but une gorgée de thé vert. Puis, elle reprit promptement sa tâche et entra le point final du texte, long d'au moins une centaine de pages qu'elle avait, après de longues heures de travail quasi-ininterrompu, fini de rédiger. Partagée entre soulagement, satisfaction, et épuisement, elle rajouta la dernière page dans le dossier, qu'elle emporta avec elle, et sortit. En quittant la pièce, elle parcourut brièvement des yeux un portrait du premier président de la République Nexienne Populaire et Démocratique qui était accessoirement son père, Mohammed Slimani, qui trônait là, accroché au mur à gauche de la porte.

La haute fonctionnaire était vêtue d'un tailleur noir et d'un pantalon court qui mettaient en valeur ses hanches rondes et ses épaules étroites ainsi d'une paire de ballerines qui dévoilaient des pieds petits et fins. Elle traversa un long couloir avant de se retrouver à l'accueil du ministère. Une grande femme svelte, aux longs cheveux noirs bouclés siégeait à la réception et s'appliquait oisivement du vernis sur les ongles. Elle leva les yeux et aperçut Rozia : « Bonne journée m'dame la ministre ! » s'exclama-t-elle d'un air nonchalant. Elle lui rendit son salut, et ajouta:
- J'ai quelque chose pour vous Fatima. Et si, au lieu de vous improviser « artiste-peintre sur ongles », je vous chargeais de relier ce document ? Il me le faudrait dans dix minutes, je vous en remercie d'avance !
- Avec plaisir m'dame...

Rozia sortit du ministère par une grande porte dorée en fonte, ornée de ferrures splendides, au dessus de laquelle flottait le drapeau nexien. Elle se dirigea vers un bâtiment voisin ; celui-ci était bien plus grand, et son architecture mélangeait des styles orientaux et modernes. Elle se présenta devant une autre grande porte parée de dorures, assez similaire à la précédente. Elle appuya quelques secondes sur une sonnette à droite de la porte. Le son retentit derrière les murs. « Veuillez décliner votre identité s'il-vous-plaît. » déclara une voix masculine. « Rozia Hukun ! » répondit avec assurance la ministre.

La lourde porte s'ouvrit et laissa apparaître un vieil homme, de taille moyenne, à la moustache grise et en uniforme qui semblait être le majordome. « Ah ! Je vous salue Madame Hukun ! Que puis-je pour vous ? » dit-il joyeusement. "Bonjour Monsieur Khadyani ! Pouvez-vous s'il-vous-plaît avertir Monsieur le Président de ma venue, j'éprouve le besoin de m'entretenir avec lui.", répondit cordialement celle que l'on surnommait "Narval" à cause de son long nez pointu.
L'employé la fit entrer ; la porte donnait directement sur une grande salle très lumineuse, des voûtes orientales laissaient entrer le soleil, dont la lumière se reflétait sur les murs et le sol en marbre sculpté. Des mosaïques multicolores tapissaient les murs, Rozia s'en émerveilla, comme si ce fut la première fois qu'elle y venait. Elle traversa un long couloir décoré d'arabesques. Elle arriva alors devant un ascenseur ; les portes métalliques s'ouvrirent, elle sélectionna le bouton pour se rendre au troisième étage. Pendant que la machine montait, elle scruta sa silhouette dans le miroir et se dit d'un air désespéré, les yeux fixés sur ses hanches et ses rondeurs :
« Décidément, je ne perdrai jamais de poids... C'est à croire que je suis faite pour que les hommes se retournent... »
Elle traversa encore un dernier couloir et, enfin devant la porte bureau du chef d'État, elle toqua deux fois avant d'entrer. Elle ouvrit, et retrouva son mari assis tête baissée, l'air inquiet ce qui était rare chez-lui :

"Mon Dieu, je vois que ça s'acharne à la tâche ! Excuse-moi de te déranger Yahya !", dit-t-elle avec une pointe d'ironie.
"Hein…" Le grand homme en uniforme, à la barbe courte, au nez crochu, au visage allongé et à la peau noire ébène leva la tête, et aperçut de ses grands yeux sombres dominés par de volumineux sourcils la petite dame qui semblait presque naine à côté de lui:
"Ah salut bibiche, ça va ?" demanda-t-il d’une nonchalance et d’un language famillier surprenant pour quelqu’un de son rang :
- Ça pourrait aller mieux mais j'ai enfin fini ce fichu projet de loi, je n'ai plus qu'à aller au Parlement d'ici dix minutes le temps qu'on relie le texte. Et toi, que se passe-il de ton côté ? demanda Rozia.
- Je t'avoue qu'on est un peu dans la merde là… dit-il d'un air dépité.
- Et pourquoi donc ? répondit Rozia. Laisse-moi deviner… Tu as encore des déboires diplomatiques avec les toubabs ?
- Si ce n'était que ça… Ce matin des individus en 4x4 ont étés abattus près de la base militaire de l'Oued Abacha aux Côtes du Twahr, en zone interdite et ils s'y étaient introduits de force puisque la zone est censée être bouclée par des barbelés…
- Je ne vois absolument pas où tu veux en venir ! coupa Rozia, Sûrement une bande d'abrutis qui n'ont rien compris au Coran, c'est pas les premiers…
- C'est justement ce que je pensais avant de lire la suite, laisse moi finir ! Yahya repris : Naturellement, une fois que les soldats ont décrétés que le véhicule ne représentait aucune menace et que les occupants ont étés tués, ils sont allés jeter un coup d'œil dans la bagnole. Et bien devine quoi ! Ils ont constatés qu'il s'agissait de blancs en bermuda avec pas mal de bouteilles de bière vides sur la banquette arrière. On a trouvé le passeport d'un des junkies et là, c'est le drame. Ils étaient de Bourgvaine… Je viens d'apprendre que tout les chefs d'État occidentaux m'accusent de les avoir massacrés, je sais de quoi sont capables ces gens-là et je peux te dire qu'on a intérêt à s'accrocher si ont veut pas finir en taule !

Rozia se mit alors à afficher la même expression désespérée que celle de son mari mais tenta tout de même de dédramatiser la situation :
- Je suis sure qu'ils n'iront pas jusqu'à nous bombarder ! On a le bloc communiste avec nous ils n'ont pas intérêt !
- Je sais mais ils peuvent toujours aller foutre la merde indirectement, je parie un mouton qu’ils forment des rebelles chez-nous ! Si on fait pas attention, on sera renverseés et livrés toi et moi ! ensuite je me demande bien ce qu'ils feront de nous… N'oublie pas qu'ils ont déjà fait le coup chez les voisins !
- Impossible ! répliqua Rozia. Je ne t'ai jamais vu inquiet ou stressé de ma vie mais pour une fois, c'est toi et pas moi qui se fais du mauvais sang pour rien, s’ils le font, ils savent très bien que ça se retournera contre eux. Bon sur ce, mon chauffeur m'attend, je dois vite aller à l'Assemblée, si tu veux on en reparle ce soir. À toute à l'heure !
- Ok, alors à toute bibiche ! répondit le chef d'État.

La petite brune embrassa Yahya et sortit rapidement du bureau. Cette fois ci, elle ne prit pas l'ascenseur et descendit à tout allure les escaliers. Elle sortit par la porte d'où elle était rentrée, salua expéditivement Mr Khadyani avant de courir du mieux qu'elle pouvait, c'est-à-dire pas très vite, et de monter d'une voiture noire de haute gamme qui l'attendait près de son ministère. C’est alors que Fatima pressée, accourra vers sa supérieure hiérarchique avec le document qu’on lui avait confié :
- Le v’là M’damme Hukun ! dit-elle essoufflée, tout est relié, c’est du beau, c’est du propre !
- Peut-être mais c’est aussi du lent ! M’enfin je suis aussi presque en retard je ne vais pas vous jeter la pierre ! répondit Rozia sur un ton léger et souriant.

La ministre prit en main le projet de loi, le rangea méticuleusement dans son sac et salua sa secrétaire. La femme politique salua le chauffeur et lorsque celui-ci démarra le véhicule, elle ouvrit la fenêtre et lança rapidement à Fatima qui partait vers son bureau :
- Fatima ! Une dernière chose, n’oubliez pas de remplir la gamelle pour les chats errants dans la terrasse !
- Vous inquiétez pas m’dame ! M’en occuperai ! répondit la jeune secrétaire dont la nonchalance faisait le charme.
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